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Gravity : botox interstellaire

Sandra Bullock a abusé du Botox. Elle a un visage tout tiré, on dirait une noich, mais son aventure dans l'espace est, de loin, ce qui s'est fait de mieux en la matière.

Disons le tout de suite : Gravity est un film épique. Au moins aussi épique que l'épopée calaisienne en Coupe de France. Mais avec encore plus de suspense. Et autant le dire tout de suite aussi, Gravity se situe bien au delà des références de films qui partent en couille dans l'espace, j'ai nommé Armaggedon et Appolo 13.

D'aucuns seraient tentés de me faire remarquer mes goûts de merde. A ces modestes contributeurs du bon goût, je répondrais que vos mères en espadrilles brassent du vin de noix en pantacourt.

Bien, parlons sérieusement. Gravity est une claque. Une grosse. Visuellement, le film est à des générations de ce que les films les plus audacieux ont pu montrer jusque là. Je n'hésiterai même pas à dire que c'est cent fois - CENT FOIS - plus beau qu'Avatar.
Pour ceux qui seraient passés entre les mailles de la promo millimétrée, je récapitule : George Clooney et Sandra Bullock sont deux astronautes de la NASA en mission de réparation sur le télescope Hubble. Houston les informe que suite à un tir de missile des russes en vue de détruire leur propre satellite, une pluie de débris se déplace à très haute vitesse en leur direction. Le temps de ranger la Black & Decker dans la salopette, la navette est pulvérisée. Restent nos deux héros, livrés à eux mêmes, avec peu d'oxygène et des perspectives de survie limitées.
Ça, c'est pour le pitch.

AH BAH T'AS PAS L'AIR CON
AH BAH T'AS PAS L'AIR CON

Le film débute par un rappel scientifique : dans l'espace personne ne vous entendra crier. C'est normal, pas d'atmosphère, pas de pression, rien, donc le son ne se propage pas. De plus, dans l'espace il fait froid. Très froid. Et il n'y a pas de gravité, donc une fois lancé, tu ne t'arrêtes jamais. C'est un truc qu'Armaggedon nous a bien appris. Tout le film est donc basé sur cette seule et unique question : comment vont-ils faire pour s'en sortir ?

A cette interrogation, le film apporte une réponse d'un réalisme angoissant. Le premier point à souligner est l'impressionnant travail de mouvement des caméras. C'est simple : ça ne s'arrête JAMAIS. L'image est toujours en mouvement, le plus impressionnant étant que la caméra est tantôt lointaine, offrant des vues incroyables, tantôt extrêmement proche, à l'intérieur même du casque des astronautes. La caméra adopte même un point de vue subjectif que les habitués du tag POV sur Xhamster ne renieront pas.

Le film s'articule autour de longs plans-séquences d'une fluidité tout simplement incroyable. Le spectateur suit chaque personnage dans son évolution spatiale en adoptant des angles renforçant une impression de réalisme totalement saisissante.
Quant au travail sur le son, il est titanesque. Le fait qu'on ne puisse entendre les impacts sur le vaisseau et sa destruction totale viennent appuyer une ambiance de huis-clos parfaitement maîtrisée. Au final, l'angoisse des personnages est amplement partagée par le spectateur, littéralement emporté dans un tourbillon sans fin, à l'image de Sandra Bullock qui dérive dans l'espace en tournant sur elle-même, sans pouvoir s'arrêter. L'immersion est totale puisqu'on entend que ce que les personnages peuvent entendre, ce qui crée l'impression dérangeante que le vide hostile nous entoure.

GRAVITY

Heureusement, le film ne se résume pas à ces plans de destruction et raconte ce qui se passe après la dérive des astronautes. Le problème principal des personnages est : comment survivre, sans véhicule de retour, avec un niveau d'oxygène qui s'amenuise à chaque respiration ? C'est là que réside tout le génie du film : débuter très rapidement avec une scène extrêmement forte, pour ensuite proposer un voyage dont on se demande bien s'il mènera finalement au plancher des vaches.

Ici, pas de dénouement miraculeux, pas d'intervention divine, tout est teinté d'une impression de réalisme, jusque dans le scenario et ses multiples rebondissements. S'ils sont nombreux, ils sont également plausibles. Pas question de dévoiler le reste de l'intrigue, le plaisir du film réside justement dans la découverte de ces péripéties. Disons simplement que le suspense est à son comble en permanence, avec quelques touches d'humour et d'émotion bien senties, qui n'altèrent en rien la qualité irréprochable du film dans sa globalité.

Des réserves, il n'en reste presque aucune. La seule revient non pas sur le jeu des acteurs, Bullock en tête, mais sur le physique de la dame. Quand on est actrice, qui plus est dans un rôle filmé de très près, on évite de se faire une séance de Botox chez le Docteur Choukroun avant le tournage. Ça donne une espèce d'impression désagréable de masque immobile. Qu'elle soit en train de pleurer, de paniquer ou de rire, elle a toujours le même visage.

Cette légère réserve mise à part, Gravity reste un film exceptionnel, probablement le plus abouti, le plus réaliste et le plus saisissant dans la catégories des films se déroulant dans l'espace. Enfin, il faut souligner que c'est un film original. Ni tiré d'un livre, ni une suite d'un film existant, ni une adaptation d'une BD. Un scénario original comme avait pu l'être Inception et qui prouve qu'il reste encore de bonnes histoires inédites à raconter sur grand écran.



  • 2 thoughts on “Gravity : botox interstellaire

    1. Excellente chronique, ça me donne envie de voir ça, même si je suis curieux de voir comment on peut tenir l'attention du spectateur durant 1h30 avec deux personnages paumés dans l'espace...

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