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La vie rêvée de Walter Mitty

Entendons nous bien : La vie rêvée de Walter Mitty est un putain de film de hipster. Mais ce sont les 11 euros les mieux dépensés de la semaine.

Walter Mitty, employé transparent du grand magazine Life apprend un matin que l’entreprise, rachetée durant le week end, va procéder à des coupes dans les effectifs. Manque de bol, le Walter s’est épris d’une jeune comptable qui risque de partir avant lui. Le problème, c’est que notre bon Walter n’a pas une once de courage, et ne parvient pas à la séduire. Il préfère rêver en permanence la manière dont il emporterait le cœur de la belle mais le retour à la réalité est toujours difficile. Voilà pour le pitch.

 

Le mec on dirait Yann Barthès avec un putain de sac à dos

 

 Ca commence par un mec qui porte des chemises à manche courte avec des cravates. Putain, si t’es délégué CGT dans une boite d’informatique, ça passe. Mais quand t’es Ben Stiller, ékéhé un des rois de la comédie, ça fait penser que t’es une grosse pédale baltringue qui va faire un film de shlag. J’ai barré pédale pour pas avoir les lobbies LGBT sur le dos, déjà 1) parce que CA, ça ferait payday et 2) parce qu’en fait les homos ont quand même un sens de la mode plus aiguisé. Mais passé cette impression de sponso Kiabi, la bonne surprise est là : le film se tient sur la durée, y’a de l’humour, y’a un peu de meuf mignonne et surtout, Ben Stiller semble aussi bon à la réalisation que devant la caméra.

Le film regorge de petites pépites visuelles, aussi bien en terme d’effets spéciaux – très réussis – que de panoramas plus beaux les uns que les autres. Bon, y’a aussi des chansons folk, du David Bowie et une meuf qui joue de la guitare en pull, le tout dans un délire "tour du monde backpacker*" avec des plans de Walter en haut d’une montage, Walter sur des volcans, Walter dans l’eau. C’est ça le côté hipster du film, genre « into the wild ».
Mais franchement, c’est superbe. Même le coup du David Bowie, j’ai pas senti mon pénis former un vagin, signe que la sélection musicale est bonne.

Ben Stiller campe ici Walter Mitty, un personnage toujours dans la lune, un homme qui rêve sa vie plutôt que d’oser vivre ses rêves**. Confronté aux dures réalités que sont le licenciement et la vie amoureuse, Walter va devoir se dépasser, prendre sa vie en main et se lancer dans une course à travers le globe pour retrouver celui qui représente son seul ami : Sean O’Connell, photographe free-lance pour Life campé par Sean Penn, aventurier toujours fourré dans des zones reculées. Sean Penn, pour info, on le voit genre 6 minutes à l'écran, sûrement parce qu'après les effets spéciaux, il restait pas une thune au réalisateur pour payer Sean Penn dont le cachet doit représenter le chiffre d'affaires d'un KFC à Chateau Rouge. C’est justement un voyage qui commence pour Walter, le voyage d’une vie. Cheryl, la (bonne) meuf du film, est un genre de cœur à prendre, inscrite sur eHarmony, un site de rencontres. Elle décrit son homme idéal comme courageux et créatif. Créatif, Ben Stiller l’est tout au long du film, multipliant les effets visuels très bien trouvés (faire apparaître du texte dans les éléments de décor du film). La photo est magnifique, les plans travaillés et l’ensemble laisse un sentiment de maîtrise de bout en bout.

 

Touche lui un peu le cul au lieu de rêver

 

Au final, ce nouveau passage de Ben Stiller derrière la caméra est une bonne surprise, un moment agréable avec de belles images, des bons sentiments, un scénario plutôt solide et une réalisation impeccable. On reprochera peut être au film quelques invraisemblances (l’amitié avec Tod, la mère qui rattrappe les conneries de son fils, la rencontre avec Sean) mais globalement, on en ressort heureux, avec le sourire, sur un happy end un peu convenu mais réjouissant. Mon conseil culinaire : nachos fromage / salsa grand coca pour profiter au mieux de ce divertissement familial et réconfortant dans un monde où les mauvaises nouvelles ouvrent les JT.

……

Je vais aller voir le Stallone / De Niro, je deviens vraiment pédale.

Notes de l'auteur :
* voyageur sac-à-dos, putain tu dormais en Anglais LV1 ?
** Tiré de « la développement personnel pour les fils de putes », éditions First, 7,99 EUR



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