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MAXO '187' KREAM : 'RIDIN CREEPY' [2]

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«Je ne dors jamais car le sommeil est le cousin de la mort !! » – Maxo.

Ridin' Nasty.

Enfouraillé comme en Lybie (cf. Maxo Khadafi), un sourire à s'en déraciner les chicots miroitants, nanti de ce ' twistin tongue ' qui débobine la pensée et titille la glotte encore baignante dans le gorgeon purpurin : Ici, c'est Maxo Kream ou l'art de confirmer son statut de desperado sous les tropiques joyeux du West Side à la faveur de Maxo 187, une œuvre au noir où percent les nouvelles ambitions du rap houstonien.

Faut bien l'avouer, depuis que Trae, Bun-B, Slim Thug, Z-Ro et d'autres vétérans se sont « bunkerisé » dans la routine, les choses ont évolué à Houston. L'apparition de ce 'shoota' de l'Ouest en continuelle ascension depuis Quiccstrikes a réveillé les passions. Un soudain engouement lié au fait que Maxo Kream apporte une alternative 'creepy' à la nouvelle vague locale composée des Propain, Doughbeezy, Yung Maqus, Sauce Walka, Sauce Twins, SosaMann, Stoppa, Dice Soho, Harold Lee, Honey The Hippie, D-Boss, OG Che$$, Marcus Manchild, Benji Bands, Kwasei La'Flare, Amber London, Boston George...
En fait, un aveugle enfermé dans un cercueil verrait tout de suite que Maxo est une anomalie. Sa rhétorique 'dirty & nasty' dénuée de gimmicks dessine tel un sismographe les tremblements parkinsoniens d'un Houston se réveillant au lendemain d'une java qui a duré pas moins de dix ans. Selon Maxo, la fête est bien terminée. Le cycle naturel des choses en somme. Mais ce n'est pas tout. A l'entendre, le rap de Houston est définitivement moribond, en conséquence, il est a réinventer. Manifestement, tout mettre en œuvre pour que son œuvre échappe au conservatisme local et ne ressemble jamais à ces multiples standards joués une fois de trop est aujourd'hui au programme.
Bien entendu, question concept, on est à des années lumières de la résonance communautaire du Saint-Esprit que l'on trouvait chez Grapetree Records, ex-label expiateur aujourd'hui enfoui sous une chape de douilles et de jurons.
Nul besoin de préciser que de ce côté-ci du biz, l'évangile est tout autre : ça transpire le péché de la chair, le Xanax à la louche, la poudre à canon, l'argent du beurre, pour ainsi dire le mauvais genre. D’ailleurs, quand on demande à Maxo s'il croit en Dieu, il rétorque qu'il croit en lui. Et ne se fait pas prier pour conchier la mort, fond de commerce de l’Église, puis kidnapper le pasteur dans Mary & Molly : « Piss on your casket and shoot up the hurse, kidnap the pastor then trap out the church. »

Inspiré, téméraire, Maxo Kream a rallié sans trop de peine la rue à sa cause car il incarne à lui seul le grand chambard …  Si la doctrine locale du ralentissement est encore là, latente, dans son charabia aux âcres parfums de tétrahydrocannabinol, force est de constater que celui-ci aime faire appel aux expérimentations bass & drums les plus syncrétiques afin de s'aventurer dans des territoires de préférence obscurs, mystérieux, par moment cauchemardesques. Car la psyché de Maxo Kream est saturée de fantômes et de maisons hantées, de fait, c'est un monde entropique aux accents gothiques qui nous entraine dans les friches d'un rap libéré de ses artifices putassiers.

https://soundcloud.com/maxo-kream/maxo-kream-x-lyndo-cartel-real-bucc-prod-tommy-kruise
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KREAM CLICC GANG : LES NOUVEAUX APACHES DE PURPLE CITY.

Le statut indépendant revendiqué par la Maxo Kream n'a rien de rédhibitoire quand on est originaire de la métropole qui abrite les institutions Rap-A-Lot, Swishahouse et Boss Hogg Outlawz. Faut dire que depuis K-Rino mais aussi Dope-E, vétérans grisonnants de bien des guerres, on n'a jamais eu peur d'entrer dans la résistance et continuer à vivoter de ses maigres deniers plutôt que renier sa propre éthique. Seulement le très instable centre névralgique du rap actuel a intégré d'autres valeurs que la réussite par le travail et les vertus anti-establishment. Ne suffit plus de 'bouncer la weed', de 'rapper la double cup' ou de combiner quelques rimes fielleuses sur les Blancs ou le président américain pour tant soit peu surnager à Purple City. Appréhender sa carrière en mode 'gamejackeur' est hautement conseillé lorsqu'on désire à la fois briser une bonne fois pour toute la mécanique binaire Nord/Sud de la ville, franchir les limites de l’État et s'en aller conquérir une audience nationale …
Notamment tenir la dragée haute aux spitters de l'Ohio, à savoir Insomniac Lamb$ et autre Mal G alias Ski Mask Malley.

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Kream Clicc Lyndo Cartel.

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« Like Soulja Slim I got enough of dicc for all y'all ! » a récemment prévenu Kream Clicc Lyndo Cartel sur twitter, preuve que leurs modèles ne sont pas/plus de ce monde … En fait, depuis que Lil' Andrew aka Woodrow Kream est sorti de sa brève existence les deux pieds devants, la klicc composée des Maxo, Lyndo, Kream Jay, Jared, Jermaine & C° est sur le sentier de la guerre. Pas un choix anodin : tous préfèrent avancer en file indienne, laissant Maxo libre de décider quand, où et en compagnie de quels cracheurs de feu il est envisageable de bruler un bon calumet. Car dans cet univers du rap où moguls et gros bonnets te considèrent comme du gumbo, il vaut mieux vivre entouré de la Clicc et extirper ses propres dollars noirs du caniveau plutôt que de bouffer au râtelier du rap verbeux, pasteurisé jusqu'à la l'overdose. Échapper à ces loups qui veulent t'arracher le fond de ta culotte, mais aussi fuir ces chroniques manipulées par les ghostwriters où l'on détecte mille empreintes digitales, tel est le mot d'ordre. Qu’importe si on se salit les paluches, le jeu en vaut la chandelle, et puis c'est une question de principe, de crédibilité, tout autant qu'une preuve d'amour envers Forum Park Drive 10110, l'un des hoods les plus brulants de Houston où on a perdu depuis longtemps le bouton du thermostat.
Quant à déterrer la hache, autant que ce soit accompagné par ceux qui se prosternent devant le totem sacré qu'est le Tableau B. Ici, c'est avec J. $tash, chasseur de $calp$ osseux et taulier du Relax Gang / Relax Rekords, qu'il entremêle les jargons :

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Maxo 187.

Venons-en à Maxo 187, projet sensé à la fois ouvrir la boîte de Pandore et arroser de napalm le volcan en ébullition qu'est le West Side. Des mois que Maxo annonce sa sortie, faisant monter la hype à la manière d'une banale mayonnaise jusqu'à ce que le quorum des prosélytes soit enfin atteint. Ce faisant, l'album est maintenant en ligne avec une liste d'invités qui rend l'écoute captivante: Father (Atlanta), Joey Bada$$ (New York), Lamb$ (Cleveland), Fredo Santana (Chicago), Lil Family, Sauce Twinz & LE$ (Houston).
Tout d'abord, après avoir balancé la purée façon Kenyatta dans la tire-lire à Carol (cf. Donald Goines)  - Paranoia - Maxo sort le mortier et sème le trouble dans le précité Clientele : « Fuck the feds and fuck the judge... Fuck the cops they catching slugs, fuck the laws im selling drugs... »
A partir du moment où les ébats du couple incestueux vicodine & syrup rendent hypnotiques la rotation synchrone des chromes d'antan, 1998 est recommandé pour s'enfoncer dans la jungle houstonienne.
Pas de langues de bois, en aucun cas de langues tièdes, exclusivement des langues débridées et chargées de mots qui roulent comme le tonnerre dans un ciel noir chargé de pluies acides –  Sur KKK.
De la magie au paranormal, il n'y a qu'un pas. A la seule écoute de Trap Mami/ Flippin, mon chien est allé se réfugier sous le lit en gémissant. Mmmh … à mon tour, j'ai la nausée du zombie et des douleurs aiguës dans les guitares. A moins que ce soit actavis, xannies, roxies, oc 80s et percs qui intensifient la catalepsie d'Astrodome screwdé à l'aide d'un jeu de clés à cliquet réversible par Wxlf Gxd, lequel se surpasse sur Murder et Cell Boomin' ... Enjoy !

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