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Alkpote - Tourbillon | Décryptage du clip

L'Orgasmixtape 2, second volume du meilleur compact-disc de tous les temps, sera dans les bacs le 11 mai 2015. Pour préparer le terrain, Alkpote a déjà offert à la populace deux extraits : Formule 1, et son clip censuré par le groupe Accor, et Tourbillon. Réalisé par Kevin El-Amrani -un homme étrange déjà à l'origine d'un paquet de clips super chelous- avec l'assistance de William Krampf (DFHDGB), responsable des animations, Tourbillon est sans aucun doute la vidéo la plus fabuleusement mongole de l'histoire du rap français. On m'a soufflé à l'oreille que ce clip ressemblait à s'y méprendre à du Panteros666, et oui, il y a surement cette inspiration volontaire, mais rebroussez chemin immédiatement si vous n'arrivez pas à saisir le génie d'un logo Duarig ou de Vegeta en train de faire du quad. Le tout, avec de la 3D digne d'un logiciel gratuit tournant sur Windows 95.

Pour faire honneur aux génies en présence -Alkpote, Butter Bullets pour la prod, William Krampf pour les animations, et Kevin el Amrani pour la drogue-, attardons-nous quelques minutes sur tous les éléments de ce musical vidéoclip.

0'03 : La première image du clip est un parfait condensé de tout ce qui va suivre pendant les quatre prochaines minutes : logo Neochrome -évidemment-, paire de Air Max -car Alk sait ce qui plait aux scarla, lui qui rappe pour ceux qui portent encore des sappes Lacoste-, et buste d'Alkpote, lunettes noires et "foulard de chiennasse".

0.03

0'08 : En moins de 5 secondes, le buste d'Empereur s'envole vers les étoiles, et un rôtissoire à kebabs apparait, suivi d'un croissant islamique, d'une croix chrétienne, et d'une étoile juive. Une métaphore juste et un message d'espoir : l'humanité entière peut faire fi des guerres de religion et s'entendre autour d'un bon grec sauce samouraï.

0.08

0'13 : Alkpote apparait. Lunettes noires et gros foulard sur la tête, donc. "Laura Smet, Lou Doillon" : le festival du name-dropping débile peut commencer. Et pour faire honneur à ces dames, quoi de mieux qu'un Samsung B2100 qui tournoie, avec une courtisane peu vêtue à l'écran ?

0'13

0'21 : Après l'apparition remarquée d'un logo Cartier, voila qu'un premier mystère algébrique, digne de Lost, vient titiller les esprits. Une série de nombres, de 0 à 23, et une inscription : Maison Martin Margiela. La Maison Margiela est une maison de Haute Couture, actuellement dirigée par John Galliano, un mec qui aime crier dans les rues qu'Hitler était un mec sympa. Logique, donc, de le retrouver dans un clip d'Alkpote, qui aurait pu "leur refaire a l'envers comme si -j-'avais eu l'revolver de Hitler."

0.21

0'31 : Alors que le refrain, qui tournait depuis le début, touche à sa fin, Sidisid apparait. Impassible (et épaulé par un logo Butter Bullets tournoyant), il contemple les ténèbres dominant ce garage sous-terrain. Bon, par contre c'est pas la peine d'attendre qu'il se mette à rapper, il est juste là pour montrer sa tête.

0'31

0'42 : Alk défile dans un environnement en 2D avec scroll horizontal, et des petits nuages tout droit sortis de Super Mario 3, et tout à coup, POKEBALL. Qu'est ce que cette pokeball fout là, et surtout, qui contient-elle ? Florizarre ? Ou est-ce une douille, genre Magicarpe ? La réponse est à la fin du clip.

0.45

0'50 : "La chatte à Salma Hayek, ou de Cruz Pénélope". On continue dans le name-dropping improbable.

0.50

1'01 : Et là, BIM, le logo Duarig. Celui que t'as pas vu venir, parce que forcément, un logo Duarig en 3D, flottant et tourbillonnant, tu t'attends pas forcément à en voir un dans un clip de rap. Explication de Krampf : "Duarig c le ter ter, 42 tout ça, Sainté". Faut vraiment enseigner à vos gosses de ne pas toucher à la drogue, les gars.

1.01

1'05 : Ensuite y'a un keuf avec un logo du PSG, bon, pourquoi pas.

1.05

1'11 : Première apparition d'un petit bout de quad.

1.11

1'13 : Retour de la pokeball volante, et Alk qui chante "j'fume un gros calumet pour mon quota de fumée". Tout va bien dans le meilleur des mondes, et William Krampf vient même montrer sa tête en arrière-plan.

1.13

1'28 : Finalement, ce clip est tout ce qu'il y a de plus normal. D'ailleurs, le logo Duarig est de retour. Et il brille. D'ailleurs, dorénavant et désormais je refuse de regarder des clips de rap s'il n'y a pas de logos Duarig incrustés dedans. Démerdez-vous comme vous voulez

1.28

1'33 : Les noms de Valentino et Jil Sander apparaissent à l'écran l'un après l'autre ... Bon, on va pas faire tous les couturiers du clip non plus. Ce qu'il faut retenir ici, c'est cette dédicace d'Alkpote aux épicuriens et épicuriennes, desquelles il se réclamait d'ailleurs déjà en interview ou encore dans le titre Fume la vie.

1.31

1'39 : Du lourd pillon (perdu dans l'tourbillooooon). Notons d'ailleurs le léger filet d'autotune sur "tourbilloooon", qui crée un effet d’absorption tout à fait pertinent.

1.39

1'48 : Alors après, y'a un aigle qui entre dans un stade qui semble être le Parc des Princes. Pourquoi pas.

1.48

2'00 : Alors là, y'a deux images qui vont apparaitre dans le cadre de ce qui semble être un écran de portable géant. La première, c'est Madeleine à la veilleuse, de Georges de La Tour. Me demandez pas ce que ça fout là, bordel, j'en sais putain de rien. Notez par ailleurs qu'elle contemple une paire de sneakers, c'est le petit +.

2.00

2'02 : La seconde c'est, la cover de l'Empereur, premier album solo d'Alkpote. Et le truc tournoie, parce que le son s'appelle Tourbillon et que malgré toutes ces choses sans queue ni tête, il faut bien qu'au moins un élément reste cohérent.

2.02

2'13 : Alk dit "ces batards de médias ne nous ouvrent pas la porte", ce qui est techniquement faux, puisque la porte de Captcha Mag est toujours ouverte pour les rappeurs qui parlent de Salma Hayek.

2.13

Pause : Heureusement que le morceau dure pas 8 minutes parce que ça commence à me casser les couilles de faire des captures d'écran.

2'18 : Un bout de Pikachu apparait, on pourrait peut-être y voir un indice pour l'histoire de la pokeball, mais je vous rappelle que Pikachu refusait d'aller dans une pokeball, ce petit bâtard préférait gambader comme un clebs aux côtés de son maitre.

2.18

2'20 : Un mec immobile dans un car wash.

2.20

2'24 : VEGETA SUR UN PUTAIN DE QUAD. GENIE GENIE GENIE GENIE GENIE GENIE GENIE.

2.24

2'35 : Une image succincte du clip de Chiens vient se caler là, avec le fameux "On baise les plus belles poulettes" qui vient rimer avec "Butter Bullets". Tourbillon et Chiens, les deux meilleurs clips de la clipographie d'Alkpote. Ne venez pas en débattre.

2.37

2'43 : Retour de Vegeta en quad, et apparition d'un camion-citerne Givenchy. Du génie, j'vous dis.

2.43

2'51 : "Je vais arrêter le rap, je passerai à autre chose". Et aussi, un canon de flingue siglé Damir Doma. Pour tuer avec style. Damir Doma, c'est un créateur de mode croate. Pourquoi pas, après tout les croates ne sont pas seulement nés pour devenir des numéro 10 de génie.

2.51

3'14 : Alors là y'a carrément un logo du FC Metz. Personne a compris, c'est un peu comme quand François Hollande s'est retrouvé à l'Elysée. Le truc est là, on va faire avec sans trop se poser de questions, mais c'est tellement improbable qu'on peut presque considérer ça comme une performance artistique prodigieuse.

3.16

3'17 : La pokeball s'ouvre ...

3.18

3'18 : ... et c'est un soldat qui en sort :

3.19

Alors j'ai demandé l'explication à William Krampf. Et il m'a envoyé deux liens : celui-là et celui-là. Libre à vous de cliquer et de ne plus dormir la nuit, mais perso je vais pas développer plus j'ai déjà passé trop de temps à faire des captures d'écran, et je suis bénévole.

3'28 : Sidisid a mis son K-Way, parce que si jamais il pleut, il veut pas être mouillé.

3.30

3'40 : Le mot de la fin est pour Pikachu, ce petit enculé qui préfère pousser des enfants à se scarifier plutôt que de rentrer dans sa pokeball grand luxe.

3.40



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