neochrome hall star

Neochrome - Hall Star Game

Lundi 26 novembre : sortie officielle du tant attendu projet commun des trois têtes d'affiche de Neochrome : Alkpote, Seth Gueko Zekwe Ramos. Après une promo réussie, symbolisée par 4 clips de qualité et quelques teasers alléchants, la bête est livrée. L'occasion d'une chronique un peu particulière, inspirée par les d'autres rédactions. Attention : article bien mongol.


 

La chronique façon "Abcdrduson" : des mecs qui connaissent mieux qui quiconque leur sujet, mais qui utilisent des mots qui n'existent pas.

Alkpote, carthaginois tributaire d’apophtegmes irrévérencieux tels que "sucez", "t'aimes faire trempette, tu baignes dans le sperme" et autre "vous allez me sucer la bite". Seth Gueko, bohémien frivole à la réputation installée, adepte de rimes fécales et de demoiselles thaïlandaises. Zekwe Ramos, rappeur quarteron au flow nonchalant, incontournable dans l'horizon du rap hexagonal depuis un bon triennat, voire quadriennat.

Premier attribut délectable de cette galette : l'agrégation de ce triumvirat absout un individualisme prosaïque et prône la concordance. La sensation première est celle d'un façonnage unique, d'un essaim agissant comme une seule force -pernicieuse mais drolatique. S'ingénier à souligner l'omnipotence d'un maitre de cérémonie relativement à un autre serait une quête quasi-sibylline :  chacun est au diapason, contribuant à anoblir un rap français en décrépitude, et à faire de Hall Star Game un cénotaphe à l'adresse de tous ces rhapsodes modernes.

La chronique façon "Les Inrocks" : des mecs qui chroniquent un album sans l'avoir écouté, et qui ne savent pas de qui ils parlent.

C'était en 1998, déjà : Neochrome sortait sa première mixtape, au format cassette. Quatorze ans plus tard, le rappeur a parcouru du chemin, et présente aujourd'hui un nouvel album. Sur ce nouveau disque, il y a bien sûr le canevas "made in 91". Les gimmicks résonnent, encore et encore, et les punchlines, bien entendu, s'amoncèlent mon pote ("J'vais t'apprendre à apprécier ma plume comme Joe Pesci"). L'univers spatial post-Julien Courbet ou proto-Matthieu Delormeau, c’est selon, coule dans la musique en mode Double Cheese. La cohérence est maximale, la marge d'erreur minimale. Précipitez-vous sur "Le Machin", une histoire d'amour magnifique et mélancolique, ou encore "Elles veulent", titre à la noirceur maladive, plombé jusqu’au gros orteil. Il y a quelque chose de Lefty Ruggiero dans l'album de ce rappeur, comme dans notre rédaction : un cancer de la bite mal soigné.

La chronique façon "Le Monde" : une chronique pour des gens qui n'écouteront pas l'album, alors autant mettre le paquet, en rajouter un max, et pourquoi pas raconter n'importe quoi.

Neochrome Hall Star, c'est la réunion au sommet de trois rappeurs adulés des cours de récré : le génial Seth Gueko, auteur de deux albums solo certifiés classicimes, le ténébreux Alkpote, fan absolu de Serge Gainsbourg, un brin bobo et délicieusement vulgaire ; l’éclectique Zekwe Ramos, considéré comme le futur numéro 1 du rap mondial par tous les spécialistes du genre. Bien que nous n'ayons pu écouter le disque, nos envoyés spéciaux sur twitter ne nous en rapportent que du bon : sonorités gracieuses et agressives, plume gracieuse et agressive, timbres de voix gracieux et agressifs. A coup sûr l'album du siècle, voire même du millénaire.

La chronique façon Captcha : des mecs bousillés du cerveau qui ne savent pas bien où ils en sont dans leur vie et qui se bousillent sur des films nazis à la débilité assumée.

"J'me renseigne sur les reptiliens et les égyptiens" : Alkpote sait. Ses quantiques bousillés auraient certainement plu à Adolf Hitler. Des sonorités du IVème Reich, des punchlines de Führer : Zekwe Ramos, Alkpote, Seth Gueko, le rap français à son meilleur. Portés par des prods lourdes, les trois compères s'en donnent à coeur-joie. Le plaisir de rapper que l'on avait particulièrement aimé chez Butter Bullets se retrouve ici, et c'est peut-être bien la principale réussite de cette galette. Un exemple simple de cet état de fait : écoutez le couplet de Mala sur "OG" feat Booba. Aucun humain ne comprend un seul mot de ce qu'il raconte. Et pourtant, son couplet déboite, parce qu'on sent qu'il s'est fait plaisir. La sensation est la même sur Hall Star Game : tout n'est pas parfait, mais on sent que les mecs ont kiffé, et forcément, ce kiff rejaillit sur l'auditeur. Un temps lourd (Le Machin), un temps sombre (Juste à côté), un temps génialement mongol (Chakaboum) : les choses se font de la bonne manière.

Autre grosse réussite : de la même manière qu'un camé ne fait qu'un avec la merde qu'il s'injecte dans les veines, Alk, Zekwe et Seth opèrent de façon fusionnelle, sur la même longueur d'onde. Les trois grosses individualités se marient parfaitement, l'univers de l'un n'empiète pas sur l'autre. Ce qui était une véritable crainte avant la sortie de l'album représente finalement sa plus belle force : cette association n'est pas qu'un empilage de noms ronflants, mais bien une sublimation des qualités de chacun. L'exemple le plus parfait de ce que doit être un album commun.

Si Hitler et Mussolini avaient coopéré de la même manière, le monde serait bien différent aujourd'hui.

La chronique façon Blavog : des mecs encore plus débiles, qui l'assument parfaitement, et sont loin au-dessus de l'humour-jeu.

On retrouve donc Alk, Zekwe et Seth devant Fred Musa, qui leur demande pourquoi il devrait leur accorder une semaine Planète Rap

Seth Gueko : Fred, ma couillasse, paye nous une petite semaine, histoire de bicrave un peu plus de disquaves et de pouvoir graillave autre chose que du niglo, ma couillasse

Fred : Tu sais, Seth, je comprends, mais faut que je m'assure qu'il n'y aura pas d'incidents à l'antenne.

Alkpote : Suceuse !

Fred : Mais non c’est important qu’une radio défende les artistes, et vice-versa, c’est bien pour l’artiste, c’est bien pour la radio, ça c’est clair.,

Zekwe : Zekwe ! Tu vas passer nos sons, cabrón ! Zekwe ! On a des featurings de haut-niveau ! Zekwe ! Sofiane, Katana, Nakk, Niro ...

Lino : Hic ! Et bibi ! Hic !

Fred : C'est à dire, depuis Rohff, je fais attention.

Seth : ROHFF ? ROOOOHFF ????

Alkpote : Suceuse !

Fred : Ah, donc t'as un souci avec Rohff ? Je veux surtout pas de souci à l'antenne moi.

Seth : Si au moins il avait dit « tu seras jamais gangster comme sera jamais thaïlandais seth gueko », ça aurait été michto ma couillasse. Alors que là… ça fait plus d’un an que je me casse le cul à placer la Thaïlande partout, et v’là la gratitude.

Alkpote : Suceur !

Fred : Il est toujours comme ça, Alk ?

Alkpote : Vous allez me sucer la bite !

Fred : On peut pas passer ce mec là à l'antenne ...

Zekwe : Zekwe ! Zekwe !

Alk : Sucez bande de putains !

Fred : ... faut que j'en parle à Laurent Bouneau.

Seth : Lolo ? Il est chez moi ma couillasse, il se fait masser l'oignon par une petite thai.


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