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Manga : I am a Hero

En cherchant de nouvelles collections de manga plus adultes (seinen, pas hentai), je suis tombé sur une série sympathique qui pourrait être le pendant nippon de Walking Dead. Présentation.

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La passion de la rédaction de Captcha pour les zombies n’est plus à démontrer. On vous a chié quand même une multitude d’articles sur le thème et on vous les a présenté sous tous les formats (cinéma, séries, comics, Japanime et même en rap). Mais il y a encore un média qui n’a pas encore été exploité, c’est le manga pur et dur. Celui que tu vas acheter quand tu es un mec bien, ou bien celui que tu récupères en scan parce que ça te fait chier de payer 7 euros pour un volume (je ne parlerai pas de toi petit enculé qui squatte les rayons de la Fnac pour bouquiner sur place comme si t’étais chez ta mère). Il y a quelques semaines, en me promenant dans une Japanexpo, une hôtesse de Kana m’a branché sur une série que je connaissais pas : «I am a Hero». Elle m’a garantit que la série était parfaite pour satisfaire mon envie de sujets matures et morbides, avec quand même une petite précaution : ne te contente pas du premier tome, prends les deux premiers minimum. Et évidemment, c’est un bon conseil, parce qu’on va pas se mentir, le premier volume est ultra poussif, jusqu’au cliffhanger final.

Evolution du récit

Paye ton héros ...
Paye ton héros ...

En gros, le premier volume nous plante le décor et nous présente le personnage principal en profondeur. Il s’agit ici d’Hideo Suzuki, un mangaka un peu looser (la figure classique des héros du genre). L'intérêt ici est de voir à quel point  le perso pue vraiment la loose, un mangaka un peu parano, peureux, avec une copine qui le prend un peu pour de la merde.

La pression monte cependant au fil des pages, avec une présence de plus en plus oppressante de la menace. Cela se fait de manière subtile, les protagonistes n’y prêtent pas du tout attention, mais nous, lecteur avertit, sentons que ça va venir. Ça commence par des news qu’on entend en fond sonore, une femme qui mord son mari. Hop une autre affaire de cannibalisme le lendemain etc ... Et une fois que l’invasion est vraiment là, le rythme accélère enfin au fil des volumes suivants.

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Une réalisation et un angle soigné

La version bébé d’un des monstres
La version bébé d’un des monstres

Tout d’abord au niveau des graphismes, c’est très propre. On est proche des codes du seinen, avec des personnages plutôt réalistes, idem pour les monstres. Il faut savoir qu’on n’est pas dans du zombie classique, ici, les monstres sont un tout petit peu conscients, prononcent des phrases en boucle, propres à leurs personnalités (exemple un facteur qui cherche à te bouffer en gueulant : «Voila le courrier ! Voila le courrier»).

Les modes de contaminations et la propagation restent par contre classique : un virus d’origine inconnue et une contamination par morsure.

Contrairement à une série comme Walking Dead où le héros découvre le monde après un coma, ici nous avons le déroulement étape par étape du chaos dans lequel se plonge le monde. Cela donne vraiment des doubles pages très belles. Le découpage des planches donne du rythme, et les décors sont très précis et maîtrisés.

Par ailleurs, on à souvent plusieurs doubles pages qui se chevauchent ce avec à chaque fois de petites modifications pour faire monter la pression.

Un exemple de l’envahissement de foule en 3 étapes :

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 Les thèmes abordés

Comme toute bonne œuvre de zombies pas trop voyeuriste, ce manga nous plonge dans tous les travers de la société japonaise. Une société finalement très individualiste, où on ne fait plus vraiment attention à son entourage. La scène au dessus l'illustre très bien : au milieu de la foule, des gens se font dévorer sans que personne ne semble y faire attention. Des tas de scènes de ce style sont présentes tout au long du récit, rappelant parfois les scènes les plus drôles de Shawn of the dead, qui décrivait les mêmes dérives.

Autre aspect du manga : la manière dont les persos sont tous plus au moins déjà zombies avant l’heure. Ils ne prêtent aucune attention aux détails, bouffent les informations sans les assmiler. Le mode de vie métro-boulot-dodo les a complétement lobotomisé : la ville a beau être à feu est à sang, leurs préoccupations restent terriblement terre à terre. Le héros se demande s’il risque de finir en prison lorsqu’il tue un zombie, d'autres s’interrogent sur leurs assurances par exemple (est ce que je serai remboursé ?). Contrairement à d’autres séries du genre, on peut quand même percevoir une lueur d'espoir dans cette série, avec le premier perso semi-contaminé. Une sorte de mi-zombie, encore à moitié-consciente de ses faits et gestes grâce à son attachement au héros.

Finalement une fois passé le cap du premier volume et de son démarrage poussif, on prend plaisir à suivre l’évolution du manga. Espérons maintenant que la suite soit à la hauteur, et qu’on ne s’éternise pas sur une série trop longue qui risque de faire perdre de l’intérêt au récit. Apparemment le mangaka n’a pas l’habitude de faire de longue série, dixit l’hotesse de Kana.



  • 8 thoughts on “Manga : I am a Hero

      1. Merci bien j'avais pas vu la question (j'ai paumé mes droits d'admin). T'entend quoi par review cinoche? Qu'on parle de film de zombie japonnais?

        J'en ai vu qu'un qui date fiouuuuuu :(

    1. @ Midoban : j'avais en tête "Zombie Ass : Toilet of the Dead" de Noboru Iguchi. Un film de zomb' scato' pas vu. Sachant que c'est l'une des théma' du coin (le zombie, hein ? Pas le scato', enfin sauf chez les rappeurs déviants), ça m'aurait fait triper de voir une review dessus, en ces lieux.

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