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Chicano rap VS Joe Arpaio : un shérif mégalo et ségrégationniste de l'Arizona !

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« La cucaracha, la cucaracha,
Ya no puede caminar;
Porque no tiene,
porque le falta
Marijuana que fumar.
»Traditionnel.

Joe Arpaio n'est autre que ce petit homme qui ressemble ingénument à ton grand-père, c'est à dire nez/fraise bulbeux, goitre simple, bajoues de bouledogue et regard de vieux Border terrier dressé pour entrainer la meute, sauf qu'il ne fréquente pas les boulodromes et ne donne jamais à manger aux pigeons, enfin aux pigeons à la plume basanée gazouillant l'espingouin pour rester dans le domaine animalier. Ce natif de Springfield (Massachussets), en 1932, va fêter ses 82 piges le bougre, et se qualifie lui-même de « shérif le plus dur d'Amérique ! ». Non, Arpaio ne frime pas, il a passé l'âge. Il pourrait même la boucler tant les chiffres parlent pour lui. Ces chiffres précisément qui prouvent que le shérif de Phoenix (Arizona) possède des statistiques de réussite incontestables en ce qui concerne l'immigration chicano et la délinquance ... Des preuves ? Alors que la criminalité a baissé de près de 20 % dans le Comté de Maricopa entre 2004 et 2008, cette baisse n'est que de 8 % dans le reste des États-Unis. A n'en pas douter des résultats à filer des complexes aux Ministres de l'Intérieur et autres tyrans les plus narcissiques de la terre entière, seulement ce sont les moyens employés qui dérangent chez José Arpaio accusé de se livrer à un profilage racial systématique en Arizona ... Portrait.

Du désert jusqu'à Joe Arpaio : l'angoisse constante de La Raza.

Attention ! Il est dangereux voire mortel de traverser le désert du Sud de l'Arizona. Des croix blanches plantées à même le sol cendreux sont là pour rappeler aux chicanos téméraires les dangers encourus quand il s'agit de marcher pendant des jours et des nuits dans un four qui peut atteindre les 60 degrés Celsius. Pour les plus résistants, ceux qui arrivent à bon port, ils leur restent un ultime rempart à franchir et pas des moindres: il s'agit de l'indéboulonnable Joe Arpaio, élu shérif du Comté en 1992.
Après avoir été agent spécial au sein du Bureau of Narcotics pendant 25 ans (devenu depuis la D.E.A, récemment brutalisée par Maxo Kream dans « Lewinsky ») Arpaio est poursuivit pour discrimination raciale et sexuelle par un de ses collègues de la DEA en 1981. Seulement, Joe a les appuis nécessaires pour continuer à perpétrer cette politique du mépris et de la terreur depuis près de 50 ans sans que quiconque puisse politiquement l'abattre. Il y avait notamment ce suprémaciste blanc d'Arizona, un certain Jason Todd J.T. Ready, à la fois ex-marine, co-fondateur du Neo-Nazi Socialist Movement, mais aussi « recovering mormon », lequel assistait fréquemment aux meetings chargés d'antagonisme de Joe avant de se suicider après avoir tué sa fiancé et trois membres de la famille de celle-ci.

Célébration du 18ème anniversaire de Tent City Jail [Quartier des femmes]
Célébration du 18ème anniversaire de Tent City Jail [Quartier des femmes]

C'est rien de dire que la chicanophobie pollue chacun des atomes de son corps flétri à ce Eugene « Bull » Connor des années 2000. Il y a vingt ans, Arpaio a fait construire Tent City, prison dans laquelle 2000 détenus vivent en permanence en plein désert sous des toiles de tente, contraints de casser des cailloux dans la chaleur asphyxiante. « Travaux forcés ! » et « Magazines pornos interdits ! » affichent les panneaux à l'entrée du bagne.
Les Fédéraux mais aussi Barack Obama ont bien tenté de lui mettre les bâtons dans les roues, pourtant le shérif n'abdique toujours pas : « Ces gens là seront quand même arrêtés, parce que nous avons des lois locales qui continuent à s'appliquer. S'ils croient que je vais abdiquer ils se trompent ! » martèle-t-il, chapeau de mexicain enfoncé sur la tête... Une sorte de Jean-Claude Gaudin sous amphètes capable de massacrer le refrain intemporel de La Cucaracha pour moissonner quelques votes.

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D'ailleurs, Arpaio a déclaré la guerre à Obama, enquêtant sans interruption sur l'authenticité du certificat de naissance de l'actuel président américain, l'accusant d'avoir dénaturé la loi fédérale sur l'immigration par pure démagogie électorale, à vrai dire s'assurer le vote crucial des Latinos sans lequel il aurait eu beaucoup plus de difficultés pour se faire élire. Les rappeurs chicanos Avenue Gangsters, Serio, Chingo Bling, Lil' Chico et autre Yung Ridah ont beau monter au créneau et qualifier Arpaio d'enculé sur des beats dirty, les choses sont immuables à Maricopa. Malgré que la proportion des habitants d'origines hispaniques ait fait un bond de 45 % lors de la dernière décennie, c'est l'argent appartenant aux banlieues réactionnaire blanches de Phoenix qui décide du pouvoir. Indéfendable sur le plan juridique, cette initiative de harceler et de multiplier les délits de faciès cartonne au niveau politique, car rengaine conspirationniste très prisée parmi ses électeurs d'extrême droite où l'âge moyen est de 73 ans.
En fait, Arpaio est très lucide sur sa réputation de shérif/chasseur de clandestins : « Les Hispaniques me détestent car ils ont peur de se faire arrêter ! »

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Tent City ou 'pudrirse en la carcèl' en sous-vêtements roses.

Non, Trent City n'est pas une prison comme les autres. Rien à voir par exemple avec Angola (Louisiane) où les prisonniers, afro américains en grande majorité, se muent en comédiens et jouent des pièces sur la vie de Jésus afin de postuler à un hypothétique rachat, à la rédemption. Ici, à Tent City, on se fait traiter de « wet back » (dos mouillés), d' « enculés, de salopes de Mexicains » et on casse des cailloux comme au bon vieux temps des chain gangs!
Évidemment, Arpaio a été visé par une procédure du ministre de la Justice pour une série de violations des droits de l'homme commises à l'encontre de son cheptel de Latinos. Bref, rien ne semble inquiéter Joe, lequel, en vieux roublard, a infligé quelques raids nocturnes afin de vérifier la validité des papiers des portiers chicanos de l'hôtel de ville occupé par George Gascon, chef de la police de Mesa qui lui cherchait des noises.
Pour rajouter un peu de piment à cette sombre affaire, Joe Arpaio oblige les détenus à porter des sous-vêtements roses sous leur tenue à rayures blanches et noires, une façon de mieux contrôler les vols des slips boxer blancs par les détenus ... Si un slip ou un tricot de corps disparaissent, le détenu se doit d'enfiler ces dessous roses, humiliation ultime pour un macho de chicano.
« Le public est mon patron ! » claironne-t-il, méchamment égotiste, à qui veut l'entendre. Du coup, le caleçon rose,  Arpaio en a fait un des ressorts burlesques de ses campagnes électorales successives qui sentent toujours autant le sapin pour les chicanos, running gag qui participe à cette médiatisation dont il est le principal bénéficiaire depuis la sortie de son livre : « American's Toughest Sheriff » en 1996.

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Un clown du cirque médiatique accroché à vie à son calibre 50

Pour répondre aux Fédéraux qui refusent de coopérer, pour marquer le coup, Arpaio arrête 500 clandestins de plus en cette année électorale 20012. Escalade dans la provocation qu'il justifie par : « Vote hispanique. Année électorale. Je sers de repoussoir ! ». Pourtant, montré du doigt pour avoir négligé plus de 400 crimes sexuels commis dans le Comté, puis dénoncé par un rapport interne évoquant des années de corruption et de comportement répréhensible, Arpaio s'accroche au gouvernail du pouvoir à la façon d'un cap-hornier syrupé en pleine tempête. Du coup, la Raza se met à espérer un chavirage de son rafiot réactionnaire car il a de plus en plus de mal à arrêter puis à expulser ceux qui n'ont commis aucun délit depuis que Obama a assoupli la politique d'immigration.
Malgré l'image entièrement négative que lui renvoie sans cesse la presse, Arpaio continue à jouer sa partition démagogique pour son seul public de rupins de Phoenix et ça fonctionne toujours aussi bien... Il a collecté pas moins de 7 millions de dollars pour sa campagne et se voit bien rester shérif du Comté de Maricopa jusqu'à 90 voire 100 piges, même assis dans un fauteuil roulant avec un calibre 50 chargé à portée de sa main tremblotante...
Après avoir réclamé des drones au gouvernement pour stopper trafic de drogue et contrebandes frontalières diverses, c'est le cœur sur la main (l'autre sur son calibre 50) que Arpaio a proposé un menu spécial aux détenus de Tent City afin de célébrer dignement Thanksgiving de novembre 2013 – repas payant bien entendu :  5 oz. of turkey soy casserole (24 cents), 1 cup of mashed potatoes (12 cents), 1 cup of glazed carrots (7 cents), half a cup of fresh fruit (8 cents), 1 cup of brownies (which were donated), a dinner roll (4 cents), margarine (1 cent).

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Buen provecho hermanos !



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