scarface mains

PNL, des mains faites pour les disques d or

Il est fort probable qu'à l'avenir je n'écrive plus que des articles sur PNL, pour la simple et bonne raison que c'est le seul sujet qui vaille la peine d'être évoqué.

PNL veut monter. Comme Tony, monter haut, monter vite. Une ascension fulgurante, aller assez haut pour exploser en vol. Comme Tony, mourir au sommet plutôt que survivre dans le caniveau. Crever le nez dans la coke plutôt que les mains dans la merde. Des mains occupées à couper et visser, alors qu'elles sont faites pour les disques d'or. Le monde, ou rien. Et tout ce qu'il y a dedans. A l'image de sa musique, PNL veut le contenant et le contenu. Charbonner, tout donner pour escalader cette côte, sans jamais s'arrêter. Push it to the limit : pas le temps de s'arrêter pour contempler le chemin parcouru. Walk along the razor's edge, don't look down just keep your head.

tony montanaPNL vit, visser, s'ennuie. Faire le taga, faire la beuh. La C, si tu viens du seize. Faire le fric, car pognon amène pouvoir, pouvoir amène bonnes femmes. Prendre quelques euros, prendre sa part ... La vie de rêve. Avoir les couilles de s'imposer dans ce monde, quitte à s'éteindre plutôt que de briller dans l'ombre de ces bâtards. PNL est Tony, plutôt que Sosa. Voler droit, ne pas faire de vagues, durer dans ce métier sans chercher le grand chelem et les chicas, très peu pour eux.

"J'ai des ennemis, j'ai pas de mère". Tony le sait bien, elle ne veut plus de lui. Il s'accroche à Gina, seule attache à un semblant de cocon familial. La famille, tout ce qui compte, même si les envies de grandeur ne sont pas forcément compatibles. Et quand Gina fait l'erreur de succomber à ses sentiments, c'est le meilleur ami qui trinque. "J'étais jeune je coupais un demi, pas d'ami, j'étais comme Rémi". Tony a tué Manny, le rap français le sait, le répète, et ne s'en fait pas une raison. Le fantôme d'Antonio n'a jamais cesser de hanter les mpc. Les bpm ralentissent, le vocoder devient une norme, les influences passent de New-York à Chicago, de Chicago à Atlanta. Mais Antonio est toujours là. Il possède tour à tour Lino, Stomy Bugsy, Rocca, Rohff, Akhenaton, Nysay, la Fonky Family, Oxmo, Booba et Kaaris. Alpha 5.20. "Scarface d'Afrique, négro le monde est à moi". Alpha est parti. Ademo et N.O.S ont éclos. Le style est différent, mais il y a cette même grandiloquence musicale. Blasphème, sacrilège, on ne touche pas à Ousmane Badara. Le plus grand rappeur français n'est plus tout seul sur ce trône poussiéreux, qu'il a abandonné de son propre chef en 2011. 2015, PNL veut monter plus haut. "J'prend la couronne, la pose sur la tête du petit frère". Le trône est trop étroit, il faut aller chercher plus haut. S'assoir au sommet, une ambition bien trop modeste. Exploser en vol, quelque part au-dessus de la stratosphère, voila qui sonne bien plus Tony que Sosa.

"Le monde ou rien, moi ça me convient". Pourquoi se contenter de tout, quand on peut avoir plus ? Il n'y a d'excès que dans l'excès. Elvira n'a jamais vraiment trouvé sa place auprès de Tony. Forcément, quand on se rappelle plus de son ien-cli Hervé, on oublie la première pétasse venue. Surtout quand elle s’habille la moitié de sa vie, et se déshabille l’autre moitié. "On veut la vie de rêve, elles veulent tous l'arrière à Kim-Kim". Cette même pétasse qui ne voudrait pas d'une cadillac en guise de corbillard. Ça tombe bien, "j'téma ni ton gamos, ni ta pétasse". La seule petite voix qui vaille la peine d'être entendue appelle à remplir de biff les che-po, à prendre des risques pour faire des euros.gomorra quadro captcha

Miami, Naples, Corbeil-Essones. PNL rêve du destin de Tony, mais son ter-ter n'a pas le charme des bords de plages floridiens. La Scampia n'est peut-être qu'une escale, pour éviter un dépaysement trop soudain. Les barres HLM sont les mêmes, le fantasme cinématographique plus ancré dans la réalité maussade des bâtiments cafardeux du 91. Plus Tony que Sosa, plus Savastano que Ciro. Les héros ne sont pas les mêmes, mais le manche et la parole restent d'acier. Le mental aussi. Face à une tronçonneuse ou au milieu de l'attaque d'un fourgon pénitentiaire, le cœur est froid depuis l’œsophage. "Pas de futur, dans les poches c'est le passé". Le présent importe peu. "Je vois très bien où tout ça commence. Je sais pas où tout ça va se finir". Et pourquoi pas une marque de blue jeans ? Que PNL apparaisse en gros sur les fesses de toutes les nanas.

Visser très tôt jusqu'à très tard, de 10 heures à 4 heures du matin. PNL charbonne, dort peu, occupe le terrain. Bosser dur, taper fort, jusqu'à ce que les mains ne soient plus dans la merde. Ademo, N.O.S. Deux mains. Dans l'une, le monde. Dans l'autre, tout ce qu'il y a dedans.

4 thoughts on “PNL, des mains faites pour les disques d or

  1. A part l'ambition, la gloire, le succès y'a peut être autre chose d'intéressant à dire sur cette musique ? Est-ce le rédacteur, l'époque ou le sujet qui est sombre ? Peut être les trois ma gueule

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