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ATLANTA SWAG

Afin de célébrer Noël, puis la fin du monde, puis... plus rien,
ATLANTA se met sur son 31 !

Big dawg swag versus White boy swag.

A Atlanta, ils appellent ça « white-boy swag », voire « rock-star swag », une définition argotique de la dégaine qu'arborent les petits blancs de la ville accrochés aux vestiges antidatés d'un rockn' roll pourtant moribond. En 2009, le titre « Wasted » permettait à Gucci Mane d'enfoncer le clou. Pour tout dire, le terme « Wasted » possède une connotation très forte dans les ghettos noirs de Black Mecca, il signifie « ce que les Blancs disent et font ».

« Party, party, party – Let's all get wasted » déballait Gucci, un brin ironique, vu que porter des jeans serrés et une chaîne porte-monnaie revêtait une forme de parjure dans la ville qui avait universalisé le terme « swag ».

Le floridien Plies, invité pour l'occasion par Gucci Mane, y allait de son couplet persifleur : « I don't wear tight jeans like the white boys / But I get wasted like the white boys ». Une punchline pas vraiment anodine, car destinée au conservatisme séculaire blanc qui sied dans le Grand Sud. Ici, Plies prenait un malin plaisir à afficher sa différence profonde et chiffonner ce fantasme séculaire qui a de toujours promis aux Blancs, les plus belles sapes, les voitures les plus rutilantes, les parties les plus folles, le fun le plus absolu...

A vrai dire, que se soit au niveau des couleurs ou de la mode, les Blancs ont toujours été hors du coup à Atlanta. Les exemples foisonnent dans la ville de Kriss Kross – deux jeunots qui ont suivit les conseils de Jermaine Dupri, c'est à dire porter les jeans à l'envers - laquelle ATL est avant tout la citadelle d'Outkast, l'un des duos les plus chamarré et classieux de l'histoire du hip hop.

Rappeur et producteur doté d'un flair commercial incroyable, Lil Jon n'a-t-il pas « inventé » au tournant de l'an 2000, le style crunk fait de grosses basses qui ont incubé en Floride, de mimiques épileptiques et de grillz aussi scintillants que les bouclards de la place Vendôme ?


Lemonade, strip clubs, polo & paillettes.

On aurait pu imaginer qu'en tant que trappeur émérite, Gucci Mane (j'ai une vraie tendresse pour sézigue) se serait fourvoyé dans le rouge et le bleu affiliés aux Bloods and Crips. Que nenni ! Son univers est uniquement constitué de jaune.

« Lemonade » (ou « Lemon ») révélait en 2009 un Gucci esthète, à la fois amoureux des femmes asiatiques, de la peinture jaune nacrée de la Lamgborghini, amateur de diamants jaunes, de chapeaux, de caleçons, chaussettes, polos et autres babioles, toutes sans exception jaune canari : « Whats up baby, yellow everthing this time / Yellow rims, yellow big booty, yellow bones / Yellow lams yellow mp's yellow watch / Yellow charm rangs chain yellow living rooms. »

Savoir que nulle autre couleur n'est plus associée à la puissance, au pouvoir et à l'ego que le jaune, nous renseigne-t-il un peu plus sur le côté soupe au lait récidiviste de Gucci Mane?

Et que dire de Young Dro, autant obsédé par les polos Ralph Lauren que par les fruits de mer (sic) dans ses raps ?

Passé en un temps record de statut de rookie à celui de vétéran, Dro a eu le temps de sortir Black Boy Swag, White Boy Tags associé à son larbin, Yung LA. Un classic bien ancré dans la tradition de la ville, à la pochette hilarante, dans lequel il aimait singer la voix des Blancs et dévoiler le continu du coffre de sa berline à ses ennemis : « Rims so big I'm at the tip-top, ain't I / Choppers in the trunk will make you do the macarena. »

Deux ans plus tard, on aura droit Young Dro perché sur sa monture pour la promotion de Polo Club. Avouez que Dro déguisé joueur de polo c'était quand même quelque chose d'assez loufoque. Pour preuve, même le pontife du bling rap Baby Williams n'y avait jamais pensé !

Atlanta est réputée pour être la capitale mondiale du strip-tease – particulièrement du côté afro américain. Le tarif d'entrée d'un strip club est seulement 2 dollars le mardi - Two Dollar Tuesdays – le jour J pour les artistes underground qui ont l'occasion de sortir de l'ombre - ou d'y rester ad vitam aeternam.

La majorité des artistes aujourd'hui confirmés ont débuté dans ces lieux de stupre et y retournent le temps du filmage d'une vidéo ou d'une nuit de bamboche VIP... A laquelle il n'est pas rare de rencontrer le pré-cité Jermaine Dupri, redoutable nabab géorgien à la fois producteur/président, du label So So Def, directeur du label Island Urban Music (2007 à 2009), vice-président d'Arista et de Virgin Music, ex-lover de Janet Jackson, mais aussi spationaute qui lit dans les pensées à ses heures (tardives) perdues !

 


Bon j'avoue... Question musique, Irene c'est pas ma tasse de thé. Par contre, difficile de nier que chez Candide Irene il y a du monde au balconnet !

Avant de réaliser sa première et récente K7 - The Dream is Real - elle était starlette de sexy vidéos vixen, danseuse de club, diva de magazines glamours etc... Son cursus est calqué sur celui de la rappeuse floridienne Katrina Laverne Taylor alias Trina, strip-teaseuse avant d'être lancée par Trick Daddy

Irene The Dream, c'est tout un programme : C'est Ève croquant la pomme sur des beats siliceux... C'est Eurydice aux Enfers de l'entertainment.

En fait, j'imagine fort bien Beyoncé, verte de rage, accablée au possible par son statut de mère au foyer à temps partiel, demander à son mari de Jay-Z de blacklister la potentielle rivale qu'Irene est en passe de devenir.

Trop tard ! La bombe a été lâché, Jay-Z s'est fait remonter le bretelles, et les ventes R&B sont reparties à la hausse...

 

 

 

Bon, fini de rêver les gars. Retour à cette bonne vieille testostérone qui hante le hood !

Qui ne parle par de strip club n'est pas d'Atlanta ! Il n'y a pas si longtemps, Killa Mike révélait dans XXL Magazine le Top 5 de ses strip clubs favoris. Il citait dans l'ordre : Blue Flame, The Foxxxy Lady, Kamal's 21, Magic City & Goosebumps.

Question rap, Killa Mike est un modèle d'intégrité artistique. Il ne s'est jamais fourvoyé dans le moindre concept foireux et préfère s'attabler avec un poulet accompagné de french fries plutôt qu'avec une boite Hexatest Hardcore (stéroïdes). Question swag, on ne peut pas dire que le corpulent barbier de Southwest Atlanta se soit un jour compliqué la vie. Adepte du combo vestimentaire hip hop le plus sommaire, Mike ne s'est pas fait prier pour revêtir la panoplie du «bûcheron psychopathe endimanché » pour le clip de « Big Beast » (Feat. Bun B & T.I.) qui met en scène une poignée de sensuelles strip-teaseuses zombies.

 

 

Le dernier ATLien en date (au swag improbable) capable de s'attirer les faveurs du public local se nomme Trinidad James!

Il est bon de savoir que Nick ? est né en République de Trinidad-et-Tobago, puis a émigré très tôt à Atlanta. Dans sa section, on le compare bientôt à Rick James en raison de ses tenues excentriques. D'ailleurs, on le nomme affectueusement Nick James jusqu'au jour où il découvre qu'un MC de la West Coast possède le même blaze que lui.

Depuis, Trinidad James a sorti une tape Don't Be S.A.F.E et sa particule platinée: « All Gold Everything » ! Un track-hit qui a chamboulé sa vie, tout autant que celles des majors de l'industrie nazie du disque qui lui font les yeux doux, lui promettant monts et merveilles – en filigrane faire chauffer la planche à $$...

Selon lui : « Rien ne presse !»

Tant est si bien que nous allons profiter, quelques temps encore, de sa gouaille « Atlanta meets West Indies » plus ce kit vestimentaire - Rick James x Jimi Hendrix x Tarzan - dont il est le seul et unique dépositaire !!

 

 

#Atlanta #SWAG #2012

 

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