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Mala - Première Sommation (explication de texte)

Explication de texte de rap sauce Captchamag : deuxième salve, Première Sommation ! Cette sauce est chaude, négro ! Grosse saveur dans la gorge de Laouni ! Mazalaza est dans le palais.

Soyez attentifs : alors que l'instru démarre doucement, que l'ambiance semble prendre le temps de s'installer, Mala entre tout de suite dans le vif du sujet : 0'05, son petit cri d'oiseau autotuné (déjà entendu dans OG" retentit. Meilleur gimmick du rap game !
"Cri d'oiseau", en sommes-nous bien certains ? Le cri semble plutôt caractéristique du Velociraptor ! L'animal, parmi les plus dangereux prédateurs que la terre ait porté, chasse en bande. Coïncidence ? Mala démarre son couplet en dédicaçant ses fidèles équipiers ("Souvent comme Elie ou Houdini je suis dans l'délit»). On oublie vite l'hypothèse du simple concours de circonstances : alors que Mala répand déjà ses substances pro-actives dans l'atmosphère musicale du morceau, il assimile son équipe à une bande de ninjas ("Sous fumée, ninjas qui dégagent l'odeur de ganja»). N'en jetez-plus ! Si les tortues-ninjas ne juraient que par le bon fumet de la pizza new-yorkaise, les ninja-raptors du 92I préfèrent une herbe plus relevée que la provençale qui accompagne la 4 Saisons. Izi !

1190722385Mais alors, pour qui est cette première sommation ? "Mazalaza 92i soldat vous dit : pendez les !». Référence aux X-Men ? Que nenni, mon bon ! Quel est le dernier rappeur à avoir posé "Pendez-les" en toute impunité ? Un indice : le bout de sa barbichette est pointu ! La Fouine - Pendez-les

Notez la façon dont l'autotune est optimisé : Booba, prends-en de la graine ! Mala c'est un des seuls gars chez qui l'autotune apporte quelque chose. Sa voix tiraillée y est pour quelque chose, pour sûr négro ! Entends-tu l'ambiance qui se dégage de ce morceau ? C'est quelque chose ! C'est pas ta barbiche qui traine près des enfants malades !

Maintenant, pour toutes les salopes qui imaginent que transformer sa voix, c'est pour faire des sons joyeux, des refrains semi-rnb puants, et autres purges musicales sans saveur, Mala vous tape dans la raie : le coeur sombre, l'âme torturée, Don Miloud tabasse le beat et enchaine ses démons "Dans l'coeur bat l'chant d'la haine, d'un noir sous scellé, emmêlées sont nos pensées, sous clés».

Tout est noir, à l'instar du Batman dépeint par Christopher Nolan. Confirmation de l'analogie quelques mesures plus loin : "J'dois former mes lionceaux" rappelle la passation de pouvoir entre Bruce Wayne / Christian Bale et John "Robin" Blake / Joseph Gordon-Levitt. Former, conseiller, assurer la descendance, la succession : éléments classiques de la survie d'une meute d'animaux féroces. Malaciraptor !

Quelques lignes et une grosse punchline plus loin ("J'dois monter ma tour de business", posé de manière telle que l'on croit dans un premier temps comprendre "Tour de Pise" : "monter ma tour de biiiiiiiz ... ness !"), fin du couplet.

Toi qui croyais pouvoir souffler le temps du refrain, tu te mets le doigt dans l'oeil ! Rappel de sommation ("Je vous somme de rester loin") et conseil avisé ("Écoute bien, c'est pour ton bien") : l'homme est determiné, dangereux. Un ennemizi public numéro un, un John Dillinger, mais sans cette pute de Marion Cotillard à ses côtés.

Le deuxième couplet s'amorce avec fureur. Après ce tour de chauffe, il faut passer à la vitesse supérieure, libérer un peu la rage pressentie dans le refrain. On croit reprendre en douceur ("A toutes ces salopes bornées, mon doigt j'viens dédicacer") mais on se rend compte un peu plus loin que la douceur est rectale ("Manque plus qu'un doigt dans leur cul"), et plutôt rude. Preuve que la hache de guerre n'est pas enterée, Mala envoie un vengeresque et prometteur "moi les affaires classées j'connais pas, n'oublie pas". L'histoire n 'est pas finie !

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"Poulet braisé, yassa, tise et spliff assuré à qui ramènera la barbe de ce petit enculé" ! Mala tape dur ! Il en veut vraiment au rappeur-pointeur, on sent sa haine tenace. La récompense est grande : victuailles en tout genre, breuvages alcoolisés, et herbe digestive. Que tous les preux chevaliers du royaume se lancent à la recherche d’Émile ! Mais quel sort sera réservé au sus-cité Fouiny ? "J'ai préparé un arbre pile-poil pour l'enfiler" ... ouuuch ! Le toucher rectal du deuxième couplet raisonnerait presque comme une faveur face à cette sentence élargie ! Remarquez que le beat se coupe succinctement quand Mala prononce "enculé». Deux fois, à chaque fois avec une violence feutrée : "À qui ramènera la barbe de ce petit enculé» puis "Qui m'a tiré dessus ? se demande ce petit enculé».
Cette dernière phrase est de loin la plus marquante : en quelques mots, Mazalaza aligne tous les clashs entendus ces dernières semaines, de Wesh Zoulette à TLT, d'AC Milan à Autopsie 5. Mis l'un à côté de l'autre, giflés, comme si Mala, le lion, passait en revue une bande de lionceaux un peu trop aventureux, comme si Don Miloud, le parrain, récupérait sa part des rackets de commerçants, à coups de baffes de cowboy dans les gencives.

Du vélociraptor chassant en équipe, Mala se métamorphose donc lentement en lion, majestueux roi de la savane, solitaire dans sa royauté, craint dans sa grandeur. Évident : pas besoin de renforts face à un chaton limite lolcat. D'un coup de patte, le lion lui arrache la tête. "Tu vas miauler !»29266 - comic dinosaur nazi velociraptor

L'image est forte, le chafouine dégouline de sang, la moitié du crane arrachée, le cervelas apparent. C'est l'heure du coup de grâce, catch à l'arrière ! Mala monte sur la deuxième corde, TU VAS MIAULER !

"On s'croisera tôt ou tard salope : tu vas miauler»

Sentez la haine, elle se hume à plein nez ! C'est celle d'un taureau près à charger, d'un procureur face à un multirécidiviste, la haine réelle, celle qu'un real OG éprouve face à un pointeur ! Le vélocirappeur gronde, et termine sa sommation par une menace bien sentie. "On te saucissonnera" raisonne pendant de longues secondes, figeant momentanément le temps, comme lors d'un 187 bien exécuté : la balle atteint sa victime en un instant furtif, mais son impact est tel qu'il déchire l'espace-temps, si bien que le centième de seconde semble durer des heures.
Qu'elle vienne d'un barillet chargé ou de la griffe acérée d'un vélociraptor, la première sommation est brusque et violente. Meilleur morceau rap de l'année 2013, elle annonce de nouvelles festivités et suppose, si l'injonction reste veine, l'usage de la force.

TU VAS MIAULER



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