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10 choses à retenir de l'album de Jason Voriz

1. Non, ce n'est pas un album de Seth Gueko

Difficile de présenter le personnage de Jason Voriz sans tomber dans d'inévitables clichés : rappeur français exilé en Thaïlande, amateur de tapins bon marché et de Jack Daniels, proche de l'écurie Neochrome, adepte de rimes salaces. Une description qui colle en tous points à celle de Seth Gueko, son alter-égo rapologique, omniprésent sur Brute Épaisse, que ce soit en tant que rappeur (3 pistes) ou en tant que réalisateur. Et comme si ça ne suffisait pas, l'autoproclamé "Professeur Punchline" est également présent sur la cover. On n'est pas face à un projet commun, mais la ligne directrice est clairement guidée par Seth. Alors forcément, avec deux univers si semblables, un tel rapprochement est logique, mais on aurait aimé voir Voriz un peu plus livré à lui-même.

2. En revanche, c'est bien un album Neochrome

L'ensemble manque donc un brin de diversité, d'autant que la quasi-totalité des prods sont signées Cody Mac Fly. Pour fuir la monotonie, on se réfugie donc dans les featurings. Hormis Seth, on n'est aucunement surpris de retrouver Alkpote et 25G, véritables piliers de l'écurie Neochrome. L'Empereur fait évidemment la différence à chaque apparition, et 25G surprend avec un style moins rentre-dedans qu'à l'accoutumée. Un peu plus surprenants, la présence sur la tracklist des noms d'Escobar Macson et Rim'K. Bien qu'on les ait déjà vu collaborer régulièrement avec Neochrome, on les imaginait mal mêler leurs univers à celui si particulier de Voriz. Pourtant, les connexions fonctionnent parfaitement, et permettent à Jason de diversifier un peu les ambiances. Plus tranchant et crapuleux avec Rim'K, plus énergique avec Escobar, on apprécie de le voir enfin quitter les bars thaïlandais et tenter autre chose.

3. Freko Ding' !

C'est l'excellente surprise de cette tracklist : Freko Ding est toujours vivant. Et on le retrouve exactement comme on l'avait laissé, en mangeur de pierres for life, puant la rue au sens le plus strict, avec ce brin de folie dans la voix, cet instinct canin imprévisible qui dissuade toute envie de croiser le bonhomme dans une quelconque ruelle sombre. Au milieu des habituelles connexions Neochrome, on apprécie d'entendre un featuring presque improbable. Freko se fait malheureusement trop rare, et chacune de ses nouvelles apparitions est à apprécier comme il se doit.

4. Jason Voriz a vraiment une voix marrante

C'est vrai, il devrait faire des doublages de dessin-animés.

5. Il devrait aussi taper plus d'accélérations

Niveau flow, Jason Voriz n'est pas à proprement parler un génie : il pose correctement, bien sur, mais avec une petite tendance à la linéarité, ce qui, à la longue, crée une légère monotonie. Pourtant, le boug sait varier, et est notamment très bon quand il se lance des des flows à accélération. On aimerait donc l'entendre un peu plus souvent dans ce registre.

6. Les français exilés en Thaïlande sont complètement baisés

Jason Voriz nous avait déjà fait part de son amour pour les prostituées, de sa passion pour les massages avec finition, mais n'en avait visiblement pas fini avec la vulgarité grasse. Piste 3 de Brute Épaisse : "Gros seins", et son refrain "grosse paire de seins, une grosse paire de seins, je peux tout donner si t'as une grosse paire de seins".

7. La Fouine avait raison : avant l'enfer, y'a Pattaya

Bon, on n'a pas attendu Jason Voriz pour savoir que la Thaïlande était la résidence secondaire du Sheitan sur terre. Mais le rappeur confirme et entérine le constat : pour un européen exilé, Phuket et Pattaya ne sont que luxure, débauche et décadence. Rien d'autre à gratter. Résultat, Brute Épaisse baigne dans cette atmosphère un peu perverse, où les prostituées font cinquante kilos dont trente de silicone, et où l'alcool se consomme comme si toutes les sources d'eau potable étaient taries.

8. Voriz sait punchliner

L'influence de Seth Gueko sur Jason Voriz se ressent jusque dans l'écriture, avec cette structure faite d'une tentative de punchline par mesure. Forcément, ça ne fait pas toujours mouche, mais c'est tout de même moins forcé que chez Seth, et on note quelques phases vraiment pas piquées des hannetons ("ma bite dans la gorge t'as une pomme d'adam" ; "y'a plus de règles, comme ta mère qui a eu sa ménopause" ...)

9. Si t'aimes pas Voriz, passe ton chemin

Premier long format solo réellement exposé, Brute Épaisse est un bon produit et une excellente carte de visite. Pour qui connaissait et appréciait déjà le style de Voriz, aucune surprise, aucune déception. En revanche, pour les hermétiques, nul besoin de vous attarder sur cet album : votre aversion pour le timbre rustaud du bonhomme ne sera pas guérie. Au contraire : plonger dans son univers pourrait provoquer un véritable rejet à vos esgourdes.

10. Conclusion

Brute Épaisse correspond à tout ce que l'on pouvait attendre d'un album de Jason Voriz : un bon petit produit qui confirme tout le bien, ou tout le mal, selon l'auditeur, que l'on pouvait penser du personnage. Pas d'extravagance directe, mais quelques noms ronflants en featuring viennent apporter leur petit lot de surprise. Brute Épaisse n'est pas l'album de l'année, mais mérite bien quelques écoutes.

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