GANGSTERS-GUNS-BLOCINEGEEK

Gangsters, Guns and Zombies

Gangsters, guns and zombies : ajoute rap et nazis, et t'as le slogan de Captcha Mag. Tu croyais vraiment qu'on pouvait passer à côté de ça ?

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Premier long métrage de l'anglais Matt Mitchell, Gangsters, Guns and Zombies (GGZ) est avant-tout un pari : celui d'aller au bout d'un projet de film, sans aucun moyen (budget total : 1500 euros !), juste avec sa bite et son couteau. Et de ce côté-là, c'est clairement une réussite : les 88 minutes tiennent la route, malgré de (nombreux) défauts.

Un point rapide sur le scénario, pas vraiment fouillé, pas spécialement travaillé : une bande de cinq gangsters, suite à un braquage, se retrouve dans une camionnette, se croyant poursuivie par la police. L'un d'eux est blessé et se vide de son sang. On se rend vite compte que la police a autre chose à foutre que poursuivre ces cinq paires de bras cassés : priorité donnée à l'invasion de zombies.

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Alors oui, remplace la camionnette par un entrepôt désert, et t'as le spitch de Reservoir Dogs. La comparaison ne s'arrête pas là : on sent que Matt Mitchell se bute à Tarantino et Guy Ritchie. Sa réalisation s'en inspire énormément, un peu trop peut-être. On a parfois le sentiment de voir une mauvaise contrefaçon de Snatch, et on regrette qu'il ne cherche pas un peu plus à affirmer son propre style. D'autant qu'il manque le principal : le rythme !

On s'ennuie effectivement très vite, la faute à un scénario parfaitement plat. Les gangsters cherchent une hypothétique planque, se demandent s'ils doivent conduire leur poto blessé à l’hôpital, cherchent de l'essence ... et ça s'arrête là. Hormis lors d'une sympathique scène de course-poursuite (à pieds hein, c'est pas avec 1500 balles que tu réalises des courses-poursuites en vago), on ne voit que peu de zombies. On les voit de loin, et souvent de manière très anecdotique. Ne cherchez pas la moindre trace d'effets spéciaux : une boite de maquillage pour enfants, un demi pot de ketchup, et c'est partit !

 

 

Mais il n'y a pas que du mauvais dans Gangsters, Guns and Zombies : un bon point pour les acteurs, qui, malgré l'écriture famélique de leurs rôles, arrivent à donner corps à leurs personnages. C'est surjoué, parfois même caricatural, mais le sujet du film s'y prête, et au moins ça donne un peu de gueule à cet ensemble bien trop vide.
Quelques bons gags apportent eux aussi un léger souffle à cette "comédie" ... malheureusement ils sont trop peu nombreux, et surtout noyés dans un océan de vannes rincées.

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Les jacquettes ont toutes plus de gueule les unes que les autres. C'est généralement le premier signe qui met en garde contre un mauvais film.

 

 

Au final, il n'y a pas grand-chose à dire sur GGZ : un film pas foncièrement mauvais (surtout en considérant qu'il s'agit d'un premier film, avec un budget inexistant), mais clairement pas bon, la faute à un scénario beaucoup trop plat, et à une réalisation trop empruntée, pas assez rythmée. Un bon spitch de base (gangsters, flingues et morts-vivants ... que demander de plus ?), on sent de l'idée, de la bonne volonté, on imagine allégrement le résultat que Matt Mitchell attendait. Malheureusement ce n'est pas suffisant.

On lui conseillera donc, pour son prochain film, avec probablement un budget un peu plus conséquent (GGZ est distribué internationalement, y'a moyen pour lui de gratter quelques bons billets), de moins s'inspirer de ce qui a déjà été fait, de donner un peu plus de matière à son scénario, et enfin, de ne garder que les vannes efficaces.

A un moment y'a aussi une tronçonneuse. C'est classique, des zombies découpés à la tronçonneuse, mais ça fait toujours son petit effet. Faudrait une tronçonneuse dans chaque film, quelque soit le genre. Garde ça pour la suite, Matt.



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