michel-comte-mike-tyson

Mike Tyson, l’histoire d’une rédemption

tyson1
La dernière apparition mémorable de Mike Tyson ? Hangover I : quand il balance une droite à Allan du Wolfpack juste avant la 42ème seconde. 

Mike nous a bien fait marrer sur ce coup. Avant ça il était moins comique : en 1997, lors de son deuxième combat contre Evander Holyfield,  il lui arrache avec les dents un morceau du lobe de l’oreille droite

Le combat entier avec la bagarre générale qui ensuit :

Il faut dire que Holyfield l’avait un peu cherché en lui mettant au match aller comme au match retour des coups de tête à répétitions. Les coups de têtes ne sont pas autorisés en boxe et pour exemple, y a pas que Holyfield qui l’a payé cher, Ortiz aussi 17 septembre 2011 contre Mayweather après un coup de tête intentionnel. Le bad boy Mayweather lui a décoché un crochet du gauche suivi d’une droite alors que le garçon Ortiz venait lui pomper le nœud du style « je suis désolé pour le coup de boule je me suis laissé emporter». Mayweather lui il en a rien eu à foutre de ses excuses bidons.


(Mayweather met Ortiz K.O. et-c’est-lé-gal)

Un crochet du gauche et une droite. Et c’était très bien fait. Le boulard n’est pas dans les règles du noble art : au mieux ça assomme juste le temps de prendre une beigne par-dessus et au pire c’est l’arcade qui explose et c’est le meilleur moyen de gagner un combat à la déloyale, parce que quand il saigne, le boxeur ça le perturbe, il arrive plus à se concentrer et puis son adversaire va continuer à taper sur la blessure pour que le sang continue à couler et dans ce monde animal, quand la bête pisse le sang c’est le glas qui sonne.

Avant d’arracher l’oreille d’Holyfield, et dans le désordre, Iron Mike Tyson a sauté pas mal de femmes, sniffé des montagnes de cocaïne, est allé en rehab, est sorti de rehab, y est retourné depuis ; a fait un séjour de 3 ans en tôle, s’est converti à L’Islam, s’est fait mettre K.O. en 1990 au Japon par un Buster Douglas endeuillé par la mort de sa mère morte 23 jours avant son combat, a récupéré ses titres de champion du monde en 1996 après son séjour en tôle. Mais surtout Tyson a gagné le titre indisputé de plus jeune champion du monde des poids lourds à 20 ans en 1988 en mettant KO Michael Spinks à la 91ième seconde du combat. «Indisputé» parce qu’il a unifié les trois ceintures des trois différents championnats de boxe professionnelle : WBA, WBC, IBF.

Avant de mettre K.O. Michael Spinks en 91 secondes, il avait fait son entrée dans le ring sur ce son d’une seule note de basse continue un peu flippante (à la 7ème minute de la vidéo) qui dénotait avec les chansons de rock stars du style Eye of the Tiger sur lesquelles les boxeurs faisaient habituellement leur entrée en fanfare. Tyson, il faisait pas comme les autres : pas de chaussettes dans ses chaussures, un short court, pas de peignoir, pas de fioritures. Tyson cassait mentalement ses adversaires avant de les casser physiquement. Et c’est ce qui est arrivé à Michael Spinks : on le voit verdir et fuir le ring du regard quand Mike fait son entrée. Spinks perdit avant d’avoir reçu son premier coup. Il arrêtera la boxe après ce combat.

(L’avant match Tyson vs Spinks, les choses se passent à la 7ème minute)

Mike a un lourd passif. il a grandi dans le ghetto de Brownsville à Brooklyn qui ferait passer Gennevilliers pour un endroit pittoresque ; jamais-connu-son-père, mère aux mœurs légères qui meurt quand il a seize ans,  un passé de jeune criminel arrêté trente-huit fois avant l’âge de 13 ans, une ascension fulgurante, une chute précipitée par sa condamnation pour viol en 1992, viol qu’il nie avoir commis jusqu’à aujourd’hui. Ses démons de Brownsville ne l’ont jamais lâché en fait. Tyson the baddest man on earth à la personnalité bipolaire l’avoue lui-même, il s’est toujours senti ce gosse vulnérable et effrayé dans les rues et à la fois ce type instable à l’instinct de prédateur animal. Il est passé à d’autres aveux plus récemment lors d’une confession télévisée en admettant qu’il a menti toutes ces années en prétendant être sobre et qu’il est «sur le point de mourir car [il est] un alcoolique vicieux». Dramatique Mike. Il avait aussi avoué auparavant qu’il était défoncé à la coke lors du tournage de Hangover I.


(là où Juicy J nous dit qu’il est dinguo comme Mike Tyson défoncé à la cocaïne)

Tyson est un des plus grands noms de la boxe. Les commentateurs au bord du ring notaient comment ses coups résonnaient différemment des autres boxeurs : plus forts, plus nets. Quand le Kid Dynamite rentrait sous les coudes de son adversaire pour lui asséner ses coups au corps puis enchainer par un ou deux uppercuts, si il en avait l’occasion, c’était le déjà le début de la fin, le prédateur tenait sa proie : son adversaire ne se battait plus pour gagner mais pour ne pas perdre.

(Contre Jesse Fergusson en 1986)

Sa vitesse d’exécution pour un poids lourd était phénoménale, d’ailleurs parmi les boxeurs qu’il admirait, la majorité étaient des poids plume. En dehors du ring, sa vie a toujours été chaotique et il le dit lui-même, les gens avec qui il a grandi sont soit morts, soit fous, soit en prison, très peu de ses anciens camarades de Brownsville qu’il a connu sont aujourd’hui devenus des adultes en bon état physique ou mental. Quand on contemple le parcours de l’homme, c’est celui d’un survivant à l’humanité sombre et touchante dans ses confessions. Quant à la bête sauvage, elle se ballade toujours et encore au bord des même gouffres comme si après tout, sa vie ne valait pas grand-chose. La boxe est extrême et attire des personnalités extrêmes : tout boxeur qui entre sur le ring met sa vie en jeu le temps d’un combat. On se conduit sur le ring comme on se conduit à la vie et vice versa.

 
tyson2
 



  • One thought on “Mike Tyson, l’histoire d’une rédemption

    1. Je me permets d'apporter une petite précision: Tyson a unifié ses titres WBA et WBC en 1987 face à Tony Tucker qui détenait alors la ceinture IBF.
      Le combat contre Spinks reste néanmoins le combat référence de Tyson, car Spinks était un immense champion qui avait le titre officieux de champion linéaire (le champion qui a battu le champion qui a battu le champion etc.), attribué par le Ring Magazine (la référence absolue).
      Pour les combats face à Holyfield, Tyson se pète tout seul l'arcade dans le premier combat, pour le reste Evander était bien plus fort.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *