hell

HELL (film, Tim Fehlbaum)

Dans la série on se prépare pour l'apocalypse zombie, il faut savoir habilement se documenter en vu d'être fin prêts le jour Z. Pour cela, il y a pléthore de bouquins et de sites pour prendre quelques bonnes astuces en matière de survie en environnement hostile. Les films sont aussi un excellent moyen de se documenter et ils ont l'avantage d'être beaucoup plus ludiques.

Et comme je ne sais pas lire, j'ai décidé de vous faire découvrir HELL : pas de zombies pour une fois, mais un bon petit film d'apocalypse sans prétention. Et en plus, il est allemand. Des films et des séries en milieu postapocalyptique, on en a tous vu et revu. Malgré le fait que la plupart de ces productions se rapprochent plus souvent du moyen -voire mauvais- que du classique incontesté, je garde toujours une fascination aveugle envers ce genre de film, comme un gosse qui attend un bonbon, ne se souciant pas du gout qu'il va avoir. C'est exactement dans cet état d'esprit que j'ai lancé HELL. Plantons le décor : Terre 2016, température extérieure avoisinant les 50 degrés, les beurettes ont déserté les salons d'UV. Réchauffement climatique 1 - civilisation 0 : pas de match retour. Plus d'eau, plus d'essence, plus de nourriture ou presque. Si vous avez vu cette énorme purge qu'est Le livre d'Eli, vous retrouverez dans HELL une atmosphère similaire. Denzel étant remplacé par 4 illustres inconnus tentant de survivre sous cette chaleur meurtrière. HELL

Sorte de road movie, HELL charme par de nombreux aspects. L'un des aspects les plus convaincants de ce film : son réalisme. L'ambiance visuelle, la photo est par exemple particulièrement léchée : la lumière pressante, aveuglante, la surabondance de poussière. Les personnages sont crédibles : ils parlent peu, sont sales, fatigués, réels. Bien interprétés et surtout de manière très homogène. En bref, l’extrême inverse des tocards d'acteurs de série B présents dans Revolution, (comme quoi le budget). Un bon point donc. La musique, ou plutôt l’absence quasi totale de musique, renforce elle aussi l'immersion. Le pitch est très épuré : Marie, sa petite soeur Léonie, et Philip ont pour seul but de boire et de manger. Scenaristiquement ça se révèle efficace. Malgré un rythme global assez lent, on ne s'ennuie pas une seule seconde, tout est bien maitrisé par Tim Fehlbaum, surtout pour son premier long-métrage, bien aidé par ... Roland Hemmrich, allemand lui aussi (et qui malgré son statut dispose d'une filmographie de navets assez importante). Dans la seconde partie du film, un rebondissement bien emmené fera basculer le ton du film pour le mêler avec la violence, l'angoisse. Nombre de petites scènes finissent en explosions de sang. Sans que ça soit du Tarantino, ça reste assez plaisant.

Pour conclure, regardez HELL, il le mérite. Loin des gros blockbusters post-apocalyptiques hollywoodiens fades et peu captivants (pour ne pas dire nuls à chier), HELL parvient a divertir malgré un sujet tout sauf original, et très peu de moyens. Divertissant par son ambiance et très crédible, aussi bien dans la réalisation globale que dans les comportements et les réactions des différents protagonistes ( notamment dans la manière de trouver de l'eau, c'est un détail, mais ça fait son petit effet), HELL a un vrai charme, et pour peu que vous soyez plutôt client de ce genre de film, je vous le conseille vivement. Allez, boostez moi cet effet de serre qu'on en finisse !

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