TrappinAintDead

10 albums du mois de Novembre 2013

Parfois, les astres se placent dans une position délicate et créent une sorte d’alchimie avec un nom qui oscillerait entre le mot “levrette” et “smoothie à la cyprine”. C’est exactement ce qu’il s’est passé ce soir de pré-hiver entre Mugen et moi autour d’une conversation Twitter remplie d’insultes. Après avoir compris que les étoiles nous le demandaient, on a finalement décidé d’oeuvrer ensemble pour vous présenter les 10 meilleurs albums sortis le mois dernier. Que du rap bien gras pour Mugen, et un peu de tout pour ma part.

6ix Commendments - Da Mafia 6ix

Pour ceux qui n’auraient pas allumé internet ces dernières semaines, sachez que Three 6 Mafia se cache derrière ce nom barbare. L’obligation de renommer le légendaire groupe de Memphis, sûrement pour des questions de droits (le plus grand ennemi du rap avant MTV, n’est ce pas Z-Ro) n’aura finalement pas changé grand chose. Il faut reconnaitre que ce nom n’est pas si désagréable et que surtout, l’essentiel n’est pas là. Juicy J ne fait pas partie de cette joyeuse fête sanglante, même s’il passe quand même faire coucou sur une piste. Dj Paul est le principal artisan de cette réunion, et il en faut de l’énergie pour réunir ces gens proches de la retraite. Et sa coke doit être de très bonne qualité parce qu’à coté il a bossé comme un Chinois dans une usine Nike. A Person Of Interest, For I have Sinned, une courte mixtape avec Yelawolf, celle avec Drumma Boy « Clash Of The Titans » (que j’ai même pas eu le temps d’écouter et je vais aller en enfer pour ça d’ailleurs) avant d’enchaîner avec la réunion mafieuse. Je sais de source sûre que Richard Gasquet l’a contacté personnellement. Et comme la drogue rend les rappeurs bons, cette cassette de Three 6 est une petite tuerie.

C’est court comme la bite de Jean François Copé, mais foutrement plus efficace. Rangez la douceur profond à la cave, il n’y a de la place que pour la violence et l’hémoglobine. En entrée de ce gros tas de chaire fraîche, le combo Go Hard avec Yelaloup (qui n’est pas si périmé, n’en déplaise aux Deeper Than Trappeurs) Beacon-N-Blender et Been Had Hard. Déluge mystique et incantations voodoos, on attendait sa depuis si longtemps en se grattant les bras comme des junkies en bas de la cité Carter. Vos oreilles seraient en droit de demander un peu de répit, comme une chinoise dans un gangbang iinterracial mais oubliez vite cette idée farfelue. La suite n’est qu’une lente descente aux enfers : Betta Pray, avec les Outlawz et Lil Wyte, un bon remake de la déjà excellente Break Da Law…

Presque contraint à faire du track par track tellement ce comeback est puissant. Les prods, les featurings de légende (sur Yeen High, Memphis, je vous fais pas un dessin) rend l’écoute absolument indispensable. J’ai écouté la mixtape deux fois et j’en suis déjà à trois cadavres de découpés, obligé de racheter un congélateur par manque de place.

 

Trappin’ Ain’t Dead - Fredo Santana

Toujours dans la poésie, Fredo Santana a récemment sorti sont premier album. Alors oui, je vous ai assez gonflé avec Chicago mais je ne peux pas passer à coté d’une occasion aussi bonne pour vous parler du mec le plus taré de cette ville si hostile : Fredo Santana aka l’incarnation de l’antéchrist.

Au premiers abords, Fredo pourrait apparaître comme le moins talentueux de toute la clique GBE. Keef, Lil Durk, SD et Reese semble avoir tous un peu plus d’exposition que lui. Il faut dire que Fredo ne fait pas les choses à moitié. De la violence, un peu de sang, beaucoup d’armes à feu, des caisses entières de munitions, de la drogue dure : c’est de la poésie macabre, la rue brute de décoffrage. Même s’il semble qu’il n’ait toujours pas perdu cette mauvaise habitude d’enregistrer ses morceaux dans des catacombes (il y a pire d’ailleurs : Trey Savage), cet album fait largement le travail et n’apporte que peu de mauvaises surprises, hormis l’immonde single avec Kendrick Lamar. Faut bien remplir le frigo. Les bons titres s’enchaînent avec l’aisance d’un Genono proférant des insultes antisémites : Trap Boy, Trap House, Ring Bell (clip légendaire pus bas) Want A Nigga Dead (avec SD toujours aussi bon) le recyclage de Gangbang, Over Here font largement le travail. Mention spéciale pour Bought A Big K avec Chief Keef qui n’est toujours pas redescendu de sa lointaine planète. Si vous cherchez à le localiser son “I sip lean i dont like no rosay” devrait vous mettre sur sa route. Pour en revenir à Fredo, je crois que j’aimerais sa musique tant que sa principale activité sera de parler de l’odeur des cadavres en décompositions entassé devant sa porte. C'est un génie incompris, même si les gens peuvent le trouver ennuyant et monotone. Tas de cons.

BRICKS FROM DA BOAT LOAD aka la bonne cartouche qu’on avait pas vu venir : Third Floor avec Peewee Longway (un noir d’Atlanta qui a poussé sur le même arbre que Yung Thug) sur une prod de nos très chers 808 Mafia. Que demande le peuple ! Ce Trappin’ Ain’t Dead est donc une festive incitation au meurtre que je vous recommande aveuglement malgré ses rares imperfections. SD étant définitivement plus habile à l’autotune que Fredo…
Sa feras une bonne BO pour jouer a GTA 5, dans les missions carnage avec Trevor, certaines phases transpirent le génie macabre. (promis on arrête les vannes avec GTA)

 

 

One For The Road - Devin The Dude

Devin The Dude c’est un peu l’assurance tout risque. Quoi qu’il fasse tout le monde sait que sa musique sera bonne et il n’y a jamais de mauvaises surprises. Pour ceux qui ne connaîtraient pas Devin, je vous conseil vivement de jeter une oreille sur ce qu’il fait. C’est du rap extrêmement lent et chaleureux, smooth comme Moïse The Dude. Y’a un peu de Soul et de Blues. C’est proche de la perfection. Ça s’écoute sans effort, c’est doux le matin, relaxant le soir, agréable en fond sonore dans un apéro enfumé autant que dans lendemain de cuite difficile. C’est le genre de musique que vous pouvez écouter avec mademoiselle sans qu’elle dise « c’est quoi ta musique de singe, ça me casse la tète ». J’avais déjà essayé de faire écouter Mean Muggin’ de Plies à une femme donc je reviens de loin croyez moi. THE DUDE : c’est le bon pote avec qui on traîne pour boire des bières et fumer des joints, se raconter des blagues débiles et pas penser au reste de la vie. C’est presque thérapeutique, sa aide à supporter le monde,à s’en foutre donc, et a apprécier les bonnes choses de la vie : les choses simples. Je pourrais vous parlez de Devin pendant des heures entières, allez simplement écouter ce One For The Road. Si des chansons comme « I’m just gettin’ blow », « Fresh air » « Probably should have » ou « Hear the sound » ne font aucun effet sur votre humeur, vous couvez surement quelques chose de très grave et je vous conseillerais de vite consulter un spécialiste. De la bière fraîche, du poulet, des femmes pulpeuses et de la bonne herbe : vous me retirerais pas de l’esprit que le paradis doit ressembler à quelque chose comme ça.
Mention spéciale pour la meilleure campagne de sensibilisation sur les dangers du crack depuis la naissance de l’univers : Please dont smoke no cheese.

 

Savage Life 4 - Webbie

Les Savage Life on tous sans exceptions été des excellents albums et ce quatrième opus est dans la tradition. « Baton Rouge dans vos génitrices ». Aux premières notes, on reconnait la voix de Webbie et son accent bouseux et putain ça fait du bien, mais #nohomo. Deux ans après l’opus précédent, sans quasiment rien à se mettre sous la dent, sa commençait à faire long. Finalement Webbie c’est un peu un mec comme K.R.I.T : il a grandi en écoutant UGK, les Geto Boys et tout ce qui tournait de bon dans le sud dans les années 90 et il a décidé de faire du rap, en suivant les traces de ses idoles. Et avec des références pareil, vous comprenez facilement que sa destiné était écrite et que c’est un peu dur de pas aimer le bonhomme et sa musique. Et en plus il a une des meilleures coiffure du game. Il y a a boire et a manger dans de Savage Life 4. De la puissance : I’m back, Another one, What I do avec son refrain psyché et Big. Il y a aussi la merveille Mine. Et aussi beaucoups d'autres chansons très émotives et toujours bien racontées. Ça parle d’ailleurs pas mal des femmes… KUNTRY RAP TUNES 4 EVER : LIBEREZ BG !

 

En vrac : les choses qu’il faut écouter mais dont j’ai pas le temps de vous parler.

La dernière mixtape de Starlito : Fried Turkey. Ne surtout pas passer à coté. Ça parle au insomniaques, aux gens un peu torturés du cerveau, aux dépressifs et aux gens au bord de schizophrénie. Lito est très fort pour raconter des histoires et créer des ambiances, c’est presque lacrymal comme délire. Il a un peu la même voix plaignante et enrayée que celle de Kevin Gates sur certains morceaux. Si vous voulez plus d’infos sur le bonhomme, je vous recommande vivement d’aller lire ceci : les princes de Nashville.

Bernard Freeman (pas le grand père dans les Boondocks, la moitié vivante de UGK, tas de con) conclut sa TRiLLOGiE avec l’album du même nom, sobrement appelé The Epilogue. Comme Lil Keke, Z-Ro, Three 6, 8 Ball et MJG, Bun-B fait partie des légendes vivante de ce bon vieux sud sale. Alors il faut être tolérant et pas mal parler sur Bernard, il quand même 40 ans et encore toutes ses dents. Il a fait vivre Pimp C pendant ces 5 longues années d’incarcérations et rien que pour ça cet homme en a fait plus pour l’humanité que tous les prix nobels réunis. Donc son album est bien, il faut l’écouter, juste pour Dippin’ & Swervin’.

Boss Life de Slim Thug a aussi débarqué très récemment. Il y a tellement de bonnes choses à dire sur cet album que je vais surement lui consacrer un article entier. Enfin c’est surtout que ce fumier de Bogdan trouvais ça trop long. Pourtant d’habitude il dit rien quand c’est trop long, mais comme c’est moi qui me tape l’incruste dans sa chronique j’ai pas vraiment le choix #nohomotho !

DONC VOILA MAINTENANT ON PASSE AUX 5 AUTRES ALBUMS ET ON AINECULE (ENCULER AVEC UN FORT ACCENT MARSEILLAIS ET UN RICHARD DANS LA MAIN) LES TRANSITIONS

Moby - Innocents

Notre chauve partouzeur a sorti son nouvel album du nom de “Innocent”. Après un dernier album mitigé, le génie du clavier revient en force avec des featuring millimétrés et une dose d’entousiasme incroyable terrassée par un arrière-goût de suicide qui plombe radicalement toute tentative de bonheur qui pourrait émaner de ce disque. C’est effectivement là où Richard Melville Hall est très très fort : annihiler toute once d’espoir qu’il a lui même déjà mis en place. Une chanson du disque reflète parfaitement ce que j’essaye de vous dire : Perfect Day. En effet, le titre laisse présager un titre plein d’entrain et de jovialité, ce qui est le cas, mais si l’on se penche un peu plus sur son cas, on s’aperçoit qu’il manque à peu près tout à cette chanson pour rendre cette journée si parfaite, un peu comme si la définition du bonheur de Moby était empilée sur un tas de cagettes complètement instables. Du coup c’est absolument jouissif pour les plus dépressif en quête de moments heureux. N’oublions pas qu’écouter un albuim de Moby c’est un peu comme se faire glisser à l’oreille qu’on a le sida pendant que l’on est entrain d’éjaculer à grosses gouttes dans un vagin bien chaud et accueillant, et c’est exactement ce qu’il arrive durant la longueur de ce disque.

Lil Durk - Signed To The Streets

De tous ces fou-furieux de Chicago, je peux affirmer que Lil Beurk est, de loin, mon préféré. Loin des mixtapes poubelles (Almighty So) de Keef, bien moins chiant qu’un Lil Reese, plus carré qu’un Fredo Santana, Durky Durk arrive à sortir son épingle du jeu surtout grâce à sa façon de rapper qui oscille vraiment entre du chant (bien fait) et du rap. Après niveau rap c’est toujours la même chose, il nous pisse gaiement à la gueule pour affirmer sa suprématie qu’il a réussi à mettre en place grâce à sa forte consommation de drogues, ses nombreux guns ainsi que sa force mentale pouvant mettre à terre la petite salope de Hulk. Pour ma part sa mixtape m’a accompagné durant de longues heures sur GTA V. Petite note : la tape a été signée par les Coke Boys (les copains de French Montana), à voir où ça va le mener tout ça.

Darkside - Psychic

Attention chers amis, ce CD a un potentiel d’hipsterisme (néologisme, je t’encule le scrabble) qui pourrait faire crever n’importe quel récalcitrant à quelconque réédition de la AM1, mais je tente quand même l’approche.
Si l’on devait essayer de comparer cet album à quelque chose, je pense que la meilleure des métaphores serait celle-ci :
Imaginez-vous, nous sommes un samedi après-midi d’été, il fait donc très chaud. Vous décidez donc de vous ruer vers l’intermarché du coin pour vous acheter une boisson rafraîchissante de votre envie (exit le Selecto et le Scwhepps Rastaman par contre). Sur le chemin vers votre quête de la boisson, un dragon avec une chatte (un vagin) apparaît gisant d’on ne sait trop où, éjaculant sur vos vitres sa douce cyprine enflammée. Tentant de vous défendre, vous sortez donc un AK47 en guimauve de votre sac pour lui tirer dessus d’énormes bites en mousse qui rebondissent sur sa carcasse en faisant de léger bruits électroniques déclenchant dans votre cerveau une ballade digne des meilleurs moments d’égarement de DJ Quik. Pendant ce temps là, vous n’aviez pas vu mais Nelly Furtado (vrais reconnaissent vrais) vous taillait une pipe depuis environ 15 minutes, vous informant qu’elle se transformerait en femme fontaine de Sprite bien frais une fois de retour chez vous.
Conclusion : pas besoin de passer à l’intermarché, et vous avez Nelly Furtado qui extrait du Sprite gratos d’entre ses cuisses.Voilà comment j’ai ressenti l’album, vraiment. Merci Nicolas Jaar.

Overdoz - Boom

Il aura fallu attendre 2 ans pour enfin voir un deuxième projet de la part d’Overdoz. A la vue du résultat ça ne me dérange pas d’avoir tant attendu tellement leur mixtape est vraiment fraîche. Si vous les connaissiez pas encore, c’est un groupe de 4 fou-furieux en provenance de Los Angeles qui ont décidé de prendre d’assault le rap game par le cul, tout en conservant quelques constantes comme la forte consommation de THC (et pas que), les femmes à gros culs et leur suprématie lyricale. Après là où je les trouve intéressants, c’est au niveau de leurs prods et ce qu’ils en font. Là aussi ils surfent sur de l’actuel, en effet on y retrouve des grosses sonorités trap bien fraîches, à la différence qu’ils rappent vraiment dessus, et ça rend salement bien.

Les Ancticipateurs - Tour Du Chapeau

Je sais qu’on aime bien le roi Heenok au Captcha, du coup lorsque j’ai vu que Les Anticipateurs avaient sorti leur album, j’ai pas pu m’empêcher de penser à Genono et son amour pour la langue du pays de Céline Fion (c’est un jeu de mot raté durant lequel j’exécute le changement du D en F). En tant que petit Français, c’est souvent corsé d’arriver à supporter l’accent de nos confrères fans de hockey et de poutine Mais là, dès la première seconde de l’album c’est impossible de ne pas aimer vu la violence de la basse qui arrive à Mach 3 dans notre gueule. Très honnêtement, je savais que les prods étaient importantes pour nos deux compères, mais là ils donnent clairement l’exemple à 90 % des rappeurs français. Comme quoi leur soi-disant mauvais goût nous met bien des claques avec de gros gants de hockey. Et sur tout le reste on ne peut que aimer ces divers pamphlets haineux à tout ce qui n’est pas québécois, leurs déclarations d’amour aux Canadiens de Montréal, à la Ford F–350 et à Patrick Roy, les divers essais de drogue qu’ils ont pu faire, et tout particulièrement leur accent. Chissodènelsein (j’ai ça dans l’sang),mayanaillaze japanayeze (mayonnaise japonaise), blènechisseuge (blanchissage) et j’en passe une tonne.

4 thoughts on “10 albums du mois de Novembre 2013

    1. Tu as raison, c'est une volonté de ma part de parler en grande majorité du sud parce que c'est la scène qui me passionne le plus, et il faut le reconnaitre, en ce moment c'est aussi la plus prolifique. Tech N9ne mériterait évidemment un article entier à lui seul, comme énormément d'autres rappeurs et c'est bien la le problème : c'est impossible de parler de tout le monde et je t'assure que le choix n'est jamais facile.

  1. Sinon les bruits de CD mal rippé tout au long de l'album de Fredo Santana on en parle ou pas ? Ça pourrit quand même beaucoup l'écoute sur certains morceaux.
    A moins que vous soyez tombés sur une version plus clean, dans ce cas-là j'aimerais bien l'écouter moi aussi les gars.

  2. Non, j'ai eu beau fouillé le net, écouté les versions Itunes, deezer, la 2eme partie de l'album est bien flingué par des bruits de cliques en fond. Sans écouteurs c'est inaudible mais bon... Dommage j'adore ce type. Faut passer pro les gars.

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