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Dead Set

Télé-réalité + zombies. Recette gagnante.

Le Big Brother anglais : un monument de mauvais-goût et de voyeurisme. Le concept est connu : une dizaine de candidats volontairement enfermés dans un loft, des caméras dans chaque pièce, des millions de téléspectateurs hébétés. Jusqu'ici on avance en terrain connu. La présentatrice du show joue son propre rôle. Le décor utilisé est celui de la version télévisée. L'immersion est donc parfaite, le réalisme saisissant. Le premier épisode peut d'ailleurs sembler un peu longuet : il prend le temps de mettre en place ce théâtre télévisuel. Fort heureusement, par la suite, les zombies débarquent, et les évènements s'enchainent très rapidement. Tellement qu'on finit par en vouloir aux producteurs de n'avoir prévu que 5 épisodes.

Si le concept est original, le scénario, lui, suit un cours simple et plutôt basique : ne cherchez pas à voir autre chose que des humains luttant pour leur survie. On apprécie le fait que l'association quasi-obligatoire film de zombies/critique de la société n’empiète pas plus que de raison sur l'intrigue. Malgré un fond satirique dénonçant l'aspect immoral et complètement détaché du monde réel d'un programme comme Big Brother, on est bien du début à la fin dans la survie pure et dure. Ou plutôt dans la non-survie, le nombre de morts augmentant exponentiellement épisode après épisode.

Les morts-vivants ont d'ailleurs ici une particularité qui les rend particulièrement dangereux : ces enfoirés sont capables de courir. Fuir devient donc plus ou moins inutile. Les différentes scènes de massacre font dans le gore : les protagonistes sont démembrés, éviscérés, dévorés en gros-plan. Cette violence visuelle sert le show : elle supprime d'emblée le côté bon-enfant d'autres œuvres du même genre, et la niaiserie inhérente au contexte initial (la télé-réalité).

Le personnage principal est lui aussi bien ancré dans la réalité de l'environnement auquel il est confronté. Il s'agit de Kelly, assistante de production. Exclusivement concernée par sa survie et celle de son compagnon disparu, et n'hésitant pas à prendre les choses en main quand le besoin s'en fait ressentir, elle semble être la seule dotée de bon sens dans cette profusion de bêtise humaine. En effet, grâce à son décor de télé-réalité, la série dispose dès le départ de personnages bien stéréotypés : la bimbo écervelée, le producteur véreux, l'homosexuel maniéré. Ces éléments caricaturaux dénotent avec le ton sérieux et horrifique distillé au fil des épisodes. On nage en plein surréalisme quand les participants de l'émission apprennent la nouvelle d'une invasion de morts-vivants, et se demandent si cela signifie que plus personne ne les regarde à la télévision.

La réalisation anglaise est un gage de qualité évident : on évite ainsi certains codes désagréables inhérents à la télévision américaine (séquences-émotion ; discours mielleux sur la famille, la solidarité, ou pire, le patriotisme ; happy-end obligatoire ; etc). La VF est comme souvent à éviter : le doublage est grossièrement réalisé, la peine de calquer au possible les paroles aux mouvements des lèvres n'est même pas prise.

5 épisodes, pour un total de 2h50 d'horreur : Dead Set peut s'enchainer d'une traite et être vu comme un véritable film. Il est à déconseiller aux âmes sensibles, c'est certain, mais il serait dommage de s'en priver pour les autres : on est pas dans le domaine du chef d’œuvre, mais bien dans celui de la petite série sans véritables prétentions, mais très agréable à regarder.

De nombreuses rumeurs à propos d'une hypothétique saison 2, voir d'un film, ont circulé. Jamais rien de concret malheureusement. Messieurs les producteurs, si vous nous lisez ...

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