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You say no to drugs, Ricky Hil can't


Dans la catégorie du «meilleur nom de mixtape du monde» après Enregistré Saoul le mois dernier, j’appelle aujourd’hui un nouveau nominé : SYLLD pour Support Your Local Drug Dealer. Meilleur slogan de campagne ever. Rep a ça Arnaud Montebourt.

Ricky Hil, ancien Rich Hil est un parfait anti-héros ( insérez un jeu de mots avec héroïne ) : petit blanc sans prétention et accessoirement fils de Tommy Hillfiger. Ce qui, par une habile déduction, nous permet la supposition suivante : la musique est surement une passion pour lui, et les soucis financiers ne doivent pas être sa grande priorité. Ne vous attendez donc pas a un champ lexical de «trap» musique dont j’ai l’habitude de vous parler. Si tous les rappeurs s’improvisent vendeurs de drogues dans leurs morceaux, malgré que la majorité d’entre eux n’ait jamais vendu un seul sachet de poudre , on est ici de l’autre côté de l'échiquier : celui du consommateur. Et là, pour le coup, on n’a pas de mal à croire que le gus en question ait gouté un peu a tout. Entrons dans son univers si particulier. Prenez vos bagages, nous partons loin ...

Dernier projet en date du petit Hilfiger : SYLDD pour les intimes, a été une véritable bonne surprise, à condition de savoir où on met les pieds. Drogue, amour, déprime : le trio gagnant. Le tout avec une voix rocailleuse, usée par la vie et les substances diverses. Un tableau chaleureux et convivial en somme. Tout le monde a déjà vécu ce moment où tout nous tombe dessus en même temps, où il nous arrive tellement de merdes en si peu de temps qu’on se met a croire que Dieu personnellement est en train de s’acharner sans vergogne à nous chier dessus. Qu’est ce qu’on fait à ce moment, dans 99% des cas ? On écoute les musiques les plus tristes qu’on a sous la main (et on se perche le crâne). C’est merveilleusement stupide, et tout le monde le fait. C’est là qu’il faut lancer l’écoute de SYLDD : si un jour votre copine vous trompe avec votre meilleur pote, que vous perdez votre travail, ou si quelqu’un qui vous est cher décède, la voix de Ricky Hil ferait une parfaite bande-son, histoire de s’enfoncer encore plus profondément dans sa propre déprime. Si vous avez envie de pousser quelqu’un au suicide, c’est aussi une technique qui vaut le coup d'être étudiée ...

Sur les 11 chansons de la tape, j’ai décidé de vous parler brièvement des meilleures, pour ne pas gâcher le plaisir. On ouvre le bal avec les deux premières chansons de SYLDD qui sont Slickville et I can’t stand : les deux sons les plus déprimants, et probablement les deux meilleurs du projet. Est-ce que la drogue provoque la déprime ou est-ce l’inverse ?  On ne sait plus vraiment dans quel ordre toute cette merde a commencé. Derrière la simple apparence du petit fils de riche qui se drogue pour le plaisir, les textes de Ricky Hil sont profonds(MOM par exemple), et son interprétation est crédible, parfois même touchante (#nohomo). La diction est lente et nonchalante, comme celle d’un shlag en pleine descente.

Ricky Hil parle beaucoup de drogues, dures, douces. Les femmes font pour lui aussi partie de cette catégorie. C'est un chanteur de Blues coincé dans un corps de Redneck, qui a d'ailleurs probablement plus de haters que de fans, à cause de son statut sans doute. Pourtant Sarah’s song, Beautilful when you’re sad, et l'excellent MOM avec Fat Trel ( avec qui il  semble bien s’entendre, un très bon point ) se classent parmi les chansons d’amour, mais pas avec les gémissements immondes caractéristiques des chanteurs de R’n’B. The Weekend, qui apparemment aurait émis le souhait de faire un morceau avec Hilfiger Junior est d’ailleurs présent sur Nomads, ce qui vous donnera une occasion de plus de faire écouter Ricky Hil a votre petite amie. Et si madame fait sa difficile, il y a même un featuring sorti de nulle part : Fix Me avec...Leona Lewis. Le WTF total, et pour clôturer cette parenthèse, le petit Hil aurait plus d'une dizaine de titres de bouclés avec a la prod, Lex Luger en personne ...

SYLDD est donc un parfait osni : objet sonore non identifié. Aucun rap ne ressemble à ça, à tel point qu’on ne sait pas trop dans quelle case ranger la musique de Ricky Hil ... mais on n'en a finalement plus ou moins rien a foutre. Par simple curiosité, je conseille à tous d’écouter quelques titres, c’est radical. On sait tout de suite si on accroche ou non. Sa diction et sa voix peuvent être rebutantes au début. C’est le genre de projet que vous pourriez faire écouter aux filles allergiques au rap, à des drogués ou à des dépressifs : dans tous les cas il y a de grandes chances pour que ça marche. Et même si vous êtes le seul a aimer, gardez cette mixtape sous le coude pour la prochaine déprime.

Cliquez, c'est de la bonne musique gratuite.

5 thoughts on “You say no to drugs, Ricky Hil can't

  1. Excellent article, et très bonne découverte.

    Maintenant, grâce à toi, je vais pouvoir penser à mon ex entrain de se faire touzer avec encore plus de désespoir qu'avant, merci chef.

  2. Excellent article. Je connais cet artiste depuis quelques mois et tout est résumé sur ces lignes (insérez un jeu de mot avec coke): t'aime ou t'aime pas, des gars comme sa y'en a pas deux. Il a son style, sa voix, ses textes, son flow, sa change de la merde quotidienne qu'on peux entendre. Même si ses chansons respirent quasiment que du négatif, sa reste un des meilleurs putains d' artistes que j'ai pu entendre, toujours selon moi évidement.

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