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TH@ KID : White pimpin

Nouvel article de Jean-Pierre Labarthe

 

Penser que le rap game est la chasse gardée des vétérans - 2 Chainz (36), Juicy J (37), Rick Ross (36), El-P (37), Aesop Rock (36), Nas (39), Gucci Mane (32), Killer Mike (37), Danny Brown (31), Curren$y (31), Freddie Gibbs (30), Gunplay (33) – n'est pas totalement injustifié. Par réaction est né une caste de jeunes artisans à l'indépendance d'esprit plutôt dure à museler, au sein de laquelle se démène comme un beau diable Elmo Kennedy alias Th@ Kid. En fait, californien blanc né à Oakland, mais vivant à L.A., le Kid n'a pas grand chose à cirer de cette légion impartiale de tribuns qui pilonnent les charts et radios de leurs rimes moulées dans le bronze doré. Fervent puriste, c'est une certaine vision du rap qui rythme sa vie et définit son art. Progressant au grès de rencontres et d'alliances nébuleuses (« Woodgraingrippin » feat J.K. The Rapper & « The Rap Game Is Tryin To Kill Me ! » feat. Na$ty Matt), le Kid se sait guidé par les Dieux du hip hop, lesquels lui ont accordé le droit d'être enfin entendu !

Fan absolu du label Cash Money seconde période – celle post-bounce, celle des Hot Boys – dès sa prime jeunesse, Th@ Kid s'est rêvé en Lil' Wayne de Tha Block Is Hot, fasciné, selon ses dires, par le message universelque délivre le dit album.

(skit) « Oui, c'est bien du minot de Hollygrove (17 th Ward) découvert en 1994 par Lil' Slim, aussi froid et tranchant que la lame d'un coupe-chou dont on vous parle ici, pas celui de Miami (Young Money), à la fois friable et malléable. »

C'est son frangin, détenteur de l'intégrale discographique Cash Money/No Limit, qui lui facilite l'accès à cet univers « raw » fait de briques et de strass qu'est alors le rap mainstream orléanais des 90's. Depuis, c'est l'illustre Robert Davis(alias DJ Screw), ultime icône texane du ralentissement sous pharmacothérapie non prescrite, qui a été célébré par le Kid à travers un titre éponyme né de son association avec Grandmilly du Raider Klan

La gloriole a ses valeurs. Elle se monnaye au prix fort. Autant dire qu'avec le Kid, on se situe à des années lumières de l'« apolitical dope boy fantasy » bâti sur le dos d'authentiques hors-la-loi - « Big Meech » Lary Hoover et/ou « Freeway Rick Ross, » - puis vendu à coup de millions d'exemplaires par l'ex-maton devenu MC Rick « Rozay » Ross, Gunplay & C°. Les limites financières inhérentes à son statut de MC/producteur underground l'ont contraint à se lancer dans la confection et l'édition de vidéos rap, un petit business qui lui permet de vivre décemment.

Fraîchement crédité sur l'impeccable « Cocaine Cigarettes » de Nic Goose x OF x Rvidxr Klvn, son apprentissage de vidéaste hip hop semble prendre une tournure en tout point favorable.

Gare ! Réécouter ce foutu foutoir de 50 titres qu'est White Rapper peut vous inciter à dévaliser le tableau B (stupéfiants) de la pharmacie du coin. Et puis dire que le « Black Magic Phonk» des grands acteurs du maraboutage que sont Spaceghospurrp, Denzel Curry et Ethelwulf, l'a séduit, voire envoûté est difficilement contestable. De fait, la connexion avec le Klan s'est fait spontanément. Laquelle a débouché sur Lords Of The Underground - blaze attribué à son association préalablement abordée dans l'article avec 2.7.5. Grandmilly – et son chapelet de ritournelles obsessives des 90's – un brin réactualisées : « Lord Of The Underground », « Friday The 13th », « Skinny White Pimp », « Memoirs of A Mack », « Hennessy » etc...

Dernier projet en date publié : Bones !

Mixtape analytique de 13 carats, taillée à même la roche diamantifère « gangsta », où s'empilent maintes références tutélaires South & West Coast qui ont à coup sûr rythmé son enfance (« Tanqueray », « CashedMoneyMillionaires », « WestCoastPlayer »). Reste à ausculter à la loupe les nombreuses facettes du diamant noir...

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