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Chronique : Le Parrain (roman)

Le Parrain. Difficile de ne pas penser à Marlon Brando et ses joues gonflées, à Al Pacino et son "Just when I thought I was, they pull me back in". Mais avant cela, Le Parrain était un roman, écrit par Mario Puzo, et publié en 1969, trois ans avant le film.

Il est très difficile de juger le livre sans faire de comparaison avec son adaptation cinématographique. Pour quelqu'un qui a déjà vu le film, la lecture est forcément tronquée : impossible d'imaginer Vito Corleone autrement que sous les traits de Marlon Brando, impossible de visualiser la scène où Woltz se réveille avec une tête de cheval dans son lit autrement que de la manière dont on l'a vu à l'écran.

La lecture de cette œuvre sera donc différente pour qui n'a pas vu le film (mais reste-t-il encore des gens qui ne l'ont pas vu ?). A titre d'exemple, j'ai lu Le Seigneur des Anneaux avant de voir l'adaptation de Peter Jackson, et j'avais imaginé un univers tout à fait différent. C'est d'ailleurs tout l’intérêt d'un roman, par rapport à un film : l'imagination du lecteur occupe une part très importante dans la structure visuelle du récit. Pouvoir imaginatif bridé donc dans le cas du Parrain.

Intérêt limité également, puisque, connaissant à l'avance toute l'histoire, aucun élément ne vient nous surprendre. Le bouquin est donc à considérer comme une sorte de bonus DVD, contenant quelques scènes supplémentaires, et nous permettant d'en apprendre un peu plus sur les personnages. Certains détails sont particulièrement intéressants, et permettent de comprendre un peu mieux certaines références du film. Un exemple : rappelez-vous la scène du mariage, au tout début du premier Parrain. On y voit la femme de Sonny, attablée avec ses copines hilares, en train de mimer ce qu'on suppose être un sexe aux dimensions plutôt impressionnantes. Dans le roman, des précisions sont apportées : Sonny, décrit comme le symbole absolu de la virilité, est reconnu comme Rocco nu. Une anecdote vient renforcer cette idée : un jour, alors qu'il souhaitait s'offrir les services d'une prostituée, celle-ci a pris peur devant la taille de l'engin, et lui a demandé le double de son tarif habituel.

Le roman permet également à certains personnages secondaires de prendre une ampleur plus importante (Lucy Mancini par exemple), voire même à certains d'apparaitre (le docteur Segal). Et c'est bien là le seul intérêt à lire une histoire que l'on connait déjà. Pour le reste, on se lasse vite de s'amuser à reconnaitre les détails qui diffèrent (le fait que Michael ait deux fils plutôt qu'un garçon et une fille, la mort de Calo dans l'explosion de la voiture d'Apollonia ...).

A conseiller uniquement aux fanatiques de la saga de Francis Ford Coppola, et encore. Pour qui n'a pas vu le film, en revanche ... précipitez-vous !



  • One thought on “Chronique : Le Parrain (roman)

    1. J'ai lu la trilogie vers 1995...
      J'ai vu la trilogie pour la première fois l'année dernière...
      Même si forcément, ma lecture est floue (c'était il y a 15 piges!), je crois bien qu'il y a de l'excellence en les deux...

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