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#RIP DOE-B : Bon Pied, Bon Œil ... et Bad Luck (suite et fin)

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Comme disait l'autre dont j'ai oublié le nom : « Chaque heure blesse, la dernière tue ! »

Feu Glenn Thomas alias Doe-B faisait parti de la caste des MC's nés sous le signe d'un matériau produisant un champ magnétique et attirant le métal : l'aimant... C'est ça, un gamin de la rue de Montgomery (Alabama) qui attirait les balles à n'en plus finir, comme d'autres attirent les filles, certains, l'anamour. Dans cet univers sombre, banal, périlleux, bref, quartier à hauts risques, Doe-B y avait perdu un œil, il y a deux ou trois ans, et pensait avoir définitivement payé son dû à la National Rifle Association... En vain.
En fait, le Centennial Hill Bar & Grill de son bled, Montgomery, nightclub aussi chaud que le magma en fusion d'un volcan, était connu pour sa violence récurrente et son feu nourri... Déjà, Naughty Shawty, MC du groupe Deuce Komradz y avait perdu la vie en 2007.
L'endroit demeurera à jamais le tombeau de Doe-B, jeune père de 22 ans qui ne buvait, ni ne fumait, et était en train de donner au hip hop alabamien une dimension conforme au talent des artistes (G-Side, Zilla, Jackie Chain, G-Mane, Bambino Gold, Bentley, Lil Mook, Monster etc...) l'ayant sorti de l'ornière, tous plus ou moins oubliés par une industrie discographique gérée par des affairistes pisse-froids, banquiers et autres juristes.

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Un des leitmotivs de Doe-B était la perte de l'innocence dans ce monde de perdition. Perte de l'innocence qui équivaut à la perte du pucelage, d'un ami ou d'un œil, c'est selon les cas. Sa vertu cardinale, l'humilité, mais aussi un alliage entre langue vernaculaire du hood de Montgomery et mélodies lancinantes sur laquelle il surfait avec grâce, sobriété, définissant la trap muzik comme un moyen de survivance qu'on appréhende dès son plus jeune âge.

Fâcheusement, Doe-B n'a pas eu le temps de développer son art du emceing au sein du Hustle Gang de T.I., sa toute récente promotion de luxe qui aurait, selon son manager DJ Frank White, provoqué jalousie, ressentiment et actionné la gâchette d'un certain Jason McWilliams muni lui aussi, coïncidence troublante, d'un cache-œil de pirate.
Retour à la lumière blanche du dernier opus de l'artiste, Baby Je$us. Vous remarquerez que B n'utilisait jamais le ton du justicier, l'anathème. Pas besoin de sauce « gun & hoes » pour bousculer la hiérarchie hip hop. B hissait les couleurs du country hood aux frontons des strip-clubs et des rues décharnées, avec pudeur, sans trop de blush, imprimant dans le crâne des pulsions d'amour et de survie. #RIP

« Pray for me,
Somebody pray for me
Cuz I know the Lord got a day for me
I'm tryin my best to keep them devils away from me
I see death around the corner and it's waitin on me. »

A relire :

Doe B : Bon pied, bon oeil - épisode 1
Doe B : Bon pied, bon oeil - épisode 2 (Baby Jésus)



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