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Zombies Strippers : des strip-teaseuses et des zombies

Il y a quelques jours, on écrivait «Iron Sky : meilleur synopsis de la vie». C'est vrai que des nazis réfugiés sur la lune, qui s'apprêtent à envahir la terre, on fait difficilement meilleure idée. Et là, alors que l'on croyait avoir tout vu, voila Zombies Strippers. Le pitch ? Un soldat mordu par un zombie débarque dans une boite de strip-tease. Il infecte une fille. Morte-vivante, ses capacités de strip-tease décuplent. Le patron voit là une occasion de se faire beaucoup d'argent. Oui oui, ce film existe vraiment.

Première chose : ce film est à prendre au quinzième degré. Son pitch débilissime est parfaitement respecté, et exploité jusque dans la surenchère. On est d'ailleurs tout de suite dans le ton, quand la séquence d'introduction annonce la réélection de Georges.W Bush et "une Amérique en guerre contre l'Afghanistan, l'Irak, l'Iran, la Syrie, le Venezuela, l'Angleterre et la France". Ce n'est que la première pierre d'un édifice d'absurdités assumées.

On entre dès la première scène dans le vif du sujet : un laboratoire clandestin, des zombies affamés, un scientifique dépassé par les événements. Comme dans tout bon Resident Evil, un commando armé jusqu'au dents vient nettoyer la zone. Les membres féminins (et siliconés) du commando se retrouvent rapidement en petite tenue. Comme rien ne semble avoir de sens (saluons l'équipe du film, qui ne s’embarrasse pas de fioritures scénaristiques), un soldat infecté se retrouve tout à coup dans une boite de strip-tease. Le raccord échappe à toute logique, mais c'est sans importance : on est enfin sur le lieu de l'action principale.

Dans cette boite clandestine (puisque la nudité a été rendue illégale), les personnages se présentent comme des caricatures de caricatures de caricatures : le patron véreux, cupide, et obsédé par l'hygiène ; la petite chrétienne jamais sortie de sa ferme, qui se lance dans le strip-tease pour payer une opération à sa grand-mère ; la tenancière, ex-strip-teaseuse à l'accent de l'est prononcé ; la bimbo siliconée sans rien dans le cerveau ... Une belle bande d'abrutis sans relief, sans personnalité, sans charisme.

Très rapidement, on arrive donc à l'«élément perturbateur» : la strip-teaseuse qui se transforme en zombie. Alors comme tout bon zombie, elle dévore des gens, évidemment. Mais elle a aussi quelque chose en plus : ses capacités de strip-tease augmentent. Le réalisateur peut alors laisser libre court à sa débilité : les autres strip-teaseuses jalousent la première, qui s'attire les regards de tous les hommes (et tous les pourliches). Certaines tentent de lutter par leurs propres moyens, d'autres se font mordre volontairement pour devenir zombies à leur tour, et devenir de meilleures danseuses.

Les spectateurs du bar se font parfois dévorer, dans des scènes aussi gores que surréalistes. On assiste à quelques scènes jouissives d'absurdité : le mort-vivant qui se fait arracher la machoire, et ne pouvant donc plus mordre, se contente de lécher ses proies. Et surtout, plus grand moment de l'histoire du cinéma, dans une scène aussi culte qu'un Robert De Niro et son "are you talkin' to me ?", une strip-teaseuse zombie qui lance des boules de billard avec sa chatte.

On peut reprocher beaucoup de choses à ce film. En fait, on peut tout lui reprocher. Si on apprécie (c'est beaucoup ou pas du tout) le côté nanar assumé, on passe une heure trente de pure légèreté divertissante. On regrette l'aspect malsain qui revêtent certaines scènes : voir un corps de pornostar en sang et en décomposition effectuer une lapdance est assez déstabilisant. On est par moments à mi-chemin entre l'Exorciste et Marc Dorcel. On se serait passé allégrement de certaines séquences longues (3, 4, 5 minutes) de strips zombifiques. Réduire la durée du film de 1h30 à 1h15 ou 1h10 n'aurait certainement pas été une mauvaise idée.

Le maquillage des morts-vivants est plutôt réaliste, c'est une réussite. Certaines têtes font carrément flipper. Les effets spéciaux et décors sont minimalistes et parfois volontairement ridicules. Les scènes gores sont elles aussi à la limite du burlesque : beaucoup de sang, de boyaux, cerveaux, langues, et autres organes censés rester à l'intérieur de leurs corps.

Un mot sur le casting, nanardesque à souhait : Jenna Jameson, porn-star de renom, dans le rôle principal ; Robert Englund, interprète de Freddy Krueger, dans celui du patron de boite ; Tito Ortiz, ancien champion d'Ultimate Fighting, en videur ; quelques mannequins et actrices de seconde zone pour interpréter les différentes strip-teaseuses. Le réalisateur ? Jay Lee, dont le seul autre film composant sa filmographie se nomme Alyce, un direct-to-dvd sortit le mois dernier, au synopsis tout aussi étrange : "Après avoir accidentellement tué sa meilleure amie, Alyce est rongée par la culpabilité et se plonge alors dans un cauchemar chaotique : sur fond d'orgie de sexe, de drogue et de violence, l'esprit d'Alyce élimine tous ceux qui entravent sa route."

On est pressés de vous chroniquer ça. Captcha Mag, premier sur la débilité.

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