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Roi Heenok – Noirs et professionnels

Roi Heenok, t’entends, fils ? Cette bonne galette a-t-elle la saveur d’un classique de rap musique ? Captcha Mag répond à tes questionnements, pute nègre.

La sauce est chaude, négro. On parle kalachnikovs comme à Rive-Sud. On parle négritude, t’entends, on parle aussi francs-maçons, t’entends à nouveau ? Crachats sur ce rappeur français bodybuildé, faux-nègre de Miami, qui cache son médaillon sous son sweat-shirt ! Crachats sur ces arabes français qui font fausses choses ! Des … des dvd sur le Roi, mais sans donner au Roi ses royalties. Mauvaise attitude t’entends fils ? Pendant qu’Heenok s’enfume sur cette bonne herbe musulmane venant de cités véritables. Queensbridge reconnait vrais !

Ambiance thugébreuse (mi-gangsta, mi-ténébreuse), flow indolent, accent québécois marqué : pas de doute, cette galette est bien identifiée comme appartenant au nègre-roi : Heenok. Difficile d’outrepasser cette lenteur soporifique, ce rap parlé à la Gab1, mais sans la nervosité salvatrice du p’tit Charles. Le Roi semble souvent hors-temps, retombe rarement de manière juste sur le beat. La question est posée : cette … cette merde est-elle bonne, négro ?

Contrairement à tout a priori, les lyrics du Roi Heenok font beaucoup de sens. Il faut prendre le temps de les saisir, ne pas laisser les nombreux obstacles (accent, expressions déconcertantes, flow nonchalant) se dresser en barrières insurmontables. Il y a du bon à prendre chez Hénoc Beauséjour (son véritable nom). La première chose à faire est donc de s’habituer à ce parler particulier (jurisprudence Butter Bullets). On s’arrête un temps sur les prods sombres et gansgterisées, appuyant ces lyrics mêlant délires thugs, egotrips, et armes à feu. On note quelques bons featurings (mentions pour Raekwon côté US, Green Money côté français), d’autres dont on se serait passé bien volontiers (Alibi Montana tout en haut de la liste). On finit même par apprécier, et par trouver comme qualité première du disque, le bestiaire d'expressions surréalistes du Roi. On sourit à chaque "t'entends fils ?" et autre "Qu'est ce qui se putain de passe, négro ?".

Le principal regret, à l’écoute de ce disque, c’est l’attitude musicale de Heenok : alors qu’il est parfaitement capable d’énergiser son flow, et de donner un peu de nervosité et de rythme à ses couplets (comme sur Conflits et Guerres), il se contente, 16 fois sur 18, de rengaines lymphatiques, sans puissance ni ardeur. On a parfois envie de le prendre à deux mains pour le secouer en hurlant « Kick un peu, enfoiré ! Redonne-nous une dose de Dans la capitale du crime ! ».

Au final, qu’en retiendra-t-on ? Un album pas dégueulasse, mais malgré tout loin des tops-productions que nous a livré le rap-jeu français en 2012. Difficile de réellement s’ambiancer sur ce flow soporifique après les sorties pleines de puissance de Z.E.R.O de Kaaris, ou de Paraplégique de Niro. Heenok a tout de même le mérite de dépasser son personnage un peu loufoque, considéré par la populace ignare comme un Morsay québécois, et livre une galette réussie sur de nombreux points.

Alors, Noirs et Professionnels ne restera certainement pas dans l’histoire. Mais le roi opère tout de même avec réussite sa livraison de bonne dose pure, et affirme sa place (atypique) dans ce paysage rap-music. Longue vie au roi.




  • 4 thoughts on “Roi Heenok – Noirs et professionnels

    1. Heenok n'a pas un accent quebecois, il est ce qu'il y a de plus francais au quebec. D'ailleurs le rap quebecois c'est merdique et tres souvent copier direct sur le rap francais avec l'accent les expressions et tout. Heenok c'est une parodie son truc et c'est fais pour le marche francais, personne ou presque ne connait ici si ce n'est que pour rire un peu. Mon medailon touche a mon penis, c'est pas du gangster rap ca, c'est de la parodie.

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