jackboots

Jackboots on Whitehall

1940 : les nazis creusent un tunnel sous la manche, et débarquent à Londres. Churchill, accompagné de quelques soldats et civils, bat en retraite et met en place un plan pour chasser l'envahisseur. Détail important : pas d'acteurs dans ce film. Juste des marionnettes.

Seconde guerre mondiale, un petit village anglais, tranquille et esseulé : point de départ d'un pitch qui, associé à un casting voix de haute volée (Ewan McGregor, Dominic West ...), donne tout de suite très envie. Et pourtant, les premières minutes du film font un effet glacial : aucun nazi à l'horizon. J'ai personnellement passé les dix premières minutes du film à me demander à quel moment ma vie avait couillé pour que je me retrouve, un soir, confortablement installé sur mon canapé, à regarder des putes de poupées anglaises en train de ramasser du foin.

Heureusement, la première apparition de Goebbels met un coup de fouet à ce premier quart d'heure d'animation, grâce à sa représentation physique à mi-chemin entre Eric Zemmour et Gollum. Assurément dans mon top 3 des meilleures interprétations du petit ministre boiteux à l'écran. Mention spéciale également pour Adolf (que l'on voit malheureusement très peu, et qui apparait très tard dans le film), totalement déjanté et excentrique, à la limite du retard mental, et apparaissant comme un boulet pour le très sérieux Himmler.

Très bien réalisé, au delà de la qualité de l'animation, très bonne bien qu'assez déroutante pour un public peu habitué, le film tient la route, et l'heure et demi se vit sans temps morts. Hésitant quelque peu entre le loufoque et le sérieux d'un script bien ficelé, Jackboots on Whitehall laisse tout de même une bonne impression : l'humour, british mais pas trop, et les nombreuses références cinématographiques (du Seigneur des Anneaux aux Gremlins), font mouche, et on ne s'ennuie pas une seule seconde.

Le principal regret est donc lié à notre amour pour la nazisploitation : peu de nazis à se mettre sous la dent. On en ressort avec le même sentiment frustrant qu'après un film de zombies sans zombies. L'histoire est au final très centrée sur les anglais et leur leader, Winston Churchill, les allemands n'étant là que pour servir d'antagonistes. Prenez le même scénario, remplacez l'armée de nazis par une armée de français, de chinois, ou d'extra-terrestres, vous obtiendrez le même film. Ici, même les écossais prennent plus d'importance que les allemands. C'est dire.

En conclusion, Jackboots on Whitehall est un film d'animation très bien réalisé, bien écrit, même s'il hésite trop entre un ton sérieux, qui ferait de lui un film de guerre très crédible, et l'humour, qui le transformerait en comédie loufoque. Cette position, le cul entre deux chaises, ainsi qu'un manque cruel de nazis à l'écran, confèrent à ce long-métrage un léger sentiment de déception. La réalisation rythmée permet tout de même au spectateur de passer un bon moment devant son écran, et c'est bien là l'essentiel. On se prend à espérer un remake par Tarantino, avec un caméo de l'Ours Juif.

PS : si quelqu'un sait où se procurer la réplique de la marionnette de Goebbels, j'ai du cash.



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