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Canal Street Live : Kaaris est dans le binks

Canal Street, "le site des cultures urbaines" (sic) faisait hier sa rentrée scolaire, à La Machine du Moulin Rouge, avec un premier plateau ambitieux : Kaaris, Seth Gueko, Kenyon et Joke, plus quelques invités.

21h30 (soit une demi-heure seulement après l'heure prévue, un délais plutôt honorable), Alban Ivanov débarque sur scène. Censé chauffer un peu le public avant l'entrée des artistes, il se heurte à une assistance froide comme un chrome. Mi-ambianceur, mi-humoriste, il déride rapidement la salle, presque à la surprise générale. Quelques bonnes vannes, une imitation de Rick Ross, et c'est emballé. Le mec est bon, et on serait même curieux de voir ce qu'il donne sur un spectacle entier. Pour info, il joue actuellement au son one-man show Théâtre de Dix Heures.

Le temps pour le DJ de s'installer, et le premier rappeur de la soirée prend le micro. I am Legion ayant dû annuler sa participation au dernier moment, c'est Kenyon qui récupère le rôle ingrat de bouche-trou. Pas forcément très attendu par un public peu enjoué,  le boug a du mal à faire décoller l'ambiance. Jonglant entre rap et ragga, et plutôt à l'aise mic en main, Kenyon finit pourtant par faire bouillir la foule, lorsqu'il se lance dans une impro assez phénoménale, en interaction avec le public. Malheureusement, alors que l'atmosphère commençait enfin à ressembler à quelque chose, le K choisit de conclure sur un morceau plus doux.

Kenyon (crédit photo : @pujolcam)
Kenyon (crédit photo : @pujolcam)

Après une nouvelle interlude de Alban Ivanov, Joke déboule sur scène. La salle est un poil plus ambiancée, mais encore loin de l'hystérie. Les fans du boug sont chauds, mais la majorité des spectateurs semble surtout attendre l'arrivée de Kaaris. Le seul véritable moment de folie, on le doit à l'arrivée de Mac Tyer, venu poser sur Scorpion Remix. Sa seule présence réussit à réveiller un public à moitié endormi. Du coup, Joke en oublie la moitié de ses lyrics. En revanche, et contrairement à certaines rumeurs précédant le show, pas de trace de Niro. Bilan de Joke : mitigé.

Retour d'Alban sur scène. Deux-trois vannes bien senties, Vicelow du Saïan Supa Crew qui présente un danseur, et l'annonce du moment que tout le monde attendait : KADEUZA-R-I-S ! Sauf qu'après un bel effet d'annonce, Clarisse (ou peu importe son prénom), la gentille petite assistante, vient prévenir d'un changement de programme de dernière minute. C'est au tour de Seth Gueko. S'en suivent quelques minutes assez surréalistes, où après les sifflets, le public scande le nom de Kaaris, pendant que le DJ de Seth galère à installer son matériel. Le Bad Cowboy déboule finalement, avec son invraisemblable dégaine de beauf, son t-shirt trop court, et ses deux backeurs aux allures tout aussi improbables. Bulldozer, Paranoiak, Aboudouflash ... Seth Gueko joue les morceaux les plus efficaces de son dernier album, tout le monde semble connaitre ses punchlines sur le bout des doigts, ça suffit pour fonctionner.

crédit photo : @Bardiss94
crédit photo : @Bardiss94

Lorsque Seth termine son show, on a l'impression que la soirée démarre enfin. On ne vas pas se mentir : tout le monde était venu pour Kaaris. Résultat : sa simple présence sur scène suffit à rendre l'atmosphère dingue. Que vaut Houdini en live ? C'est simple : sur disque, il est violent, puissant, bête et méchant. En live, il est deux fois plus méchant, deux fois plus violent. Les seuls mots prononcés entre ses morceaux : "je viens tout baiser" "baise le rap français" et "je les baise". Binks, Dès le départ, Paradis ou Enfer ... Le mec défonce tout sur son passage, sans chercher à comprendre. Fait notable : la voix enregistrée de Booba sur Kalash (backé par Kaaris en live, évidemment) a trois fois plus d'effet sur les spectateurs que le passage complet de Seth Gueko.

Bilan du premier Canal Street Live de la saison : un show bien agencé, très bien présenté, malgré un public à moitié endormi. Mention spéciale pour Kenyon, qui, malgré un rôle vraiment compliqué (premier artiste de la soirée, remplacement de dernière minute, spectateurs peu acquis à sa cause), prend pas mal de risques sur scène. Seul point à revoir : l'idée de "faire monter la sauce", en commençant par les rappeurs les moins côtés, pour aller petit à petit vers les plus attendus, n'a pas aidé à faire décoller l'ambiance.

Mais la vraie conclusion de ce show, c'est que Kaaris est venu pour tout baiser. Ça va faire mal.



  • 3 thoughts on “Canal Street Live : Kaaris est dans le binks

    1. Le Alban Ivanov, j'suis désolé, mais il pique tout à Dieudonné... Il en est fan et ça se voit.
      C'est un plagieur et ça s'arrête là. J'sais pas s'il fait pareil durant ses propres shows...

      Sinon, JOKE et KAARIS sont trop chauds!!

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