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Skyfall : la critique de Mido Ban

Chaque sortie d’un James Bond est accompagnée d’un flot de critiques, d’enthousiasmes et de déceptions. Et même si les deux derniers films sont, pour moi, une franche réussite on a eu droit aussi à beaucoup de polémique (ou est passé le Gun Barrel, James Bond est blond ...). Ce Skyfall ne déroge pas à la règle et fera autant de déçus que d’enthousiastes.

Pour ma part le sentiment est vraiment mitigé, je ne sais pas encore si je dois être vraiment déçu ou si je dois le considérer comme un bon film. Je préviens ceux qui n’ont pas encore vu le film que ça va spoiler durant tout l’article.

Personnage de Bond

En préambule, je tiens à  préciser que, contrairement à beaucoup de personnes, je trouve que Daniel Craig a réellement donné un nouveau souffle au personnage. Alors oui, il peut paraître plus brutal et moins subtil, mais il fallait vraiment donner un gros coup de pied au cul après les derniers films de Pierce Brosnan complètement ratés. Même si Quantum of Solace était moins réussi que Casino Royale, le film a quand même réussi à faire son travail.

Le problème avec Skyfall réside surtout dans le choix des personnages secondaires qui sont pour la plupart ratés : d'une part une James Bond Girl anecdotique (le temps de porter 3 robes, de se faire sauter et de mourir) ; ensuite, un choix du Bad Guy complètement raté (un vieil agent vengeur efféminé avec un look criant le mauvais goût).

Scénario

Le scénario aurai pu sauver ce casting secondaire hasardeux, là encore ce n’est pas le cas. Alors oui, on apprécie le petit focus sur les origines de Bond, et la découverte de l’endroit où il a grandit. Mais nous nous attentions à des liens avec l’organisation présente lors des deux derniers films. Et c’est sûrement en ça que réside la plus grosse déception. A quoi bon, nous avoir tenu en haleine durant deux films si c’est pour nous servir un final qui coupe tous les liens avec ces derniers ? Le sentiment principal est celui d'un film complètement à part qui permet de faire plaisir aux fans pour les 50 ans de l’espion sur grand écran.

Les clins d’oeil à la saga

Si Skyfall a au moins un mérite, c’est d’être celui qui se rapproche le plus de la saga initiale depuis des années. Les clins d’oeil se multiplient jusqu’à la dernière scène (qui est la plus réussie) : on y trouve un Bond convoqué dans le bureau de son nouveau supérieur (M), passant par le bureau de Money Penny, comme à la belle époque!

L’autre bonne idée du film et de réintégrer un nouveau Q, chose qui n’avait plus été faite depuis la mort de Desmond Liewelyn. L’apport des gadgets reste heureusement limité avec une simple radio de localisation comme item. On évitera ainsi ce genre de moment gênantdans le film.

Il est appréciable aussi d’en apprendre un peu plus sur les origines de Bond, le voir retourner là ou il a grandit et découvrir le nom de ses parents. Le coté «back to basics» est encore plus renforcé avec l’utilisation dans le film de la célèbre Aston Martin DB5 (utilisée dans Goldfinger entre autre). Le sentiment qui domine reste celui d'avoir affaire à un objet marketing pour les 50 ans de la franchise plutôt qu'à un film à part entière.

Certains éléments nous laissent maintenant supposer que ce Bond pourrait être le dernier de Daniel Craig. Si c’est le cas nous ne pourrions pas aller au bout de cette conspiration initiée dans les deux précédents volets, ce qui serait clairement une erreur : pourquoi ne pas aller au bout des choses en intégrant une organisation du type «Spectre» ?

Le dernier film de Daniel Craig ?

On en arrive donc au passage le plus ambigu du film. Tout, dans la dernière scène, laisse penser que Daniel Craig va continuer à jouer ce James Bond là, jusqu’à la petite phrase de teasing à la fin du film «James Bond reviendra». Le problème ? Pendant deux heures, nous avons l’impression d’assister à un baroud d’honneur de l’acteur.

James Bond semble frappé du syndrome Murtaugh, syndrome qui commence à être à la mode au cinéma avec notamment Bruce Wayne dans le dernier Batman. Ainsi, nous nous retrouvons avec un James Bond usé, sombre, qui frôle l’alcoolisme et complètement dépassé. Un côté vieillot renforcé lorsqu’on apprend qu’il a été recalé des tests d’aptitudes du MI6. On pourrait donc s’attendre à la dernière mission de Bond ... mais tout cela perd en crédibilité avec toutes les scènes d’actions menées par la suite (la scène de l'ascenseur en devient grotesque).

La suite ?

Option numéro 1 : On continue avec Daniel Craig, et du coup on ne comprendra pas comment un recalé des tests d’aptitudes puisse continuer à mener à bien de telles missions

Option numéro 2: On reboot avec un nouvel acteur et on perd tout l’intérêt suscité par les deux derniers films.

Pour ce qui est de la succession de Bond, merci de vous réferer à ce précédent article.

 

Mido Ban

 

2 thoughts on “Skyfall : la critique de Mido Ban

  1. conquis par ce film, je serai surement moins objectif que toi.
    brutal vs subtil : oui james bond est moins hollywoodment séduisant, il boit et se saoule, il a de la rancoeur, il est râle, il doute: il confirme en fait (depuis casino royale) la fin de son statut de robot hi tech à celui d'humain au job compliqué et exigent (mentalement et physiquement, même sur la durée)
    james bond girl anecdotique: complètement! pour quelles raisons? son intervention n'est elle pas suffisante? comme tu dis elle remplit son metro boulot dodo de la james bond girl en évitant les passages séduction, complicité, provocation, rancoeur, colère, pointe de nostalgie, trahison, tristesse, voire meme dégout: ces sentiments existent mais sont provoqués par d'autres personnages que tu limites à secondaires, alors que cet épisode se joue plus en équipe que jamais: M trahi, provoque la colere, la nostalgie, la tristesse et même la complicité après sa mort. Eve Moneypeny séduit assiste titille et inscrit une complicité durable avec James bond. Enfin Javier Bardem, que tu trouves efféminé, l'est à juste titre, en portant un costume taillé pour son talent (cet acteur n'est pas un bleu): il se veut provocateur, sadique, lassé, DRÖLE, lui aussi a son histoire et celle ci l'aliene completement a son action, calculée froidement. son impertinence est déroutante et inquiétante, et souligne aussi la puissance et le caractère incontrolable et dangereux du sentiment de vengeance. Ce personnage complexe surprend et fascine: la froideur de ses actes l'élève au statut de tueur en série.
    Sur le scénario, même si il est moins fourni en rebondissements, il nous laisse le temps de réfléchir au statut de l'espionnage, (une histoire d'hommes? d'Etats? de grands hommes? ) mais aussi de son but. Y avait t il réellement une attente sur la quelconque organisation (d'ailleurs réduite en fumée dans Quantum of Solace)? L'accent n'est il plutot pas porté sur la pluralité du terrorisme, ses strates et ses aboutissants?
    Ce film, si il est à part se veut surtout comme un point d'orgue. la confirmation d'un tournant dans cette saga ou du moins l'assomption d'un style. Esthétiquement ce film est une réussite. Et en soit ce n'est pas une fin: C'est le fondement du développement du film. Un james bond pas vraiment usé mais meurtri, se sentant trahi. un james bond en manque de forme (il a meme profité de la mort), un james bond qui ne pourrait se mobiliser que dans le danger et dans l'urgence. il palliera son manque de forme par une détermination finalement très humaine. Il réagit comme un membre d'une famille soudée, aux valeurs fortes. Cette réaction de "bastion" est aussi très insulaire ce qui a certainement ravi les patriotes britanniques.

    je sais; je ne suis pas objectif 😉

  2. Juste pour préciser : Q apparaissait bien dans "Meurs un autre jour" sous les traits de John Cleese. Et si je reconnais que cette critique est celle d'un fan de la sage, j'ai l'impression que l'auteur est passé complètement à côté du film. Pour moi, c'est un hommage à tous les autres films de Bond, une sorte de best of stylisé (avec le méchant, mélange de Goldfinger, de Max Zorin et de Alec Trevelyan; l'Aston Martin, Q, Moneypenny, M, des répliques renvoyant à certains films de Roger Moore et même un clin d'oeil au Bond renégat "Jamais plus jamais" avec les tests d'aptitude). Le tout est savamment mis au service d'un scénario minimaliste (mais pas simpliste) permettant à Bond de déjouer les clichés sur son personnage, le rendre plus humain (moins attachant peut-être) mais surtout de placer M en James Bond Girl inattendue et pourtant évidente d'un film qui apporte ce qui manquait à la plupart des autres films de Bond (à l'exception de "Casino Royale", "Goldfinger" et peut-être "Au service secret de sa majesté") : une personnalité, une ame, le sentiment d'avoir vu un grand film de cinéma. Et non pas juste un épisode d'une série.
    Pour ma part, j'ai pas du tout kiffé "Quantum of Solace" donc je me fiche que "Skyfall" respecte ou non la continuité. Cependant, j'aimerai bien que le prochain épisode fasse revenir le personnage de Blofeld ou au moins le S.P.E.C.T.R.E.

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