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La Cité Rose

"Mitraillette" a 12 ans. Il vit à la Cité Rose, sa cité qu'il ne quitterait pour rien au monde.
Son univers, c’est sa famille : Isma, son cousin de 16 ans, qui admire Narcisse, le caïd du quartier et prend un mauvais chemin. Son grand frère, Djibril, 22 ans, étudiant à La Sorbonne et qui rêve de devenir avocat. Mitraillette, lui, aimerait juste sortir avec Océane, la plus belle fille du collège...
Leurs destins sont liés, au sein d'un quartier, au coeur de ses tours où les rêves, parfois, se payent cash

Réalisé par Julien Abraham, La Cité Rose est le nouveau « film de banlieue » (genre typiquement français) de l'année 2013. La première fois que j'en ai entendu parler c'était via un clip de Youssoupha donc autant dire que ça partait super mal. L'affiche laissait imaginer une niaiserie impressionnante et les extraits c'était pas franchement mieux. Par contre faut vous prévenir, dans les 5 premières minutes y'a du Manu Chao. Si on est pas au courant ça fait flipper.

A l'arrivée, plus de peur que de mal. Déjà parce l'influence revendiquée de La Cité des hommes est plutôt bien digérée (un copier coller aurait été catastrophique) et adaptée : le film n'en fait pas des tonnes sur le ghetto mais ne l'édulcore pas non plus, bien que la narration passe par un enfant (Mitraillette, joué par Azize Abdoulaye Diabate). C'est l'atout majeur du film, le héros est assez attachant, a la naïveté d'un gamin mais reste parfaitement lucide sur son environnement (le deal, son père absent, son cousin qui tombe lentement mais sûrement dans l'illicite, etc).

Pourtant le gros point faible c'est le casting, mix d'acteurs non-professionnels et de « vrais » comédiens. Ça fonctionne très bien pour les gosses qui sont tous très spontanés comme il faut, par contre ça coince avec les plus vieux. Notamment Ibrahim Koma qui en plus se tape souvent les scènes les moins subtiles, celles où on attend qu'un type en bas de l'écran sorte une pancarte avec marqué en lettres capitales « la morale de cette séquence est la suivante : les préjugés c'est caca ». Du côté des « méchants » qui tiennent le terrain, sans être fabuleux non plus ça reste correct, ils sont pas ridicules et c'est aussi un bon point : malgré le ton plein d'espoir du film y'a des scènes qui ne trichent pas niveau violence. Après c'est pas Menace II Society non plus ça c'est clair. L'intrigue ose presque le tragique et ça permet d'esquiver le côté bisounours qu'on pouvait craindre.

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En sortant de la salle y'a un critique (c'était peut-être pas un critique mais en tout cas il était vieux et il avait des lunettes) qui disait à un autre « c'est marrant, y'a rien niveau réalisation, les acteurs non plus, y'a pas d'idée de mise en scène... mais c'est mignon ». Bah en virant le côté condescendant de la réflexion, parce que le long-métrage n'a rien de honteux face à la majorité de la concurrence niveau ciné français, c'est en gros le cœur du truc : une bonne idée sur le papier qui pâtit un peu de son passage sur grand écran par manque de maîtrise. Vu que c'est son premier film, Julien Abraham s'en tire quand même pas trop mal. J'espère qu'il va step up son game et revenir en ayant corrigé ses défauts, ça peut donner des bonnes choses. Ou alors il va finir comme Djamel Bensalah et je regretterai d'avoir écrit ça.

Mais je sais ce que vous vous demandez : est-ce qu'on entend la musique pourrie de Youssoupha dans le film ou pas ? Bah non. Par contre le refrain du générique de fin c'est Soprano, comme quoi, on peut pas tout avoir dans la vie.

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