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Interview | Joe Lucazz : 'J'aurais aimé être journaliste, ou écrivain'

« C’est un beau métier que tu fais, j’aurais aimé être journaliste. Quand j’étais petit, je disais toujours que je voulais être journaliste ou écrivain. Dans ma famille, je suis un peu l’artiste fou, celui qui passe son temps à écrire. Avec le rap, je suis resté dans le domaine de l’écriture. »

Il parait que Joe est un mec difficile à capter. Un texto, deux coups de téléphone, et 24h plus tard, j’étais assis en face de lui, dans un café du 18ème arrondissement parisien. Aussi loquace que sur disque, il revient sur le meilleur projet rap français de ce début d’année, No Name. L’occasion d’évoquer également ses prochains projets, ses amitiés dans le rap, son rapport à l’écriture, et ses aspirations futures.

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Genono : Déjà, est-ce que t’es satisfait des premier retours sur No Name ?

Joe Lucazz : Pour l’instant, ouai … je suis même agréablement surpris ! C’est mon premier véritable projet solo, alors que ça fait bientôt vingt ans que je fais cette merde. Et j’ai commencé en solo, dans ma salle de bain, donc c’est un peu un retour aux sources. Ca me fait kiffer, y’a des propositions à droite, à gauche, des demandes de featurings, plein de bons retours de la part de la presse grand public comme de la presse spécialisée, les radios qui commencent à jouer le jeu … C’est super cool. Après, faut jamais être satisfait, parce que c’est que le premier pas.

Genono : On t’a pas vu -dans le monde de la musique, en tout cas- pendant pas mal de temps, là c’est un vrai retour, tu comptes enchainer ?

Joe : Voila, c’est exactement ce que je voulais exprimer, tu m’enlèves les mots de la bouche. C’est bien, je suis satisfait parce qu’il y a des bons retours, mais maintenant je veux augmenter le level. C’est ça que je trouve chanmé : maintenant que j’ai mis le premier pied en avant, je suis obligé de monter la barre. Je sais que j’ai encore rien lâché, c’était juste de la frustration à sortir. Maintenant que j’ai lâché ça, c’est bon, on peut envoyer les choses.

Genono : No Name, on n’a pas trop su si c’était un album, mini-album, projet indéfini , EP …

Joe : Alors, je t’explique l’histoire. Ca fait un an que j’étais en train de taffer l’album. C’est la première fois que je me retrouvais à enregistrer seul, en pouvant prendre tout mon temps, sans aucune pression … C’est vraiment mon truc à moi. Je prenais mon temps, je me faisais plaisir. Je retrouvais un peu les sensations de mes débuts, à une époque où, tant que t’étais pas prêt, tu n’osais même pas dire que t’étais rappeur. T’as un texte que tu connais par cœur, mais tu vois le niveau des gens à côté, tu te dis « nan, je suis pas prêt ». J’étais donc un peu dans ces conditions. J’ai enregistré pas mal de morceaux, et je sentais quand même une certaine attente. Alors on s’est dit qu’il fallait en balancer quelques-uns, dans un certain format. Après, je sais pas, aujourd’hui, entre EP, LP, album, mini-album, street-album … y’a trop de trucs, j’en sais rien. Je pourrais dire que c’est mon album, mais non, puisque je suis en train de le taffer, le vrai album. J’ai juste enlevé quelques pièces du vrai album pour les mettre sur No Name. Tant que ça reste cohérent … de toute façon, ça ressemble à du Joe. Mais l’album va ressembler à ça, en mieux, si Dieu le veut.

Du coup, on en arrive au blaze. Comme je savais pas trop comment le définir –album, pré-album, mini-album-, j’avais pas non plus de nom. D’ailleurs, je pense que si vraiment je devais le définir, je dirais que c’est un album avant l’album.

Genono : Un peu comme Salif quand il a fait Boulogne Boy ?

Joe : Ouai, c’est un bon exemple. Juste histoire de dire que je suis toujours là, et que les choses arrivent. « Excusez-moi pour cette longue attente, je vous offre ça ». Et donc, voila pourquoi « No Name ». J’allais pas inventer un nom super recherché, un concept, ou un gimmick de fou juste pour en faire un titre … Je pourrais inventer une tchatche, je suis rappeur, c’est facile de mentir. Mais la vérité, c’est que je savais même pas sous quelle forme présenter ce projet. Si j’étais un cainri, je l’aurais appelé « Untitled ».

Genono : Est-ce que t’es capable de définir ton style ?

Joe : Maintenant j’y arrive, parce que je m’assume plus. Je sais où je vais, je sais qui je suis. Mon style, c’est très influencé soul, jazz, parce que c’est ce qui me fait vibrer, et pas seulement dans le rap. Après, j’aime de tout, je suis assez bon public. J’aime la variét’, le reggae, le blues … J’aime la musique classique, même si je suis pas du tout pointu dans ce domaine, y’a des trucs qui me parlent. Après, dans le rap, mon style est influencé par New-York, forcément. Le New-York des nineties. Mais je veux pas rentrer dans la polémique du « le rap c’était mieux avant », c’est juste que mon influence est celle-là. C’était pas mieux ou moins bien avant, c’est pas la question. C’est juste que ça me parle plus. Chicago, Atlanta, pour parler du rap d’aujourd’hui, c’est pas tellement mon délire. Et pour finir, mon style, c’est l’importance donnée à l’écriture. J’aime les gens qui écrivent, que ce soit dans le rap français ou dans la chanson française.

Genono : Justement, tu dis « J’suis Le Rat Luciano, j’suis Flynt, et j’suis Bors ». Pour toi, ces trois là, c’est le haut du panier, en France ?

Joe : On va les prendre dans l’ordre. Le Rat Luciano et Flynt, j’ai eu la chance de les connaitre et les côtoyer, et même de faire des morceaux avec eux. Et ce qu’ils disent, ce qu’ils racontent, ça me parle. Bon, pour Flynt, on se connait depuis plus de dix ans, je suis fier de son parcours. Lui et moi, on a commencé, on n’avait jamais rien enregistré. Aucune apparition, rien. Concernant Le Rat Luciano … pour moi, c’est le meilleur rappeur français. Il arrive à parler de trucs sincères, sans la moindre insulte, et en restant très rue. Il arrive à mettre de l’émotion dans ses lyrics, à super bien interpréter, il a une plume de malade … j’attends son retour comme un dingue ! Et Lino …j’ai toujours kiffé, au même titre que Lunatic, que les X-Men. T’écoutes un texte de Lino, tu te manges tellement d’informations dans la tête. Je suis super content qu’il soit revenu, parce que c’est des mecs comme lui qui font qu’aujourd’hui, les gens qui écoutent du rap se disent que c’est pas juste une musique pour faire les singes en boite et danser.

Donc ces trois là, je considère que c’est des super belles plumes. Et ce que j’aime, c’est qu’ils n’en jouent pas, ils font ça de manière très naturelle. Flynt, son rap lui ressemble. Luch’, c’est l’exemple-type. Quand j’ai pas de news de lui, j’écoute un de ses morceaux. Dans son rap, tu retrouves tout ce qu’il est.

Genono : Sur No Name, les seuls invités sont Cross et Express Bavon. C’est une volonté de faire un projet où tu es vraiment au centre, et où tu es le seul à être mis en avant ?

Joe : A la base, je voulais aucun invité. Je voulais donner que du Joe, parce que j’ai jamais sorti de long format solo. Je partais donc sur un dix titres 100% solo. Et puis après, je me suis dit « c’est con, mon négro Cross … allez, on va kicker un ou deux morceaux ». Ensuite, sur Corner, je voyais bien un refrain chanté. J’ai d’abord pensé à mettre une nana, mais je suis très difficile, j’aime bien les vraies belles voix. Trouver la bonne voie, c’est un vrai bourbier ! C’est vrai aussi que j’aurais pu le faire moi-même, mais le vocoder … nan, c’est interdit, je peux pas. Alors j’ai pensé à Express Bavon, qui est un pote à moi, et que je trouve très bon.

A l’avenir, y’a des collaborations qui vont arriver, d’ailleurs certaines sont déjà prêtes. Ce sera sur les prochains projets. J’aurais pu appeler du monde, de toute façon, ceux que j’aime bien, je les connais déjà. Si je les avais appelé, ils seraient venus, je pense. Mais c’est vraiment un choix. Là, comme y’avait une petite attente, je voulais vraiment donner que du Joe.

Genono : Cross, il continue le rap de son côté, ou il s’est motivé uniquement parce que tu l’as appelé ?

Joe : Il avait mis ça de côté, un peu comme comme moi. Et le fait que je me remette dedans, et qu’il y ait de bons retours, je pense que ça l’a un peu remotivé. On a enregistré quelques trucs … wow ! Ah ouai, t’es encore là, négro !

joe lucazz 1Genono : T’as fait un son avec Alkpote l’année dernière, Hors-jeu, où t’adoptes un flow super saccadé à la Migos. C’était une envie de ta part, ou c’est Alk qui te l’a demandé ?

Joe : Moi, les Migos, et toute la scène d’Atlanta, Chicago, etc, c’est vraiment pas ma came. Quand ça passe en soirée, je suis comme tout le monde, je lève les bras et je danse, mais ça s’arrête là. Pour ce titre, on s’est retrouvé en studio avec Alk, il venait de terminer sa séance, c’était mon tour … Alk, c’est un frangin, on se connait depuis belle lurette, et on a déjà collaboré plusieurs fois ensemble. Y’a un respect mutuel entre nous. Et effectivement, il avait imposé un rythme sur ce titre, avec son flow saccadé, il m’a dit que ce serait bien que j’essaye de suivre ce truc. Pourquoi pas my man, on va voir ce que ça rend ! Mais c’était pour faire comme Alk, pas pour faire comme Migos.

Genono : Le prochain album est déjà enregistré ?

Joe : Nan, j’ai commencé, mais y’a encore du taff. De toute façon, même quand tout est terminé, y’a encore du taff. Mais là, je suis sur la bonne lancée. J’ai pas mal de titres qui sont déjà en boite, je continue à faire des sélections d’instrus … Je suis content, ça a une bonne couleur. Un peu la même couleur que No Name, mais le level d’au-dessus. En tout cas, j’essaye. Les efforts sont faits dans ce sens. Ce sera mon premier vrai album solo. Et dans le courant de l’année, je vais peut-être envoyer un No Name 2.0. J’ai pas mal enregistré ces derniers temps, j’ai des choses en stock.

Genono : T’as une écriture très particulière, est-ce que t’as une méthode ?

Joe : Bah c’est marrant, parce qu’en lisant toutes les chroniques sur l’album, je m'aperçois que tout le monde dit ça. Mais pour moi c’est vraiment naturel. J’entends le son, et à partir de là, ça se fait tout seul. Soit je vais suivre le beat, soit je vais suivre la boucle, mais c’est le son qui va dicter l’écriture.

Genono : T’écris toujours avec l’instru ?

Joe : Au mieux, oui. Mais si j’ai pas l’instru, j’écris quand même. J’écris tout le temps, avec ou sans le son. C’est très instinctif, je balance mes idées comme elles me viennent, je les couche sur le papier. Après, en fonction du son, t’as toujours des aménagements à faire, pour que ça colle … mais y’a pas de calcul. Je kiffe écrire autant que rapper, et j’aime le contact de la feuille et du papier. Je peux pas écrire sur un portable, par exemple, j’ai besoin de voir mes ratures, mes corrections.

Genono : Tu pourrais écrire autre chose que du rap ? Roman, scénario, autobiographie …

Joe : Bien sûr, j’adore l’écriture … je bosse sur un scénario en ce moment. J’adore écrire ! Enfin, il ne faut adorer que Dieu donc … disons que j’aime énormément écrire. Au moins autant que rapper. Je pourrais écrire pour des gens, c’est mon kiff. Je me verrais bien écrire un bouquin, faire plein de scénars de films, des textes pour des chanteurs …

Genono : « Ma scolarité se résume à : bon en français … ». Cet amour de la langue, c’est un truc que t’as depuis tout petit ?

Joe : Je pense, ouai. J’étais bon en rédaction, c’était mon truc. Et même aujourd’hui, j’aime la grammaire, j’aime l’orthographe … C’est quelque chose qu’il faut respecter. Les « tkt », « mdr », « lol », c’est pas mon truc. Peut-être que je suis pas assez entré dans le XXIème siècle.

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Genono : D’ailleurs t’es pas trop sur les réseaux sociaux, je crois que t’as juste un compte facebook, mais t’es pas sur twitter, instagram …

Joe : Nan, j’ai que facebook. Mais peut-être que twitter, je vais m’y mettre. C’est un bon outil de communication.

Genono : Niveau marketing et mise en avant de tes sorties, ça peut aider.

Joe : Voila, je pense m’y mettre dans peu de temps. On me le conseille, et c’est des bonnes personnes qui m’en parlent, donc pourquoi pas. Après, Snapchat, etc, je peux pas. C’est trop ! Tu passes ta vie sur ton téléphone. Les trucs, c’est devenu des ordinateurs. Et si ça avait pas ce format qui rentre dans la poche, on se baladerait tous avec notre ordinateur. On serait tous dans le métro, à la cantine, dans la rue, avec un gros IBM entre les mains.

Genono : No Name n’est pas sorti en physique. C’est un choix pour éviter des démarches qui auraient retardé la date de sortie ?

Joe : Bah déjà, c’est pas moi qui ait eu la décision finale là-dessus. Mais bon … No Name, c’est presque un tour de chauffe. « Tenez, je vous le donne, prenez-ça ». C’était pas dans le but d’attraper du monde. Sinon, j’aurais fait des sons dans la tendance actuelle, des featurings avec des gens du moment. J’ai fait le truc que j’aimais faire, et je voulais faire plaisir à mes gens. L’idée n’était pas de ramener un nouveau public. Donc oui, on est en train de voir si on va pouvoir mettre en bacs une version physique. Mais au moins, le produit est sorti, et les gens ont pu l’écouter. C’est l’essentiel.

Genono : Le reproche qu’il y a eu, c’est ce mix pas tout à fait parfait.

Joe : Quand t’es rappeur, t’es là, tu fais ton morceau, tu l’écoutes, le réécoutes, le ré-réécoutes. Ensuite, tu fais le mix, donc tu vas le réentendre des dizaines de fois. Ensuite, tu fais le mastering … à la fin, t’es limite écœuré de tes morceaux. Du coup, pour le mix, sur le coup je le trouvais bon, et je trouve toujours bon. C’est un truc que j’ai validé sur le moment, je peux pas dire maintenant que le mec qui a mixé a fait du mauvais boulot. A partir du moment où j’ai validé, c’est ma responsabilité. Donc oui, on aurait peut-être pu faire différemment … Certains morceaux rendent mieux que d’autres, je suis pas fou. J’ai réécouté, ouai, ça aurait pu être taffé différemment. Ce qui joue aussi, c’est que sur certains morceaux, les beatmakers étaient présents, et sur d’autres non. C’est une manière de travailler qui est différente.

Genono : A propos de beatmakers, t’as deux prods de Butter Bullets sur No Name (Gatsby et Pharell), et tu avais déjà collaboré avec eux sur leur album Peplum, en 2012. Comment s’est faite la rencontre ? Parce que vous avez des univers qu’on n’associerait pas forcément naturellement.

Joe : Avant même la musique, Sidisid et moi on a des amis en commun, on traine dans les mêmes endroits. Ils taffent aussi beaucoup avec Alk, ou avec DJ Weedim, qui est un très bon gars, qui fait des bêtes de prods … donc on est souvent amené à se croiser. Ce mec, c’est une belle rencontre, qui s’est faite très naturellement. On a trainé ensemble, ridé ensemble … Mais le truc que j’aime chez Sidisid, c’est qu’on a des choses en commun en dehors du rap. Donc finalement, quand tu me dis qu’on ne nous associe pas naturellement. Musicalement, c’est peut-être pas proche, mais on a tellement d’amis en commun, et de meufs en commun.

Butter Bullets, en termes de prods, ça me rappelle un peu le délire d’Alchemist. Après, quand Sid rappe, c’est un autre délire. Mais j’aime comment il écrit, j’aime son univers.

Genono : Du coup, pour ses prods sur No Name, c’est même pas une démarche de ta part d’aller les chercher, ça se fait vraiment naturellement.

Joe : Voila, je me rappelle même plus si c’est moi qui lui demande, ou c’est lui qui me propose … ça se fait tellement naturellement ! Je suis pas trop dans les mathématiques, ça reste de la musique. Il faut une part de vrai, s’il y a trop de calcul, ça perd tout son sens. On se fait plaisir.

Genono : Vous allez continuer de collaborer ensemble ?

Joe : Bien sûr !

Genono : Uniquement sur les prods, ou y’aura encore des feats ?

Joe : Les deux, on va faire du feat, je sais pas si ça sera sur son projet ou le mien … Pour les prods, y’en aura forcément des siennes sur mon album, mais pour la majorité, ça restera Pandemik Muzik parce que … comme disent les cainris, « my brother from another mother ».

Genono : « Derrière chaque grand homme, y’a toujours une femme » … est-ce que tu es une Femen qui s’ignore ?

Joe : (rires) Attention, je pourrais le prendre mal ! « Derrière chaque grand homme, y’a toujours une femme », c’est la vérité, non ? Même s’il peut m’arriver de les traiter de pétasses, de putes, de tchoin, de cougars … je les aime, les femmes ! Et puis, j’ai pas mal de sœurs, je suis forcé de les respecter. Ce que je veux dire, c’est qu’on peut réussir ou chuter, mais si t’as une vraie femme avec toi, une femme qui te supporte, tu peux aller beaucoup plus loin. Chaque personne a son histoire, certains avancent mieux tous seuls, mais une femme, ça crée un équilibre, ça t’aide à moins te disperser et à rester focus. Parce qu’on est humains ! Un cul qui passe, un clin d’œil, hop, t’oublies tes objectifs.

Genono : Tu fais quelques références à la religion dans tes textes, mais c’est très parsemé, tu ne développes jamais vraiment. C’est quoi ton rapport à la religion ?

Joe : Ce que je fais, ça reste de la musique. Après, y’en a qui en vivent, mais dans ce cas, c’est plus de la musique, ça devient un game. Moi, la musique, elle m’a rapporté très peu, voire pas du tout. Donc je préfère parler de ce qui me touche personnellement, et de ce qui fait partie de ma vie de tous les jours. Ca ne veut pas dire que la religion n’en fait pas partie. Elle fait partie de moi, tous les jours, je ne peux pas m’en détacher. Je suis musulman, je crois en Dieu, j’espère être guidé à un moment ou à un autre –peut-être que je le suis même en ce moment, je sais pas. Mais en tout cas, si j’en parle peu dans mes textes, c’est que la religion, c’est sérieux. C’est pas sur un son trap que je vais te parler de spiritualité. Après, je pourrais faire un morceau axé sur la religion, mais faudrait qu’il soit beau, parce que la religion est belle. Faut que les gens sachent que la religion, c’est quelque chose de beau. Arrêtez d’être effrayés par les événements. Donc peut-être que sur l’album, y’aura un morceau là-dessus, mais je peux pas faire d’annonces là-dessus, j’en sais rien. Je préfère distiller des petits trucs au milieu de mes morceaux plutôt que d'en faire un gros thème un peu forcé.

Genono : T’as fait une interview y’a quelques jours où tu disais que t’aimais la variété … d’ailleurs, à un moment dans l’ « album » tu cites Benjamin Biolay. Ca te plairait de collaborer avec un artiste de variété ?

Joe : Oh putain, ouai ! Ca m’exciterait beaucoup plus qu’avec quelqu’un du rap. Dans le rap, j’aime Flynt, Lino, Le Rat, Metek, Eloquence, S-pri Noir, Alpha Wann … donc travailler avec eux, ouai, mais travailler avec des gens de la variet, ça serait encore mieux. Pas forcément faire une collaboration rap-variet … mais si Biolay me faisait un son, ce serait magnifique. Si Pauline Croze me fait un petit refrain guitare-voix, pareil. Kavinsky, sa musique, son univers, ça me parle. Tellier, c’est la même chose, ça me parle énormément. Qui d’autre … Thomas Fersen, j’aime beaucoup. J’aime la chanson française, tout simplement.

Genono ; Tu dis que ça serait pas forcément une collaboration rap-variet, mais alors ça se présenterait comment ? Tu chanterais ?

Joe : Non, moi je ferais my shit, comme d’hab. Mais une vraie collaboration, c’est plus que « je fais mes couplets, tu viens, tu fais ton refrain, et on met ça dans la boite ». Je parle de travailler le morceau ensemble du début à la fin, de se nourrir de nos idées, de tout penser à deux.

Genono : On arrive à la fin de l’interview, je te laisse le mot de la fin.

Joe : Si Dieu le permet, 2015, c’est pour Joe. Si je suis toujours en vie, c’est mon année. On m’a reproché de ne pas assez donner d’image, bah les clips arrivent. Les projets sont déjà dans les machines, y’a pas de raison que ça n’avance pas. Je me sens prêt à offrir ce que j’ai aux gens.

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  • 7 thoughts on “Interview | Joe Lucazz : 'J'aurais aimé être journaliste, ou écrivain'

    1. Le projet "No Name" de JOE LUCAZZ n'est qu'un pré-album ?!
      C'est pourtant l'un des meilleurs disques de rap fr du 21ème siècle !
      J'en conclu donc que l'album à venir sera apocalyptique.
      PS : Dommage que "No Name" ne soit pas sorti en version physique.
      Bonne continuation.

    2. Ahah la religion c'est beau, ce qu'il ne faut pas entendre.
      La religion c'est avant tout pour les faibles, ceux qui cherchent des réponses à tout prix, même si elles sont mauvaises.
      Je l'aimais bien, dommage.

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