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Black Mirror

Entre deux pornos ouzbeks, rien de tel qu’une petite série. Vous avez suivi nos conseils et avez donc déjà vu Dead Set (parce que les Zombies, y'a rien de mieux ). Black Mirror va vous intéresser.

J’affectionne particulièrement les productions Anglaises, que ce soit en matière de séries ou de films. Ils ont souvent une approche intéressante : satirique, tout en se démarquant des daubes hollywoodiennes pseudo-moralisatrices. Ce que nous, français, arrivons malheureusement rarement à faire, surtout en matière de séries.

Black Mirror est un ovni. D’une part, et un peu comme Dead Set, le format est assez particulier : une seule saison, trois épisodes de 40 minutes. D’ailleurs à propos de Dead Set, c’est Charlie Brooker qui est à l’origine de ces deux séries. Il coécrit deux épisodes de Black Mirror, avec un mec qui a aussi bossé sur Doctor Who et Torchwood : Euros Lyn.

Dans Black Mirror les épisodes n’ont quasiment aucun rapport entre eux : ils ont chacun un scénario propre et des personnages différents. Le seul point commun, finalement, c’est le sujet de la série : notre rapport a la technologie, aux écrans sous leurs formes les plus diverses. De quoi faire sacrement gamberger …

Le premier épisode démarre sur le kidnapping d’une fille de la famille royale. Ça se passe dans l’Angleterre contemporaine, pour vous donner une idée du merdier que ça peut déclencher. Le problème c’est que la rançon demandée est assez particulière : sans spoiler, le premier ministre doit faire un truc bien dégeulasse en prime time a la télé pour que la gamine soit relâchée. D’ailleurs, quand vous allez voir ce qu’il lui demande, vous allez comprendre que cette chronique ne pouvait être écrite autre part que sur ce site (ndlr : et par cet auteur !) tellement c’est mongol. L’épisode se focalise donc sur la gestion de cette crise, le premier ministre étant le personnage principal. On le voit essayer de se sortir de cette sombre affaire, dans son entourage professionnel, familial mais aussi vis-à-vis de l’opinion publique. Le gouvernement essayant tant bien que mal de dissimuler l’affaire va vite se faire rattraper par les Internets. L’opinion publique joue un personnage a part entière : on a souvent des focus sur des gens au hasard pour voir leurs réactions à chaud, ce qui rend le truc assez immersif. On se prend très vite a imaginer quel jugement on aurait si une affaire comme celle-ci venait à se dérouler. Et croyez moi, ce serait foutrement drôle. Les acteurs sont inconnus du public non-habitué aux séries anglaises, mais leur performance à l’écran est excellente. Les personnages secondaires s’avèrent plutôt intéressants, le rythme est bien maitrisé et le final, même si on s’y attend un peu, est très bien amené.

Le deuxième épisode change de ton : on est immergé dans les coulisses d’une émission de télé réalité de type « Mon Incroyable Talent », dans un futur plus ou moins proche. Les jeunes candidats sont enfermés dans un centre, véritable goulag moderne ultra-technologique, où leur seul but est de gagner des points pour pouvoir avoir une chance de passer en prime time. Le personnage principal, incarné par Daniel Kaluuya (une apparition dans Skins, excellent dans ce rôle), est un jeune un peu paumé au milieu de cette usine à starlettes en carton. On retrouve quelques influences dans l’environnement ( Brasil, Equilibrium ) et même si cet épisode semble à priori plus léger que le premier, la critique soulevée en fond n’en est pas moins passionnante. Un épisode au rythme plus lent, intéressant malgré l’aspect un peu niais et sentimental, qui termine en beauté avec une excellente scène de pétage de plomb et un final vraiment bien ficelé.

Le troisième et dernier épisode de Black Mirror est pour moi le plus réussi de la série. On y retrouve un acteur que j’apprécie particulièrement : Toby Kebbell. C’est le gros camé dans RocknRolla de Guy Ritchie, et il également joué dans un PUTAIN DE FILM oublié : The Veteran. Allez voir ce truc. Et je ne sais pas pourquoi mais il me fait penser à Tahar Rahim le mec d’Un Prophète. Ca, c’était pour la minute personal branling. (ndlr : si on a accepté que ce mec écrive sur notre site, c’est uniquement pour remplir les quotas cotorep)
On retrouve donc notre bon vieux Toby en jeune cadre dynamique, dans un futur ou les gens ont tous des éléments nanotechnologiques implantés dans le cerveau. Une petite puce qui change la vie des gens : grâce à cette technologie, les gens peuvent à n’importe quel moment se repasser un moment de leur vie passée. L’exemple au début de l’épisode : un entretien d’embauche. Liam Foxwel, le personnage incarné par Kebell, se repasse son entretien, et peut zoomer sur les seins de la secrétaire, mettre pause n’importe quand comme devant un bon dvd. Bonus : il peut même montrer a tous ses potes les gros seins de la secrétaire sur n’importe quel écran de télé : et ça c’est quand même sacrement cool (Tim Cook si tu nous lis ). (ndlr : on va vraiment publier ça ?)
On s’aperçoit vite que cette putain de technologie change drastiquement le quotidien de tout un chacun. Évidemment, au début, ça a un aspect fun, comme montrer ses vidéos de vacances à ses potes. Fini les gros blackouts de lendemain de cuite quand tu te réveilles à coté d’une meuf dont tu ne te rappelles pas le prénom.
Mais ce qui est montré ici, c’est le côté relou : la vie de famille. « T’as fais quoi hier chéri ? » Tu participais à une grosse orgie, alors que tu devais garder tes gosses ? Balance ta soirée à la télé qu’on voit ça, père de famille indigne. Bien sûr, ils peuvent effacer des moments de leur mémoire, qui n’est plus qu’un simple disque dur connecté a leurs cerveaux. Mais ça inclue de perdre des souvenirs à tout jamais…
Sans m’étendre trop, ce truc est un véritable petit bijou sans être une claque scénaristique. On sent la pression montée tranquillement on n’a pas de grosses surprises. La où est l’intérêt c’est qu’à la vision de ce truc, on se met a méchamment cogiter sur nos usages si un truc comme ça venait à exister un jour. Repenser que le recherche perpétuelle de progrès pourra peut être un jour nous foutre dans la merde. Et parole de geek, la nanotechnologie est bien moins loin de nous que vous ne l’imaginez.

Au final, une petite série vraiment bien ficelée, super original, au thème hyper actuel, très intelligent, sans démago : ovni à voir absolument !

6 thoughts on “Black Mirror

  1. Premier épisode génial, second tellement bateau et prévisible, que du coup j'ai toujours pas eu envie de voir le 3ème qui végète dans les méandres de mon disque dur, attendant patiemment un jour de grand ennui ou les internet n'auront rien à m'offrir pour me distraire.

    Mais le premier épisode est génial, vraiment. Une perle. Et on n'est vraiment pas loin de vivre une situation pareille.

  2. Tu m'as donné envie de découvrir cette série, l'univers m'a l'air assez barré pour que j'accroche. J'espère que j'en sortirai indemne quand même…

  3. Bon article poto. Pareil que M_LaMaudite, tu m'as vraiment donné envie de téma la série.
    Vivement tes prochains articles.

    1. ouai merci c'est gentil ! mais va voir la série sérieux, j'ai pas trop dévoilé mais il se passe des trucs c'est du grand n'importe quoi ! si je retrouve un lien pour la télécharger je mettrais sur Twitter.

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