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Captcha se met sur son 31 pour la remise des Gandins du Rap !

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Ne me parlez pas de la dégaine de Lil' Wayne, encore moins de celle de Soulja Boy... gimmicks vestimentaires d'éternels ados qui se la racontent swaggy sous couvert d'être d'impitoyables hommes d'affaires. Nul doute que le code génétique du rappeur est devenu plus équivoque. Je ne comprendrais jamais un MC qui veuille devenir le Lil' Wayne d'après l'an 2000. Même s'il parle de drogues ou de fesses, Wayne est devenu une sorte de robot androïde du bling sous Prozac, un gars qui a définitivement laissé le côté homérique du rap au vestiaire... Wacka, quant à lui, avait le potentiel, mais il s'est avéré qu'il était un agneau déguisé en loup.

En fait, il fut un temps où le producteur/rappeur ne simulait pas. Il avançait à découvert, le gilet pare-balles sous le veston, la bible ou le coran sous le bras et voulait à tout prix ressembler à Marlon Brando du Parrain, à Al Pacino de Scarface, à Paulie Cicero des Affranchis...

Se dégageait de lui cette persévérance souvent mortifère à s'élever du bourbier. Se manifestait ce devoir impérieux de rallier coût que coûte cette îlot argenté ou terre promise perdue au beau milieu d'un océan d'arrivisme et de brutalité crasse, qu'il allait falloir traverser à la rame pour entrevoir soleil et palmiers.

2Vu la brièveté promise à sa vie, le rappeur/producteur n'hésitait jamais à crever sa tirelire afin d'achalander à prix d'or son vestibule, bravant du coup des siècles de spoliation, des lunes d'infortune : « Dis moi ce que tu portes sur toi, et je te dirais qui tu es ! » rappait-il alors, voix grave et morgue pleine.

Or, tous savaient pertinemment qu'aucune fille ne s'est jamais plainte de l'infinie douceur de la cravate en soie qui file entre ses cuisses, de la froideur polaire de la Rolex qui cours impatiemment dans le creux de ses reins, encore moins du bout incandescent du Bolivar Gold Medal qui sait, bien mieux que son effluve vaginale, parfumer la jungle luxuriante de son triangle d'or.

« C'est ton Gat que je sens, chéri, ou bien tu es en joie ?» interrogeait-elle, suffoquée par la consistance de son calibre en acier trempé, avant d'entamer une sarabande à trois à laquelle était conviée, lui, elle, mais aussi l'ange Gabriel tatoué sur son dos glabre de MC/producteur tout-puissant.

Bon, j'arrête d'extrapoler. Il est temps de distribuer les Gandins du rap, comme d'autres distribuent les Molières, d'autres les baffes, certains autres, les prospectus etc – Liste non-exhaustive ça va de soit !

GANDIN DU RAPPEUR QUI RAPPE (TOUJOURS) : SCARFACE.

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A le voir ainsi endimanché et titiller son barreau de chaise, il ne fait aucun doute que le boss du Grand Sud, le caïd de Houston, c'est bien Scarface et nul autre. D'autant plus qu'il est celui qui a pavé la route, et qui, micro en main ou pas, leur a tout appris ou presque à ceux qui (depuis) rappent ou le plus souvent, chuintent. Le jour où, épaulé par les deux machiavels nordistes, Jay-Z et P. Diddy, T.I. s'est auto proclamé « King of The South », cézigue s'est écrasé. Il a laissé le pseudo monarque d'Atlanta et son soldat Lil Flip se dérouiller, sachant que la vérité finirait un jour par émerger de la boue. Depuis, T.I. a sorti quelques titres, bon nombre de bluettes, des albums dont tout le monde se fout. Scarface, lui, a toujours répondu présent, sortant des projets indispensables, des classics inaltérables, comme d'autres sortent leur toutou pour le faire pisser, c'est à dire sans trop de vagues, sûr de son fait. Il est à tout jamais le boss de la rime, le big boy du Geto, je vous dit, le Gandin du rappeur qui rappe est pour lui !

GANDIN D'HONNEUR : MASTER P.

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Encore fallait-il que le SON de son No Limit de label rapporte du blé. Bref, qui dit SON dit de la bonne avoine pour bétaillères mais aussi cette imagerie sans laquelle le rap n'est rien. En s'attaquant brutalement au concept, Master P avait déjà tout compris en 1995, les autres, les Cash Money, Maybach Music et consorts n'ont fait qu’appliquer l'implacable recette du tank doré. Le jour où P a échangé sa casquette à l'envers contre un costard, il était devenu l'une des grandes fortunes de son pays. Pas moins. Puis, il s'est comporté comme tous ces parvenus du hip hop des années 90, à négligé de payer ses artistes et producteurs, enfin, de fil en aiguille, encornés par le pugnace Pastor Troy, sa crédibilité et son compte en banque ont fondu comme neige au soleil. Qu'importe. Lorsqu'en Alabama, en Floride en passant par le Tennessee vous évoquez le nom du plus grand producteur de tous les temps, tous à l'unanimité clament le nom de Master P.

Grâce à lui, beaucoup ont appris qu'un label est plus exigeant qu'une fille, qu'il faut le bichonner sans cesse et ne jamais lui tourner le dos...

Gandin d'honneur donc pour Master P !

GANDIN DE POCHE: Mr POOKIE

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Mr Pookie est de Dallas Qui dit dallas dit la ville de JR Ewing, suppôt télévisuel du Bushisme en devenir made in Texas, chef réaliste de l'entreprise pétrolifère qui sévissait dans la série américaine éponyme des 80's où on n'apercevait jamais aucun Noir, ni le moindre Latino. Rien de neuf sous le soleil sudiste en ce qui concerne le cinéma US. Déjà en 1958, King Creole, long-métrage musical de Michael Curtiz (starring Elvis Presley) déambulait pendant 116 minutes dans les rues et les clubs de la Nouvelle-Orléans, ne montrant jamais ce qu'Hollywood avait décidé de bannir de la pellicule tournée dans une ville composée à 75% d'afro américains.

En ce qui concerne le rap, Mr Pookie avait la dégaine, le flow, son album Tha Rippla (2000), un hit régional en béton Crook For Life, mais n'a jamais confirmé les espoirs fondés en lui... too bad !

Rien que pour ça, je lui décerne le Gandin de poche

GANDIN A PERPETE : BIG LURCH

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Antron Singleton alias Big Lurch a débuté son périple au sein de Cosmic Slop Shop, trio rap qui faisait dans le hippie/crunk hip hop (Da Family 1998) du côté d'Oakland.

En 2002, Big Lurch est incarcéré pour cannibalisme. Les raisons ? Il est accusé d'avoir dévoré certaines parties du corps de sa colocataire après après l'avoir estourbi, acte commis sous l'emprise de la Phencyclidine, drogue qu'il prenait couramment afin de calmer les douleurs persistantes dues à un grave accident de voiture survenu en 2000.

En 2004, le notoire label Black Market décide le soutenir en réalisant It's All Bad, le dernier dernier projet de Lurch à ce jour. Gadin ou pas Gandin ? Telle était la question que posait la pochette de l'album... Métaphore shakespearienne ambiguë, avec un Big Lurch arborant costard funéraire, chapeau de croque-mitaine et crâne humain de circonstance, qui allait pousser la mère de la victime à intenter un action en justice envers Black Market Records.

Depuis, Big Lurch purge sa sentence à vie dans divers pénitenciers de Californie.

Nul autre que lui mérite le Gandin à Perpète !

GANDIN « PIMP » : PLAYA G

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Gerald Jenkins alias Playa G est de Memphis. Sa dégaine casquette à damiers et bretelles faisait mal en 1996 en couverture de Pimp Shit, opus axé sur la manière de vivre dans la clandestinité du ghetto à Memphis, mais tout autant sur « comment parler aux filles afin de les séduire, sous couvert qu'elles ne vous refusent plus jamais rien ». J'ai pas mal appris en écoutant Pimp Shit, peu sur les filles, soit, mais l'essentiel sur Memphis et sa culture pimp.

A Memphis, le pimp rap n'exprimait rien d'autre que cette filiation avec la funk moite que les maquereaux écoutaient en boucle dans leur rutilantes poubelles pendant les années 70, attendant que leurs poules, le cul chauffé à blanc par les passes successives, ramènent le butin avec en guise de remerciements torgnoles, mais aussi délicatesses.

8Ball & MJG en ont fait leur cheval de bataille, Playa G et DJ Nite en ont fait un seul et unique monument du genre.

J'associe la fille qui pose ici (back & front) à la remise de ce Gandin « Pimp » enlevé d'une courte passe par Playa G.

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GANDIN DE PLATINE A TITRE POSTHUME : PIMP C

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Le jour où Pimp C est mort, c'est à chaudes larmes que l'immensité du Grand Sud a pleuré sa perte. En fait, bouquiner la vie de Pimp C, c'est un peu lire la vie de Jésus, mais noir. La vérité est que Pimp C est biblique ! On peut tourner et retourner sa biographie dans tous les sens, difficile de trouver quelque chose à lui reprocher à feu Chad Butler.

Sens de l'éthique et du devoir, droiture de tous les instants, pourfendeur de la rime riche, brillant porte parole du ghetto à papa, Pimp C véhiculait la poésie terriblement épique des Black ou bien Willie Dynamite, héros « pimp » de la Blaxploitation, devenus icônes rap par atavisme.

Et puis, il y a cette mort subite, cependant parfaite, dans un sommeil plombé par le sirop pourpre... sans jamais avoir baisé les pieds des nordistes qui ont mis des lustres à accepter sa colossale influence.

Bref, Gandin de platine à titre posthume pour C. #RIP

GANDIN DU MEILLEUR ESPOIR : KEVIN GATES

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Kevin Gates est né à la Nouvelle-Orléans, ça aide.. Puis, il a déménagé à Baton-Rouge, ça aide aussi quand tu t'es fixé cet objectif à risques qui est de devenir un rappeur au pays des alligators à la mâchoire sertie d'or!

Très imprégnés par le côté mélodramatique légué par les mentors de la ville (Lil Boosie, Young Bleed, Max Minelli) il y a beaucoup de diversité dans les raps de Gates... Mixtape bâtie autour d'un des personnages les plus violents du Parrain interprété par Lenny Montana, The Luca Brasi Story déroule son gumbo mercenaire, très riche en mélodies, décors variés, vulnérabilité, intégrité, thug lyrics, club banger, avec toujours la rue comme canevas...

« In a rain storm in the blizzard, expressing all of my feelings

Paps never took me serious, Mama never wanna listen,

Stomach hurting, my pockets empty, how dare a nigga wanna tempt me,

In a dark room, all prayed out, ain’t never sat in no Bentley. »

Gandin du Meilleur Espoir pour lui !

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