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Lascars, retour au ter-ter

Ce mois-ci Canal + relance une série culte : les Lascars. Après le dessin animé un peu crade de notre jeunesse, retour en force de 4 garçons sans avenir en chair et en os. On avait quitté les lascars sur quelques épisodes cultes dans les années 2000. Un phénomène d’une jeunesse qui découvrait l’essor du rap. Miroir – déformant – d’une certaine banlieue fictive, elle a aussi permis à ceux qui n’y vivaient pas de se forger une culture « de la rue » et d’en apprendre quelques codes. Que ce soit du langage où du comportement, on a tous en mémoire des enseignements des lascars quand on a pas vécu soi-même en bas des blocs.

Forts de ces succès et d’une notoriété intacte après des années d’absence, les auteurs de la série d’origine reviennent à l’écran en adaptant le concept avec des personnages en chair et en os. Le principe de base est simple : Jo vit dans l’appartement de ses parents, qui décident de rentrer au pays, lui laissant l’appart. Jo invite donc ses potes à vivre avec lui.

Chaque épisode suit la même construction : un pré-générique qui pose la situation de départ et l’épisode lui-même où s’enchaînent bonnes vannes et situations comiques. Outre Jo, les épisodes mettent en scène Malik, rebeu métrosexuel charmeur invétéré, Barkette, un black obèse et geek et mon favori, Paulo, le personnage le plus truculent de la série.

C’est simple : si la série est censée s’articuler autour de Jo, c’est Paulo (sosie officiel de Christopher Moltisanti) qui en est la star incontestable. Aucun charisme naturel, pas une belle gueule, mais une gouaille incroyable, un flow de TGV et aucune limite dans ce que son personnage peut faire. Les situations les plus drôles de la série, il les porte sur ses épaules. C’est LE personnage central de la série à mon sens et il fait d’ailleurs ressentir les – rares – faiblesses des autres personnages.

Alexandre Achdjian est impeccable en Jo, bien mesuré, suffisamment caricatural mais jamais dans l’excès. Malik est bien campé par Nassim Si Ahmed, beau gosse assumé, le jeu d’acteur est impeccable et toujours juste. Le personnage de Barkette (Issa Doumbia), lui, est à part : complètement dans son monde, souvent à l'écart des pérégrinations de ses comparses, il prend de l'importance au fur et à mesure des épisodes, passant de quatrième roue du carrosse à véritable héros complètement dérangé. Mais encore une fois, la palme du jeu le plus pointu revient à Pablo Pauly qui crève l’écran en Paulo. Dès les premières minutes il marche dans les pas d’un autre lascar emblématique : Julien Courbey dans « Le ciel, les oiseaux et ta mère » qui posait avant lui les bases du personnage de lascar blanc énervé et, disons le, un peu pathétique.

Le résultat est plutôt très bon et bien rythmé. Les situations sont véritablement drôles et originales, les personnages, forcément caricaturaux, jamais stéréotypés.

La série traite de thèmes plus contemporains et dépeint des personnages plus en phase avec leur temps.  De l’islam à la relation avec les femmes, des embrouilles de quartier aux rapports avec la société en général, la série nouvelle formule est jouissive parce qu’elle offre un regard drôle et décalé sur une banlieue souvent stigmatisée pour sa violence, en faisant de ces stéréotypes les bases appropriées d’une comédie drôle, sans prétentions mais toujours acérée.

One thought on “Lascars, retour au ter-ter

  1. completement d accord. je suis pressé de voir les autres épisodes. les personnages m ont vraiment scotché. je m attendais à une série ou ça s arrête au wesh wesh sans fond sans histoire ni forme juste une stigmatisation de pseudo racaille ou lascars pour rester dans le thème. mais, non rien à voir....à regarder absolument c est tout .

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