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Manga : Billy Bat

Lorsqu’on parle Manga dans les années 2000, on pense fatalement à Naruto ou One Piece. Ces deux gros succès commerciaux trustent les ventes depuis plus de 10 ans maintenant. Pourtant, un véritable petit bijou peut devenir la très bonne surprise de ces dernières années : Billy Bat. 

 

Avant de commencer, une petite présentation de l’auteur de ce Manga, qui n’en est pas à son premier essai. Naoki Urasawa s’est spécialisé dans le thriller depuis des années avec beaucoup de succès, notamment avec ses deux séries phares : 20th century boy et Monster. La tâche est donc plus difficile pour un mangaka de se lancer dans une nouvelle série après avoir connu un premier succès international (beaucoup s’y sont cassés les dents).

Mais de quoi traite exactement ce manga ? Le speech de départ est super simple : au sortir de la 2ème guerre mondiale, un fils d’immigré japonais (Kevin Yamagata) lance un Comic à Los Angeles «les aventures de Billy Bat».

 

 

Seulement, il apprend par hasard que ce même personnage a déjà été utilisé par un auteur japonais bien avant lui. Il décide donc de se rendre au Japon pour rencontrer l’auteur original et lui demander l’autorisation d’utiliser son personnage. C’est à ce moment là que de multiples révélations s’offrent à lui, que nous découvrons que cette chauve-souris existe depuis la nuit des temps, et qu’elle a influencé le destin de pas mal de grands hommes. Sans en dévoiler beaucoup sur le scénario, on apprendra que cette chauve souris est le dénominateur commun d'événements tels que la Trahison de Jésus, la conquête de l’espace, ou bien l’assassinat de JFK.

L’auteur a eu l’intelligence d’adapter son récit à un potentiel succès mondial en utilisant des faits historiques «occidentaux» qui ont ainsi plus d’écho chez nous. Mais que les fans de cultures japonaises se rassurent, certains faits qui concernent l’archipel apparaissent également dans le récit (la bataille de Sekihagara et les conquêtes d’Oda Nobunaga entre autres).

On assiste à une œuvre qui met en place les rouages d’une énorme théorie du complot, où la Chauve-Souris semble remplacer les illuminati et on se prend à s’imaginer l’apparition de nouveaux événements dans le manga encore en cours d’édition (11 Septembre, Allemagne Nazie etc...).

Structure du manga

Le manga séduit également par un style de narration atypique. Tout d’abord, nous avons souvent en introduction ou en conclusion de tomes des extraits des fameux comics. Et c’est là où on voit que l’artiste a fait le taf, car les codes de la BD des années 40 sont très bien respectés (nuages de fumées lors d’une baston, tous les personnages sont des animaux, etc). On a ainsi l’impression de lire des vieilles Bd qui ont traîné dans des garages (les vieux Pif et Hercule de notre enfance ...)

Ensuite, le récit se met à suivre sa propre chronologie et son propre espace. On jongle ainsi aisément du Japon médiéval aux USA des années 50, sans être réellement perdu dans l’intrigue. La chauve-souris et l’Histoire (avec un grand H) deviennent ainsi rapidement les personnages principaux de ce thriller bien pensé.

Le rythme de l’histoire est également très bon. On ne s’ennuie pas une seule seconde, et l’auteur semble prendre un malin plaisir à nous envoyer de fausses pistes. Nous pouvons rapidement passer dans une époque quelques chapitres à peine, tout comme y rester 1 ou 2 tomes entiers, mais cela se fait toujours au bénéfice du récit et on ne ressent aucun effet de lassitude.

Pouvoir de la chauve souris et charge contre Disney

Un autre thème frappe aux yeux, c’est l’influence de cette chauve souris, qui peut être bonne ou mauvaise. Ce rapport à l’influence est très fort, d’autant plus que nous avons là un sosie parfait de Mickey Mouse. On y ressent quand même un message symbolique assez puissant sur la volonté des Etats-Unis, durant la guerre froide, de façonner l’esprit de millions d’enfants, à travers le monde avec sa Souris, en apparence innocente.

Cela n’est pas étonnant de voir l’auteur justement envoyer une charge déguisée contre Walt Disney, étant donné que son mentor spirituel n’est autre qu’Osamu Tezuka. Un mangaka renommé pour 2 œuvres majeures : Astro Boy et le Roi Léo.

 

 

Il a souvent été reproché (surtout au japon) à Walt Disney d’avoir pillé l’œuvre originale d’Osamu Tezuka pour la création de son film à succès le Roi Lion. Ce n’est pas moi qui dirait le contraire, tant les similitudes sont nombreuses. C’est sûrement en réaction à ça qu’on peut voir une critique assez forte de Walt Disney à travers Billy Bat, avec le côté obscur des «Billy Land» ou bien le fait que l’œuvre entière de cette chauve souris se base initialement sur un plagiat d’une œuvre japonaise.

 

Bienvenue à Billy Land (source labasesecrete)
A gauche Walt Disney, à droite Chuck Culkin -créateur de Billy Bat- (source labasesecrète)

Pour conclure, Billy Bat possède les bases d’un très grand Manga qui mériterait un passage en animé pour toucher un plus large public. Espérons que le récit ne s'essouffle pas au fil du temps avec une multiplication de mystères en tout genre qui risquerait de perdre le lecteur (le fameux syndrome Lost). C’est agréable d’avoir une série qui peut nous sensibiliser sur l’influence néfaste ou bienfaisante que peut avoir un personnage pour enfant. Cette influence est d'autant plus importante que le personnage central (Kevin Yamagata) prend des allures de prophète avec ses bandes dessinées capables de prédire l'avenir. Une série que je recommande donc à tout le monde sans exception.

Mido Ban

 



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