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Hyacinthe - Cheveux rouges (explication de texte)

Explication de texte de rap, sauce Captchamag : épisode 3. Hyacinthe - Cheveux rouges (comme le sang qui sort de sa chatte).

"J’veux du pesto, un pute achetée sur E-Bay" ... Mais dans quelle substance hallucinogène a donc tapé Hyacinthe ? Cette première mesure décontenance immédiatement l'auditeur : du pesto ? Quel rapport avec un tapin vendu par correspondance ? Ce petit enfoiré est-il partit pour nous pondre un texte sur son amour des pâtes bien faites ? Faut-il s'attendre ensuite à une rime sur la sauce bolognaise ?

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Hyacinthe n'est pas le seul rappeur à lécher des chattes remplies de pesto

Que nenni !

"Ma langue ressort verte de sa chatte" ... génie ! Combinant dame de petite vertu et sauce colorée, l'homme-hyacinthe invente le cunnilingus verdoyant. Grandiose ! D'autant que l'image est porteuse d'un double-sens : la "langue verte" est un "langage libre et cru, voisin de l’argot". De quoi offrir au rappeur la justification parfaite pour déblatérer en toute liberté, laissant libre cours à un vocabulaire aussi chatoyant que malsain.

La preuve quelques secondes plus tard : "mes organes génitaux vont te frapper en suivant un rythme ternaire" ... ouch ! La violence est dans l’humiliation sexuelle portée à la victime du ballottement de couilles. Là encore, le sens est double : car le rythme ternaire peut-être entendu au sens musical, littéraire, mais aussi et surtout, chimique. Ainsi, un composé ternaire résulte de la combinaison de trois corps simples ... Une bite + deux couilles = trois corps simples. Et ce n'est pas fini ! Car Hyacinthe n'est pas qu'un prédateur sexuel avide de sauce génoise. Il est aussi amour et sentiments, passion et tendresse : "avant de se vider sur tes seins pour se rapprocher un peu plus de ton cœur". La violence des coups donnés par ses organes génitaux n'étaient donc qu'un préliminaire à ce jaillissement amoureux. Un mal nécessaire, en somme.

Le rythme ternaire évoqué quelques lignes plus haut ne doit pas être confondu avec la personnalité binaire du rappeur : "tu peux m’croiser en club ou au fond des catacombes". Le club : lieu de fête, d'excès et de débauche. Les catacombes : froides, humides, évoquant la mort et les ténèbres. Pourtant, ne cherchez aucun paradoxe dans cette dualité. Club et catacombes sont le refuge des créatures de la nuit. Vampires aux grandes dents, ou connasses aux jupes courtes, l'existence des dites-créatures poursuit le même but : une quête (vénale pour les uns, fiduciaire pour les autres) quotidienne de liquide.

VampireBitchMais comment lutter contre ces avides rapaces ? Tout simplement en faisant revenir un héros mythologique : Hyacinthe, fils d'Amyclas, aimé d'Apollon et de Zéphyr ! Le concept est clair : il n'est "pas un mec sympa", mais "juste un fils de pute plus talentueux qu’les autres". Le talent ! Voila ce que ces enfants de putes de rappeurs oublient bien trop souvent ! Et dans ce domaine, le boug n'est pas en reste. Son cerveau fourmille de saloperies et de cette folie propre à tout bon génie. Un génie, dites-vous ? Frottez sa bite, il sortira de la lampe, prêt à exaucer un nouveau fantasme saugrenu : "on foutra des meufs à tête d’enfant dans la benz".

Seize mesures déjà achevées : REFRAIN ! Parfait résumé de la personnalité bipolaire du MC, la rengaine démarre très logiquement par un condensé très succinct de son univers : "Pétage de plombs, baisage de blondes". Folie psychiatrique et folies de son corps. Et comme le gars n'est qu'amour, il donne du sien, prêt au moindre sacrifice : "dévergondage de thons". Et voila qu'on arrive enfin à la phrase qui donne son titre au morceau : "elle a les cheveux rouges comme le sang qui sort de sa chatte" ... Alkpote n'aurait pas renié la paternité lyricale de ce bijou de crasserie ! Un thon aux cheveux rouges, difficile de ne pas rejeter violemment la pauvre fille. Mais Hyacinthe filtre son dégout : "bouge pas ma grosse, j’fais une photo instagram !"

Deuxième couplet, repart-on sur les mêmes bases ? Aucune trace de pesto, et pourtant, la cuisine italienne refait surface : "contempler mon empire en bouffant des macaroni". Sage ambition. "J’vais kicker l’truc sur scène jusqu’à c’qu’il y ait des vagues, et pareil au pieu, pour ça que j’aime les fats". La métaphore est superbe : les mouvements de foule crées en concert se retrouvent superposés dans les courbes alléchantes de la femme pulpeuse.

"Ratio parfait : une fois et demi mon poids. J’te laisse réécouter parapluie pour qu’tu fasses le calcul exact" : le mec joue avec une fan-base qu'il n'a pas encore. Pour l'auditeur qui n'a pas saisi la référence, dans son morceau "Parapluie en peau de serpent", Hyacinthe balançait : "boulimique d'insultes pour 58 kilos". A la Rap Genius, lançons-nous donc le calcul. 58 X 1,5 = 87. La matonne souhaitant alpaguer le gars Hyacinthe doit donc se présenter à lui avec une pesée minimale de 87 kilos. Car l'enfoiré veut déguster de la chair ! Preuve en est, deux lignes plus loin : "masque d’humain je porte comme Hannibal Lecter".

Final Four
Crédit photo : Chroniques Automatiques

Hannibal Lecter !? Mais alors, doit-on s'effrayer du personnage ? Balivernes ! Hyacinthe n'est qu'amour, faut-il le répéter une fois de plus ? Il distribue les coups de bites comme d'autres distribuaient les pains : "j’viens vous prendre en même temps toi et ta sœur c’est mon côté lillois". En somme : tout le monde aura le droit à son coup de butoir, et puisque le mariage est pour tous, légalisons l'inceste.

Et le bonhomme assume parfaitement sa vulgarité, presque gênante tellement elle est obscène : "ma maman connait mes sons" ... imaginez-vous faire écouter cet amoncellement d'immondicités, cet hymne au cunnilingus coloré et à la rougeur des menstruations ... à votre propre mère ? Et pourtant, la sienne connait le côté obscur et scabreux de son rejeton. Une réalité presque indécente, joyeusement prorogée par un fantasque egotrip, concluant idéalement trois minutes insoutenables de vulgarité : "la chatte de ta meuf connait mes ongles et ta maman connait mon gland, salope !"

La chatte de ta meuf connait mes ongles et ta maman connait mon gland, salope !

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