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Chronique : Moon'A - Young & Wild

Le premier projet de la jeune Moon'A, rappeuse du 91, est disponible en téléchargement gratuit depuis quelques semaines. Pas exempte de défauts, mais prometteuse dans l'ensemble, cette première salve méritait que l'on s'y attarde le temps d'une chronique.

On a découvert Moon'A il y a quelques mois, avec ce premier clip, Bollywood Thug : prod fraiche et originale, couplets énergiques et énervés, refrain entêtant. Séduits tout de suite, on posait de gros espoirs sur cette sortie annoncée du maxi "Young & Wild".

Le rap français a connu toutes sortes de rappeuses : des garçons manqués (Casey) aux salopes assumées (Roll-K), en passant pas les rappeuses conscientes (Keny Arkana), des stars aussi adulées que décriées (Diams) aux carrières terminées à peine commencées (Amy et Bushy) . Difficile, pour le moment, de ranger Moon'A dans une catégorie. Son style est éclectique, passant sans transition d'un égotrip violent à un thème léger, et agissant comme une arme à double-tranchant pour la rappeuse : si on ne peut que saluer sa capacité à varier les ambiances, on remarque aussi l'inégalité de son niveau selon le type de morceau. Parfaitement à l'aise quand il s'agit de kicker et d'envoyer l'auditeur dans les cordes (Ca$h), elle se montre (du moins sur ce maxi) beaucoup plus faible sur des thèmes plus féminins (Coeur de Cristal), laissant apparaitre des lacunes dans l'écriture, dans le fond comme dans la forme.

Mettons ces faiblesses sur le compte de la jeunesse (Moon'A étant encore lycéenne, et ne s'étant mise sérieusement dans le rap que depuis un an) et concentrons-nous sur sa principale qualité : la maitrise de son flow. Rappelant Honey Cocaine par moments, Moon'A maitrise accélérations, roulements, flow nerveux, et débordements d’énergie. Elle sait forcer sur sa voix, elle sait aussi tendre vers plus de douceur microphonique, comme sur Instant d'une saison et ce refrain autotuné.

Les prods, signées Lil Key Da Beatmaker sont toutes de très bonne facture et contribuent beaucoup à l'impression positive qui se dégage de l'ensemble. Enfin, des featurings plutôt intéressants viennent prêter main forte à la jeune rappeuse : M.A.S et surtout Bams pour deux egotrips puissants, et Kelly pour un refrain RnB plutôt honnête. Gros point noir du maxi : le morceau (gageons qu'il soit expérimental) Bad Hustlin, illustration parfaite des dégâts que peut causer un vocoder mal utilisé.

Plusieurs interrogations se posent en conclusion : premièrement, sortie de l'egotrip, Moon'A est-elle capable de réaliser de véritables morceaux avec thème et contenu ? Deuxième chose : quelle orientation va-t-elle donner à sa carrière ? Concilier rap et vie privée n'est déjà pas chose aisée pour un homme, et les exemples de Diams ou Lady Laistee poussent à penser que c'est encore plus compliqué pour les femmes. On peut également citer B-La, qui, après des débuts prometteurs, a choisi de ne pas persévérer, et de se concentrer par la suite sur d'autres projets.

En attendant la suite, Young & Wild est donc un premier projet honnête mais trop inégal pour être transcendant. Proposé en téléchargement gratuit, et réalisé en autoproduction totale, il a le mérite de présenter à la France une rappeuse talentueuse que l'on aimerait voir percer.

Telecharger le maxi "Young & Wild" de Moon'A : CLIQUE

 



  • One thought on “Chronique : Moon'A - Young & Wild

    1. Mais mdrr comment peut on comparé une meuf demi rappeuse comme moon ´a à honey cocaine y'a rien a voir ! Honey a sorti des projet serieux ! Elle a une attitude plus thug moon a n'est rien a coté ! Elle ca disparaitre et reprendre la moon a ...

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