tahiti trap 2

Les 5 Commandements du Rap Barbouzard en 5 Classiques!

1
Nombreux sont ceux qui se sont attelés au concept des « Commandements » avant moi ... Et pas des moindres :

Moïse / « The Ten Commandments Of God »,

Prince Buster / «  10 Commandments »,

Princess Buster / «  10 Commandments (from woman to man)»,

Keith Sweat / « 10 Commandments Of Love »,

The Notorious B.I.G. / «  10 Crack Commandments »,

Cappadonna / « 10 Commandments Of The Street »,

Yung Texxus / «  10 Rap Commandments »,
DJ's Mike Danger & Beatnick / « Ten Trap Commandments » etc ...

Contrairement aux anciens écrivains underground de romans policiers, pour la plupart rémunérés au mot, j'écris ici pour la gloire ... Du coup, ci-joint non pas 10, mais 5 Commandements au rabais. Sorte de G-code maison qui énumère certaines règles à ne pas transgresser si tu veux prospérer sur le biz bien établi du rap et de la vie, quitte à devenir blindé comme Jé$u$ tout en restant intègre comme Cré$u$. Ou le contraire. En piste.

2

1er Commandement : « Ne prends pas de drogues avec tes ennemis »

Bon, tu n'es plus en 1960/1970, fiston. L'autodestruction est devenue à peu près aussi subversive que Miley Cyrus. En plus, l'herbe n'est plus synonyme de partage et convivialité. Rappelle-toi, les amérindiens ont partagé le calumet avec les colons Blancs dans la backroom de leurs tipis à la forme pyramidale. Résultat des courses : massacres, puis ségrégation !
Depuis la kush a poussé des idiots qui ne fumaient pourtant pas à dire bon nombre d'inepties. Jadis, le « Mc Carthy de la drogue » Harry Anslinger (1892-1975) avait légiféré sur l'effet nocif de l'herbe sur les communistes et les « races dégénérées » (sic) dixit :
« Leur musique satanique, jazz & swing, est le résultat de leur consommation de marijuana. Cette marijuana pousse les femmes blanches à entretenir des relations sexuelles avec les négros, les gens du spectacle et les autres. L'herbe fait penser à ces négros qu'ils sont l'équivalent des Blancs ! »
Bon, vas-y mollo avec le très addictif syrup, lequel te rendra aussi lent que le Marseille-Vintimille, puis, à la longue, te fera ressembler à une barrique. Vigilance sur les drogues synthétiques à moins que tu veuilles ressembler à Charly Sheen. Oui, sauf que Charly est fils de Martin, sa star de daron auquel il a volé la carte bancaire pour s'envoyer son premier rail de coke et négocier son dépucelage avec une prostituée de Las Vegas. C'est bien simple, Charly Sheen peut se défoncer en toute liberté vu qu'il n'a pas/plus d'ami depuis qu'il ruiné sa carrière d'acteur en vivant une vie sans le moindre mensonge, existence aux proportions homériques qui captive les âmes damnées.
Bref, si tu as le moindre doute, (ré)écoute feu Notorious Big qui racontait ceci dans « Warning »:
« It's the one's that smoke blunts withcha, see your piccha, now they wanna grab they gunz and come and getcha ... »

3

2ème Commandement : « Serpent qui danse n'évoque pas obligatoirement amour charnel et passionnel »

Rappelle-toi, le Serpent du Jardin d’Éden est l'initiateur du mensonge. Depuis, les afro-américains l'ont cuisiné à leur propre sauce, faisant du serpent une connotation sexuelle familière et implicite. En fait, l'imagerie animale issue de l'ensemble des croyances importées d'Afrique enrichissait la chanson de superstitions obscures et de métaphores zoomorphiques. Il fut une époque où tout le monde se bidonnait en écoutant ces mélopées qui parlaient de « serpent noir qui rampe le long de son gros cul » (sic), oui tout le monde ... sauf les Blancs et les enfants. Imaginez une seule seconde la saveur du truc !
Quant au rap, il a inventé le « snake azz nigga » - antithèse du « main nigga » - ou l'esprit pervers qui te sourit à pleines dents mais qui ondule, rampe et finit par s'enrouler autour de ton cou ... dixit Kevin Gates dans « Snake Nigga »
«Snake nigga's try to put my money in a ceiling / Pow, pow, nigga that's the main missing / You wish nigga out of too families / My mama she told me go get it / Conviction, convictions go get it / Go get it, go get it, go get it / Conviction, convictions go get it. »

4

3ème Commandement : « Range ta banane si tu ne possèdes pas la carte bancaire qui fait Trap, Boom, Bling ! »

On te l'a dit et répété mille et une fois :  « L'amour n'est pas un bouquet de violette, fiston ! ». Si tu persévères, tu vas l'apprendre à tes dépends. J'ai entendu dire que tu la joues clubbish sans les pourliches, que tu rappes à demi-mots et n'as pas la glace trois-boules tatouée sur la joue ? Brrrr ... Tu vas droit dans le mur mon garçon. L'humour et le baratin ça va cinq minutes ... les filles te le diront mieux que moi.
Hein, tu me traites de rabat-joie ? Ouvre grandes tes esgourdes, dans « Face Card » le trap king explique de A à Z en quoi consiste la flambe clubbish:
« New Gucci boots but fuck the shoe laces / Smoking on purp that smell just like grapes / And I don't smoke mid, I don't like the taste / Buy my ace of spades by the case and I don't have to pay I just use my face. »

5

4ème Commandement : « Ne soutiens jamais un candidat politique ou tu deviendras une sorte de 'pimp cheap' de la rime centriste ! »

Pas envie de les nommer. Tu les reconnaîtras, ils parlent haut et fort. Ils ne parlent pas uniquement de ces rappeurs illustres qui en disent plus sur notre époque que les plus brillants développements, ils jactent à la télé quand tu es absent. On sait tous ce que  deviennent les MC's politico-médiatiquement engagés. Centre gauche ? Divers droite ? W9, CNN, Canal +, Captcha TV ... Le Cirque Pinder tout ça. Quand ils intègrent le truc , pour ne pas se tromper, ils doivent se rappeler la morale des autres. Un calvaire, fiston, les compromis ça les abîme.
Ils leur est publiquement interdit de dire de leurs patrons qui les emploient que « leurs femmes sont laides, leurs mentalités à chier, que leurs vies sont minables ! » Je te jure, la prison n'est rien à côté.
Tous ont oublié que la vie du G est en tout point semblable à la solitude du coureur de fond ... oublié qu'on demeure seul pour survivre, seul pour crever. C'est pas seulement moi qui le dit, il y a aussi Z-Ro dans « Happy Alone » :
« I'm cool as a popsicle, in the freezer in the winter time / But I'm a damn fool, and I have about respect so give me mine (...) My attitude is leave me the fuck alone / I know they don't give a fuck about me / I promise I'll be happy alone / Whether you see me on TV or these streets / I'm not a rapper homie, I'm just a G. »

6

5ème Commandement : « Remballe ton pistolet à eau, puis en ce qui concerne les cookies, ralenti, fiston, ralenti … »

Bon, je sais, je ne suis ni ton père, ni ton frère. Pourtant, sais-tu que tu vas faire de la peine à ta mère si tu files du mauvais coton ? J'ai entendu dire que tu trimballes un glock dans la poche de ton futal et que tu incarnes à toi tout seul, Franck Matthews, Supreme Mc Griffith et Curtis Snow réunis ? Ralenti, fiston ralenti, la rue est un vrai schmilblick. Tu es un condamné à mort qui ne vaut pas le prix du projectile qui va trouer ta carcasse de gangster en goguette.
Entends-tu sonner le glas de « Scary » de feu Doe-B. La rue il a connu, il a payé cher sa dette. En ce qui concerne les cookies, mets un bémol une bonne fois pour toutes ... Puis remballe ton pistolet à eau, fiston.
« I bet that white bitch ain't no human, we bring her down to pieces and spread her out to the community. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *