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Last Resort, embrouilles sous-marines

Après avoir marqué l'histoire des séries avec The Shield, Shawn Ryan frappe fort avec Last Resort, sa nouvelle série de bonhommes qui ont des couilles.

Ce qui est bien, chez Captcha, c'est qu'on est pas TOUS des nazis. Entre deux ratonnades, des fois, on mate des trucs à la télé. Certains homosexuels de l'équipe regardent des trucs … d'homosexuels. A savoir des bonnes séries pleines de bon clichés où on sait d'avance ce qui va se passer mais c'est pas grave parce qu'on veut juste voir l'héroine se faire déboîter dans le season finale par le mec-qui-est-mechant-mais-qui-en-fait-est-pas-mechant. Et puis pour certains, dont moi, on aime les trucs de bonhommes. Les séries où on pose ses couilles sur la table comme sel et poivre et où on sert l'action en plat de résistance bien chaud et bien rempli.

La rentrée nous réserve une excellente surprise avec la nouvelle création de Shawn Ryan. Autant le dire tout de suite : je suis le champion du monde de l'escalade de pénis quand il s'agit de ce brave Shawn. Parce ce mec m'a mis la plus grande gifle de ma vie (derrière celle que mon père m'a mis quand il a appris que ma première meuf était aussi ma sœur, on est chti où on l'est pas). Principal fait d'arme à mes yeux : The Shield. L'histoire d'un flic ripoux (l'excellent Michael Chiklis) qui, avec son équipe de 3 équipiers, fait régner la loi dans le quartier le plus mal-famé de Los Angeles tout en étant le plus corrompu de tous les batards que la ville abrite. Autant te le dire tout de suite, si t'as pas vu The Shield, il serait temps que tu résilies ton abonnement à Têtu et que tu lâches un peu le Blavog (coucou les gars!) parce que c'est du TRES LOURD.

Et puis le Shawn, il a aussi produit The Unit, l'histoire d'un commando secret de l'armée US qui part défourailler à travers le monde en mode ninja et qui se retrouve lui aussi au fil des saisons dans de sacrées emmerdes.

Cette fois, Ryan revient avec une nouvelle série militaire : Last Resort. Je te le dis : si t'es le genre à télécharger compulsivement True Blood, va te scarifier l'urètre, on va être sérieux deux minutes ici. Dans Last Resort, le Capitaine de sous-marin Marcus Chaplin est en manœuvre près du Pakistan avec son sous-marin quand il reçoit l'ordre de lancer un missile nucléaire sur le Pakistan. Problème : cet ordre, il le reçoit par un canal secondaire, utilisé normalement lorsque le canal principal est HS. Comprenez : lorsque Washington a été rayée de la carte. Chaplin interroge sa hiérarchie, et chez les militaires, on aime pas les questions. Lorsque Chaplin interroge directement par radio le secrétaire d'Etat à la Défense, celui-ci confirme l'ordre. Mais quelques secondes plus tard, le sous-marin est pris pour cible par des tirs amis. On tente de faire couler le navire. Les mecs s'en sortent au terme de scènes d'actions excellentes aux effets spéciaux travaillés, et prennent possession d'une île en la décrétant comme leur nouveau territoire. Le plus petit territoire au monde à posséder l'arme atomique. Sa force supplémentaire : le sous-marin embarque un prototype d'arme qui le rend invisible aux radars.

Problème : l'île est le territoire d'un gangster qui règne en maître sur ce petit bout de terre perdu en pleine mer, et qui n'entend pas laisser débarquer tout ce monde sans rien dire. Avant de recevoir l'ordre de lancement du missile qu'il n'a pas respecté, le sous-marin a du recueillir un commando qui refuse de parler de son fiasco dans la mission qu'ils viennent de réaliser. Et petit à petit, l'insinuation prend sa place : est ce que cette mission est liée à la destinée de notre équipage ?

Le Capitaine Chaplin est épaulé par une équipe de seconds rôles crédibles et très bien interprétés. Mention Spéciale haut la main pour Chaplin qui joue un Capitaine tantôt leader, tantôt sensible, une homme patriote qui n'oublie pas cependant qu'il a une conscience. Son jeu est impeccable, l'interprétation toujours juste même dans les moments de grands discours à l'équipage. Le Second en la personne de Sam Kendal, est un homme droit, le penchant raisonnable en toute situation, qui tente de concilier la survie de son équipage et l'espoir de revoir un jour sa femme ; Grace Shepard, Capitaine de vaisseau féminine est malmenée par l'équipage en raison de sa filiation avec un Amiral haut placé ; enfin Joseph Prosser, Premier maître de flotte est interprété magistralement par Robert Patrick. Si chaque série de Shawn Ryan compte au moins un sale fils de pute, ici c'est lui qui joue ce rôle à merveille. Ce rôle lui était déjà plus ou moins dévolu dans The Unit en Commandant qui se tape la femme d'un de ses soldats. Ici, c'est un COB contestataire, ancien Capitaine que l'on soupçonne déchu qui fédère la mutinerie autour de lui aux moments les moins opportuns. Un sale batard à surveiller de près, tant je soupçonne qu'il sera la source de moultes emmerdes dans le futur.

Dans Last Resort, les personnages partagent des traits de caractère avec les autres héros créés par Ryan. A l'instar de Vic MacKey, Chaplin est un homme droit, avec une histoire familiale compliquée (on le découvre dès l'épisode 2) qui lutte entre le bien qu'il doit faire pour sa communauté (ici, son pays) et la nécessité de préserver sa vie et celle de son équipe quitte à prendre des décisions contraires à la moral. Le personnage secondaire, Sam, a une femme qui l'attend à la maison tout comme Bob Brown dans The Unit, et cette femme qui lui manque conditionne beaucoup de ses choix dans les situations critiques. Shane dans The Shield prenait aussi ses décisions de moins en moins pour le bien de l'équipe mais de plus en plus en fonction de sa femme, Mara. Enfin, tout comme Bridget Sullivan dans The Unit, Grace est une femme présentée comme compétente mais entravée par sa qualité de femme et jugée à tort – du moins au départ – en sa qualité d'officier.

Si les scènes d'action sont fortes et bien mises en scène dans le premier épisode, les suivants montrent moins de grand spectacle et développent la psychologie des personnages. A quelles blessures Chaplin doit-il faire face en plus de ses responsabilités de Capitaine ? Qui sont les membres du commando rescapé du premier épisode, et quel est leur lien avec le sort du sous-marin ? Quelles machinations sont à l’œuvre à Washington pour faire périr l'équipage ? Qui a donné l'ordre de tirer sur le Pakistan, pourquoi, et quelles seront les conséquences géopolitiques de ces choix ? En effet, malgré le refus de l'équipage, les USA ont quand même tiré sur le Pakistan, provoquant un début de conflit mondial.

Last Resort ouvre beaucoup de portes, promet des développements personnels, militaires, géopolitiques, voire amoureux, et jusqu'à cet épisode 4, je ne note aucune déception. Le rythme est maintenu, chaque personnage trouve sa place et la psychologie de chacun est travaillée. L'épisode 3 fait cependant l'impasse sur l'action pure et j'aimerais pour la suite revoir des scènes de bataille spectaculaires comme l'épisode 1 nous en a montré. En grand fan de The Shield, je retrouve un scénario à ressorts jusque là bien écrit, prometteur, qui annonce des trahisons, des retournements de situations, beaucoup de morts et un patriotisme finalement pas envahissant. Ma crainte principale était de voir une énième série militaire patriotique portant le drapeau américain haut sur le périscope.

Ici la question est plus dérangeante : quels intérêts peuvent bien être servis par la mort de tout un équipage de soldats qui a juré loyauté à sa patrie ? Surtout : lorsque l'ordre semble déraisonnable, le soldat a-t-il le devoir de désobéir, et quelles en sont les conséquences ?

Autant vous dire que si la suite est du même acabit, on risque d'avoir du très bon à l'antenne pour quelques temps.



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