image1

Nuthin but fire Records (New Orleans) : Le feu sacré.

On est en 2002 à la Nouvelle-Orléans, l'album Nuthin’ But Fire met sur orbite le label éponyme Nuthin But Fire Records fondé par Sess 4-5

On est en 2002 à la Nouvelle-Orléans, l'album Nuthin’ But Fire met sur orbite le label éponyme Nuthin But Fire Records fondé par Sess 4-5, MC/producteur militant qui entraine dans son sillage quelques porte-flingues du crû - Jesse James, Da' Renegades, YG'z, 5th Ward Weebie, L.O.G.- plus pléthore de légendes du mic qui ont porté haut les couleurs rap & bounce de la ville durant la décennie précédente: Soulja Slim, Lil ’Ya (UNLV), Partners-N-Crime (ex-Big Boy records), Mr Marcelo (ex-No' Limit) et Ms Tee (ex-Cash Money).



En gros, l'album Nuthin’ But Fire condense tout ce qui a été mis en place en terme de production par les illustres Cash Money, Big Boy et No' Limit records au cours de la seconde moitié des années 90.

Alors que le label entrevoit un futur cousu d'or fin 24 carats, l'ouragan Katrina va venir se mêler à l'affaire. Autant deux ou trois puissants labels auront les moyens financiers de reconstruire leurs bases ailleurs, autant la catastrophe condamnera à une mort subite ceux-là même qui nagent entre deux eaux, c'est à dire les plus modestes.

Si la ville se relève doucement du K.O., elle a trouvé en Sess 4-5 un des ses acteurs et communicants les plus virulents pendant la reconstruction. En fait, Sess 4-5 s'agite, vocifère, réclame des dues, prouve chiffres à l'appui que les revenus colossaux qu'engrange la ville proviennent exclusivement du tourisme et des incarcérations, harangue les célébrités du rap, leur réclame d'être plus efficaces afin de faire profiter à la ville engloutie de leurs statuts médiatiques etc..
Lorsque Sess avoue qu'il a été arrêté plus de 35 fois, il en profite pour expliquer aux journalistes venus en masse couvrir la catastrophe que lui et ses congénères d'Uptown sont ni plus ni moins les instruments d'une police qui se doit de respecter les quotas, coûte que coûte, un scénario qui perdure à la façon de ce système de caste qui date de l'époque de l'esclavage.

Dans ce contexte chaotique, le résident du 9th Ward, section particulièrement touchée par les inondations, s'est converti en membre de la « Coalition to Stop Demolition ». En 2007, « No Surrender, No Retreat » est l'hymne des manifestations qui ont lieu contre la destruction des housing projects alors que les sans-abris sont pas moins de 12 000 à la Nouvelle-Orléans.

« Je viens du housing project de Desire. Cela fait 20 ans que j'attends qu'ils retapent la partie D, tu me suis ? Je sais déjà ce qu'ils ont prévu de faire de St. Bernard, de Magnolia, du Calliope et Lafitte. » entonne-t-il alors.



Question rap, Sess continue son bonhomme de chemin, accouche de la mixtape Da Louisiana Purchase en 2010, puis recrute une vraie légende du game, Lokee...
Lokee a été sans conteste un des meilleurs paroliers du rap des années 90 à la Nouvelle-Orléans, talent inné de narrateur qu'il est possible de réévaluer à partir de ses deux opus – I Got Dis et Voodoo Gangsta Funk – enregistrés pour Tombstone records en 1995 et 96.


« Lokee est un des meilleurs paroliers de la Nouvelle-Orléans que beaucoup ont tenté de comparer à d'autres. C'est un artiste complet. J'ai énormément de fierté en ce qui concerne le travail que nous avons fourni tous les deux, en tant que producteur je reconnais en lui un artiste aux talents multiples. Le futur s'annonce prospère pour ce gamin ! » louange à cet instant le producteur local Ice Mike.
Mal à propos, à partir du moment où le président/fondateur de Tombstone, Elton « June » Wicker Jr, est assassiné les problèmes s'enchainent pour Lokee. Le jour où les portes du pénitencier se referment sur lui, la sentence est lourde, 10 longues années durant lesquelles il écrira pas moins de 5000 chansons, 3 nouvelles et 2 scénarios de film.


L'infrastructure rythmique/sonore de Nuthin but Fire new age doit quasiment tout à la Bounce music du début, valeurs immuables de ce rap bondissant et rugueux grâce auxquelles la communauté noire locale a pu resserrer ses liens après l'ouragan. Ici, c'est de concert que Sess 4-5, le précité Lokee avec l'éclatant « Bang Bang », mais aussi Calliope Var, Mr Magic, 6 Ward Pook, Twizzy, John Quest, Young Sino, 8-9 Boyz, soufflent sur la mèche jamais éteinte de la Bounce louisianaise et dissèquent dans The Fall Collection l'insubmersible héritage que le hip hop contemporain n'a pas fini de
s'approprier.
Si tu rechignes à danser là-dessus, c'est que tu t'es acheté une cagoule de pénitent au rabais, soit que t'es mort, homie !

One thought on “Nuthin but fire Records (New Orleans) : Le feu sacré.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *