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The Knick, la médecine vraie

L’album de VALD dans les oreilles, un café à moitié chaud, me voici lancé dans l’écriture d’un article sur une série qui à première vue ne me tentait pas trop mais qui s’est avérée de très bonne facture à mes yeux. Et j’espère qu’après lecture de ce billet, il en sera de même pour vous.

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Urgences, Private Practice, Greys Anatomy, Dr House

Les séries consacrées à l’univers médical ont toujours eu le vent en poupe avec un succès toujours plus grand. Ces séries évoquent à moitié la médecine pour y préférer les relations (amoureuses et amicales) entre les différents personnages ou mettre en avant les personnalités souvent particulières des protagonistes.

The Knick est à l’opposé de cette vision angélique de l’univers médical (et l’univers angélique de la vie tout simplement), il nous immerge totalement dans l’Amérique du début du XXème siècle à travers ses problèmes sociaux, économiques mais également et c’est ce qui fait le charme de la série, à travers un savoir faire médical encore archaïque.

Dans chaque épisode d’Urgences, nous avons droit à une ou plusieurs opérations chirurgicales qui tiennent en haleine le téléspectateur qui ne comprend que la moitié des termes utilisés et qui ne connait pratiquement aucune technique employée. Imaginez maintenant la même scène dans une époque où les antibiotiques n’existent pas, où la médecine n’en est qu’à ses balbutiements, où les docteurs découvrent des nouvelles maladies tous les jours, se font la main sur des cochons morts et où la technologie est primitive. Voici The Knick.

Des blancs, des racistes, des malades

La série décrit l’univers d’un hôpital newyorkais où le docteur virtuose John Thackery met tout en œuvre pour découvrir de nouvelles techniques et découvertes médicales quitte à mettre sa santé de côté. Pendant ce temps, la direction du Knick (l’hôpital en question) tente tant bien que mal d’équiper au mieux son hôpital dans une époque où l’on parle de concurrence entre les hôpitaux et qui tente d’imposer un jeune diplômé noir de Harvard au sein d’un établissement et d’une ville au ¾ blanche.

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La pauvreté des quartiers obscurs de New York et l’opulence des grandes familles de la haute société ne forment qu’un face à l’arrivée de nouvelles maladies qu’il faut alors soigner et surtout connaitre. De la découverte d’un nouvel outil à l’étude d’un ouvrage français sur l’hernie inguinale, de l’apparition de drogue et de maladies méconnues à l’univers de la prostitution, The Knick dépeint une fresque criante de vérité d’une époque dont Thomas Edison est un des fers de lance.

Que ceux qui aiment les séries médicales précédemment citées ne s’inquiètent pas, la série suit également une flopée de personnage au travers de leurs différentes actions, de leurs magouilles ou larcins pour gagner leur vie, de leur métier ou tout simplement leur façon de vivre dans cette époque si particulière mêlant haine raciale enragée et inégalités sociales.

Soderbergh, Cliff Martinez, Clive Owen

À la réalisation, Steven Soderbergh n’est plus à présenter, sa carrière parle pour lui. Sa mise en scène chirurgicale et proche du documentaire s'adaptent à merveille à la série. Ce que les gens savent moins, c’est qu’il a réalisé en 1997 un film nommé ... Gray's Anatomy, qui évoque la maladie de l’acteur principal à travers sa propre histoire.

La mise en scène est léchée, la photo est superbe et la réalisation est au niveau du cadre historique des années 1900. L’ambiance est souvent très sombre, que ce soit à l’intérieur de l’hôpital ou dans le fin fond d’un bar d’une rue étroite de NY. La bande originale est signé Cliff Martinez (Drive, Only God Forgives) et dénote complètement avec l’univers de la série. D’une part parce que les sonorités électroniques n’évoquent bien évidemment pas le début du XXème siècle et d’autre part parce que dans l’esprit du téléspectateur, on pense à une musique moins agressive pour une série médicale. Mais ce choix est judicieux puisqu’il amène un dynamisme et une ambiance décalée parfois très particulière (repensez à Beethoven dans Orange Mécanique...).

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À l’heure où j’écris ces lignes, je dois avouer que je n’ai pas terminé la série mais grâce aux 8 épisodes visionnés, j’ai largement la matière nécessaire pour vous conseiller cette série évènement, qui aura tenu toutes ses promesses (ok il me reste 3 épisodes, il faudrait un cataclysme pour que mon jugement change). Dernier point, si vous avez la phobie du sang, essayez malgré tout de vous forcer pour ne pas passer à côté de ce bijou.



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