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Ces mères qui bouffent leur placenta

Au départ, ça ressemble à une rumeur un peu douteuse, une blague de mauvais goût, une légende urbaine un peu naze : aux Etats-Unis, une mode serait née, celle de récupérer le placenta rejeté après l'accouchement, afin de le manger. Et puis, les rumeurs se confirment. January Jones, actrice de la série télévisée Mad Men, avoue s'être adonnée à cette pratique. En France, L'Express, Le Figaro, et même La Poste y consacrent des articles. Des scientifiques s'expriment sur le sujet, des médecins, des nutritionnistes sont interrogés sur les vertus de cette étrange pratique. Fuck ces gens. Le seul avis qui compte, c'est celui de Captcha Magazine.

Un bon placenta croquant-gourmand

Commençons par une précision. Que vous compreniez bien, concrètement, comment s'ingère un placenta. Aucune recette particulière n'est préconisée par la science, même si certains s'amusent à imaginer des plats de "Spaghetti-bolognaise-placenta», ou encore des "cocktails de placenta" (et même le New York Times s'y met !). Plus sérieusement, trois méthodes existent : la première, la plus conventionnelle dirons-nous, est pratiquée par les laboratoires et consiste à déshydrater, puis réduire en poudre l'organe, afin de pouvoir l'ingérer sous forme de gélules. Deuxième méthode, un peu crade : mixer le placenta (soit entier, soit juste un morceau) afin de le diluer, au choix, dans de l'eau aromatisée, du lait, un smoothie, une soupe ... les possibilités sont aussi nombreuses que ragoutantes. Dernière possibilité, la plus "Silence des agneaux" : déguster directement l'organe placentaire comme n'importe quel morceau de viande : cuit à la poêle, salé, poivré. Après tout, on mange bien du cœur, du foie, même des couilles de taureau. Une lectrice du New York Times témoigne : «Ça a le goût de la viande séchée. De la viande séchée de gibier, un peu fade ». Une infirmière raconte même l'avoir mangé cru, «en coupant des petits morceaux que je plaçais directement au fond de la gorge et que j'avalais rond, sans ressentir le goût.»

Et bon appétit bien sûr !

Si de nombreuses espèces animales (uniquement mammifères) pratiquent la placentophagie, c'est parce que cela leur apporte du fer, des protéines, et des hormones, favorisant la lactation et permettant de récupérer de l'effort de l'accouchement. C'est aussi un moyen d'éliminer un élément (le placenta) pouvant attirer des prédateurs et/ou des microbes. C'est d'ailleurs une pratique beaucoup plus courante à l'état sauvage qu'en captivité.

Or, l'être humain, de part son alimentation riche (en plus du suivi médical et des soins), n'a aucun besoin nutritif de récupérer un morceau de viande névrosé expulsé par son propre utérus pour le manger.  Hormis le fait de passer pour des grosses dégueulasses, qu'apporte donc à ces mères le fait de croquer dans cet organe saturé de sang ?

Là-dessus, les psychologues se battent, et nous avancent des explications aussi tordues que le sujet de cet article : acte qui permet de faire le deuil de la grossesse, réappropriation suite à la dépossession du corps subie lors de l'accouchement, ou encore prolongation du lien avec le bébé. Notez d'ailleurs que le placenta est un organe appartenant au fœtus, et pas à la mère.

Nan mais sérieux, tu te vois taper un croc là-dedans ?

Certains sociétés ancestrales ont bien sûr pratiqué la placentophagie. Certaines tribus auraient continué à le faire jusqu'au début du XXème siècle, et continuent peut-être de le faire, malgré l'absence d'observations récentes sur le sujet. Le placenta a d'ailleurs été (et est toujours) utilisé en médecine et en pharmacologie. On note également que l'ingestion de placenta, sous différentes formes, a beaucoup servi dans des rituels magiques, pour concocter des potions, des filtres, le plus souvent dans des protocoles liés à l'amour ou la fécondité.

Le fait de récupérer son placenta après l'accouchement est interdit en France, et dans la plupart des pays européens. C'est légal aux États-Unis. Et en 2012, à l'heure où le bon sens semble avoir définitivement quitté cette planète, la dégustation de placenta y devient une mode. Loin de nous l'idée de trouver à ces femmes un alibi de type deuil post-partum sponsorisé par des psychologues déconnectés de la réalité. On est dans le domaine du cannibalisme, putain ! Ces mères sont juste complètement tarées. Enfermez-les avant qu'elles ne bouffent leurs propres enfants.

 

3 thoughts on “Ces mères qui bouffent leur placenta

  1. plus dégueulasse tu meurs ¡ je comprends pas trop le délire mais la prochaine fois que j accouche je mets mon placenta en vente sur ebay.

  2. Pas mal du tout comme article et apportant maintes informations indispensables quant à cette pratique bizarre et ma foi, peu ragoûtante.
    Merci de n'avoir pas vanté les vertus de cet organe, ni sa consommation. J'avoue que encore un peu et j'allais vomir mon repas du soir...
    C'est dégueu rien qu'à l'aspect et sachant d'où il provient, mais comment peut-on le bouffer... (Houu je me sens mal...)...

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