homotoubabis

De L’Homo Toubabis

De L’Homo Toubabis

Un article scientifique écrit par Le Barbouze, revu et corrigé par Naïma M. (Pr.)

 

L’Homo Toubabis n’est pas un quelconque homosexuel qui écoute du Kanye West et porte des T-shirts moulants sur le chemin du concert Watch The Throne. Enfin il n’est pas que ca. L’Homo Toubabis a été découvert par la célèbre chercheuse franco-sénégalaise en anthropologie postmoderne et prix Nobel de l’Humanisme, la Professeure Naïma M.

L’Homo Toubabis, n’est pas une espèce menacée ni en voie d’extinction. Ce n’est pas non plus une espèce nuisible quoique un peu envahissante. Mais bon l’Homo Toubabis a inventé la roue et depuis la roue tourne. Alors je sens déjà que votre curiosité est émoustillée comme l’adolescent qui vient de déjouer le contrôle parental et s’apprête à entrer dans le sein des seins de Youporn.

 

 

Homo Toubabis femelle un peu célèbre.

 

D’où vient l’Homo Toubabis ? D’un peu partout et ce n’est pas le problème. En revanche l’Homo Toubabis a tendance à se soucier d’où viennent les gens qui n’ont pas un profil proche de celui du  caucasien moyen. Dès que la chromatique de la peau a pris une goutte de café dans le verre de lait-fraise, la couleur étalon, l’Homo Toubabis va s’enquérir, souvent maladroitement avec un air des plus candides, d’où vient donc cette goutte de café qui vous donne ce teint exotique, café qu’il espère bien-sûr être équitable. Quand il a sa réponse, c’est l’occasion toute trouvée pour lui d’entamer un long monologue, un laïus, une tirade, un discours avec tout un tas de trémolos sur différents sujets qui peuvent aller de :

  1. Comment il connait si bien votre pays d’origine puisqu’il y était l’année passée en Forfait-Vol-Hôtel-Safari-Tout-Compris avec Nouvelles Frontières.
  2. Comment vos congénères sont tellement souriants et respirant la joie de vivre et insouciants face à des lendemains qui, tout le monde le sait, sont très noirs. Sans faire de mauvais jeu de mots pourra-t-il ou elle même bafouiller en tentant de s’excuser.
  3. Comment l’Afrique c’est un beau pays.
  4. Comment il faut absolument qu’on préserve la culture africaine afin qu’elle ne disparaisse pas dans la société de consommation et que lui puisse retourner faire des signes de la main amicaux aux guerriers massais en route sur son prochain safari.
  5. Comment il ou elle participe à des projets humanitaires où l’été dernier entre la visite du pays Dogon et un séjour 4x4 dans les dunes du Sahara ils ont, avec toute son équipe habillés comme des GI de Desert Storm, distribué des cahiers des crayons des sacs-à-dos Dora l’exploratrice des ballons de football dans les villages, le long du parcours où on avait pas une minute à perdre. Comment ils ont fini un tantinet agacés que personne n’apprécie leur effort charitable à sa juste valeur.
  6. Comment et surtout pourquoi il a fait pousser et réussi à faire tenir des dreadlocks rousses sur sa tête, pourquoi et surtout comment il emporte son Djembé partout avec lui au parc ou dans les manifs.

C’est très important pour l’homo Toubabis d’avoir une caution contre le racisme. Car il ne supporte pas le racisme. Il sera vraiment ravi d’avoir un ou une amie ‘black’ dont il va parler beaucoup dans son cercle d’amis blancs. C’est le meilleur des moyens pour se hisser au-dessus de la mêlée. Parce que pour l’Homo Toubabis, on ne peut pas être raciste quand on a un ami ou une amie ‘black’. Une photo de vous et de lui dans son salon sera du meilleur effet. Ou encore mieux pour l’Homo Toubabis femelle, une photo d’elle en train de faire des papounes a des enfants dans un orphelinat. Là c’est le passeport Mère Theresa garanti à vie. Une aura de Meryl Streep interprétant Karen Blixen dans Out of Africa qui va la suivre jusqu'à la fin de ses jours sur la mélodie de Babacar de France Gall.

Oui l’Homo toubabis femelle va forcement chercher à incarner Karen Blixen ou au moins France Gall et se représente aisément comme à la fin du clip Babacar, au coucher du soleil, un paréo aux motifs tribaux négligemment noué à la taille, les cheveux au vent en train de remuer la tête les talons et les hanches dans des mouvements désordonnés pendant que des percussionnistes à la peau d’ébène à demi-nus la désirent ardemment dans une passion lubrique.

La passion lubrique. Même si tu n’es plus adolescent et qu’il n y a plus de code de contrôle parental à déjouer pour porter l’excitation de braver les interdits à son comble, je sais que le sujet t’intéresse encore. L’Homo Toubabis a trempé depuis plus de deux-mille ans dans une bassine qu’on appelle communément le creuset judéo-chrétien. Cette bassine judéo-chrétienne fonctionne comme une machine à laver : ça lave plus blanc, tout le temps. Tout ce qui a été en contact avec des fluides corporels comme la sueur, le sang, le sperme, la cyprine ou le pipi doit être le plus tôt possible jeté dans la bassine judéo-chrétienne afin qu’elle lave le blanc plus blanc. Les fluides corporels si propres à notre humanité rappellent à l’Homo Toubabis sa condition misérable d’être humain, lui qui aime se sentir si proche de Dieu, là-haut dans les nuages blancs baignant dans sa barbe blanche et son long manteau blanc. Lorsque l’Homo Toubabis se trouve loin de la bassine judéo-chrétienne, il semble vivre une profonde libération, une sorte d’épiphanie, où il peut enfin cesser de toujours passer par la machine à laver. Donc il se lave moins, ce qui sous les tropiques va se faire sentir de manière âcre, et surtout maintenant qu’il peut profiter des bienfaits d’un corps moite aux senteurs d’épices, il va s’y adonner de tout son être et cela commence bien souvent sur la piste d’un dancing les mains un peu partout, la langue dans la bouche de son ou sa partenaire. Le Professeur Naima M. résume très bien cette particularité de l’Homo Toubabis : « L'Homo Toubabis mâle est fasciné par la femme noire et son anatomie, et la perçoit comme un objet sexuel qui palliera à son manque d'exotisme ».

 

Un spécimen d’Homo Toubabis mâle à la virilité toute retrouvée en plein pic de testostérone. Observez l’épiphanie accomplie dans sa posture extatique les bras en croix.

Toujours en citant la Professeure Naima M. « L'Homo Toubabis est fasciné par les cultures indigènes c.à.d. toute autre culture que la sienne. Un peu trop curieux d'ailleurs. Tout ne se dit pas chez les 'indigènes' » En effet l’Homo Toubabis manque un peu de délicatesse vis-à-vis des autres humains, de leurs habitudes de vie, de leur silence, de leur pudeur. L’Homo Toubabis manque de pudeur et pas seulement physique, il a du mal à imaginer qu’on puisse avoir une pudeur des sentiments. L’Homo Toubabis manque de finesse. Tout ce qui est différent de sa civilisation va lui paraitre bizarre, cocasse, attendrissant, tellement authentique, ou bien  vraiment insensé, révoltant : une atteinte aux droits de l’homme, une atteinte aux droits de la femme, une atteinte aux droits de l’enfant, une atteinte aux droits des chiens. En effet l’Homo Toubabis aime ses chiens si bien que les canidés vivant en Toubabie sont souvent mieux traités que la plupart des Homo Humanis sous le tropique du Capricorne.

L’Homo Toubabis a la montre au poignet et malheureusement peu de temps pour les autres. Il est souvent serré sur le timing, un peu charrette, en train de courir, de s’affairer, ce qui accroit le caractère désordonné de sa gestuelle et l’enferme dans un individualisme que l’on doit décrire comme un peu forcené. La sociabilité spontanée que l’on observe dans le reste des sociétés de l’Homo Humanis manque clairement à l’Homo Toubabis : la sociabilité lui semble être un devoir, un fardeau où des codes spécifiques et nombreux doivent être suivis, trop nombreux pour être décrits ici. Pour ceux que ça intéresse, je les invite à se référer à GQ, Optimum, Elle et Marie-Claire sans oublier Psychologies. La fréquentation de l’Homo Africanis, pourvu qu’on se débarrasse des préjugés, ne peut lui faire que le plus grand bien.

 

 

Une photo qui traine en bonne place sur la cheminée dans le salon de la résidence secondaire de l’auteur.

Un article de @Le_Barbouze


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