Siberia

Siberia : Koh-Lantwitch

Koh-Lantwitch, c'est la contraction de Koh-Lanta, et de Blair Witch. Un jeu de mots de grande qualité, comme seul ton webzine préféré sait en faire. Tu trouves cette intro rincée ? Alors ne lis pas la suite, car elle est du même acabit.

Imagine un groupe de 16 candidats, hommes et femmes, de 18 à 49 ans, dans une émission de télé-réalité axée sur la survie dans un environnement hostile. Enlève Denis Brogniart et l'île déserte, ajoute quelques morts pas tout à fait naturelles et un coin perdu en plein cœur de la Sibérie.

Pourquoi la Sibérie ? D'une part, parce qu'elle caractérise parfaitement l'expression "enfermé dehors" : certains goulags sibériens n'étaient pas clos, l'évasion étant rendue impossible par les dizaines de milliers de kilomètres de forêt alentours. Aucun moyen de fuir, à moins de marcher pendant des semaines et des semaines dans la neige, sans la moindre nourriture ni le moindre équipement. Même Bear Grylls n'y survivrait pas. D'autre part, parce qu'elle est le lieu d'un évènement jamais réellement expliqué : l'événement de la Toungouska, survenu en 1908. Une explosion phénoménale, équivalente à plusieurs bombes atomiques, qui a tout balayé sur des centaines de kilomètres. La principale hypothèse est celle d'un astéroïde, mais aucun élément concret n'a jamais permis d'appuyer cette théorie, même un siècle plus tard. Un mystère qui sert idéalement le scénario de la série : lorsque les premiers candidats disparaissent, que l'équipe de secours tarde à donner signe de vie, que la forêt semble habitée, on plonge doucement vers le paranormal.

Le présentateur. Sympa, mais on préfère quand meme Denis Brogniart.
Le présentateur. Sympa, mais on préfère quand meme Denis Brogniart.

Le parallèle avec Lost devient alors évident. Mais à la différence du show de J.J.Abrahms, les phénomènes anormaux sont bien dosés, et n'empiètent pas sur la trame principale. On ne s'éparpille pas, et l'essentiel reste centré sur la survie et la recherche de secours et d'équipements de communication. Réalisée comme une véritable émission de télé-réalité dans les premiers épisodes, la série perd petit à petit tous les éléments classiques de ce type de show (impressions des candidats en off, apparitions du présentateur avant les épreuves, etc) et évolue vers le found-footage. Un prétexte, disons-le, un peu bidon, oblige les caméramans à continuer à filmer en toutes circonstances, jusqu'au bout, et on passe allègrement à côté de cette incohérence, qui n'impacte en rien la crédibilité du feuilleton.

Cette première saison de Siberia, réalisée par Matthew Arnold pour les six premiers épisodes, puis par Herbert James Winterstern pour les suivants, est réellement dense. Les rebondissements sont nombreux, les temps morts inexistants, et pas la moindre longueur n'est à déplorer. Résultat, on gagne en intensité à chaque épisode, et le final est clairement explosif. On en arrive alors au principal problème posé de Siberia : sa conclusion (pas de spoiler, n'ayez aucune crainte). Comme toute bonne série à suspense, la saison se termine par un cliffangher. Jusqu'ici, rien d'anormal. Sauf que ... on ne sait pas si on connaitra un jour la suite. Les audiences américaines n'ayant pas été jugées suffisantes (moins de 2 millions de téléspectateurs en moyenne), NBC hésite à programmer une saison 2. On parle également d'un téléfilm qui servirait de conclusion à ces onze épisodes ... mais aucune annonce officielle.

 

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