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Vald, interview Hip Opsession | 'J’ai la chance de pouvoir vivre du rap, c'est incroyable !'

Au service de NQNT2, l'album de VALD, je l'écoute me parler de ses morceaux, avant son entrée en scène pour la Hip Opsession -festival mythique de Nantes. J'ai pris la liberté d’ausculter chaque titre afin d’en extirper les tripes, voir jusqu’où il n’y a Ni Queue Ni Tête, dans l’écriture et la production.

1. LE RETOUR

Dans l’introduction, j’ai été étonnée d’entendre la voix de Michel Houellebecq « J’accepte cette domination avec calme » ?

VALD : C’est très étonnant effectivement, c’est le beatmaker, BBP, qui avait ce sample sous la main et il l’a mis sur la prod. ça correspondait parfaitement. Je ne savais pas qui était Michel Houellebecq, je l’ai découvert grâce à ça, j’ai regardé un peu ses interviews, il a l’air d’avoir de la ressource. Je trouve ça assez intéressant les gens qui s’énervent face à lui alors qu’il reste très calme, c'est bizarre, c’est pour ça que je l’ai gardé.
Par contre, je ne pense pas qu’on puisse faire un parallèle entre mon travail et la littérature, la forme est différente.

2. BONJOUR

Est ce qu’à travers ce morceau tu prends de la distance par rapport aux codes mis en place «  il a pas dit bonjour, du coup il s’est fait niquer sa mère »?

VALD : C’est surtout quelque chose qui n’est pas fait exprès que je n’arrive pas vraiment à analyser, j’aime bien que les gens y réfléchissent pour moi ... En réalité, dans tout les cas c’est quelque chose...C’est très dur de prendre ça au premier degrés, extrêmement dur ...
J’écris toujours tout et n’importe quoi, j’aime qu’on me laisse faire, à force je me dis que les gens comprendrons ...

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3. INFANTICIDE

Qui est Suikon Blazad, le rappeur avec qui tu est en featuring sur ce titre ?

VALD : C’est un grand ami à moi, on rap depuis toujours ensemble, il n’ a jamais développé de projet, mais il est toujours là dans mon entourage et avec moi sur scène. Il est sur tous mes projet, partout où je suis il est là.
Une fidélité incassable, éternelle, très important la fidélité.

4. QUIDAM

A l’écoute de ce titre on a vraiment l’impression que tu te joue de la sonorité du mot avec une forme d’ironie ?

VALD : Oui, il marche très bien avec « qui dorme ici » ça tombait très bien avec un rythme géométrique et redondant, pour le coup c’est très mathématique.

/. NICHON

Bon après il y a Nichon, là aussi une curiosité du mot ? Celui là tu voulais l’évincer ?

VALD : Grand morceau, curiosité du mot encore! C’est un des morceaux cachés, je voulais en mettre plus encore. C’est destiné aux amateurs qui vont écouter l’album du début à la fin. C’est une sorte de privilège pour ceux qui prennent vraiment le temps d’écouter ce qu’on fait, c’est une bonne volonté.
Après, Nichon, c’est une invention, une espèce d’horrible histoire que tu pourrais entendre dans un bar : « tu connais pas la mère Nichon, elle est morte » ... une histoire à dormir debout.

5. CARTE SOUS LE COUDE

Tu joues quelle carte avec le rap ?

VALD : La carte de ne pas transpirer, c’est important, ça ne m’intéresse pas. J’ai envie de le faire seulement pour le sport!
J’crois que c’est surtout ça ma carte, le rap, j’ai la chance de pouvoir en vivre, c’est incroyable ! J’ai tout un tas d’idée, un tas de morceaux en tête, c’est aussi dans le sens, vous pouvez pas me piéger, c’est un peu ça l’idée de carte sous l’coude.

6. URBANISME

Il s'agit de la complainte d’un vieillard envers la jeunesse de son quartier ?

VALD : C’est un discours déjà entendu, c’est interminable, les vieux qui se plaignent des jeunes et des jeunes qui se plaignent des vieux, surtout en quartier c’est exacerbé! Je n’ ai pas voulu mettre en avant le coté communautaire qu’on peut imaginer, c’est surtout les conneries des gens qui ne se comprennent pas, parce qu’ils ne se parlent pas finalement. J'ai de l’affection et une espèce de dégoût pour ça, un paradoxe présent dans beaucoup de mes morceaux.

7. SELFIE

Comme pour « Selfie » que j’ai retourné sous toutes les coutures, si je peux me permettre ... Peut-on y voir une critique du paraitre, un parallèle entre le public et le privé? Et aussi les caractéristiques du mec qui grossi ses exploits sexuels auprès de ses potes, alors que derrière il fait des « bisous quand ils marchent dans le bourg » ?

VALD : Tout à fait en « se tenant la main » ! En réalité, je pense que j’ai beaucoup moins réfléchi au contenu qu’à la forme pour celui là, c’était vraiment une volonté de faire de la soupe, faire l’archétype de la soupe. Une méga mélodie redondante, sur une horrible boucle de guitare. Au final je trouve ça très intéressant.
Finalement, c’est presque de la publicité pour la bienséance, je préfère ça aux gens qui s’exhibent et disent tous et n’importe quoi, justement qui étalent leurs vies privées. J’aime beaucoup qu’on fasse n’importe quoi en privé…en même temps...je pense que tout ça est très peu contrôlé.

8. BARÈME

Disséquer ton quotidien avec cette dérision ça te permet de le trouver moins accablant ?

VALD : A mon avis quand tu fais de la musique, tu dois parler de ce qui t'entoure, d’ailleurs dans tout ce que tu fais. Et la dérision Je pense que j'y suis obligé, je ne peux pas faire autrement. C’est ma seule manière de pouvoir en parler, je n’ arrive pas à en parler sinon, c’est d’un ennui mortel, mais il est toujours aussi accablant, étouffant, l’engrenage insupportable.

9. TAGA

Un classique ?

VALD : Un morceau très old school

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/. POISSON

Encore un morceau caché...Il y a une forme d’urgence, j’ai l’impression, dans ton processus de création des morceaux ?

VALD : Ouiiii … faut le dire tout de suite « tac-tac » ! C’est vrai, quand on a une idée faut y aller tout de suite. D’ailleurs ce morceau a été enregistré chez moi et on l’a masterisé pour le rendre clair.

10. PROMESSE

Au début du morceau tu dis « tout ça c’est du cinéma en vérité » tu parles de quoi ?

VALD : De l’étalage de la drogue dans la musique, il y a beaucoup de cinéma. C’est des phrases très peu réfléchies, en début de morceau, généralement je suis derrière le micro et je dis une connerie, je veux juste faire rire l’ingé son. Au final ça a un écho et on  le garde !

11. JOFFREY

« J’crache des poèmes comme une saleté de bohémien » ... Accroché à la poésie ?

VALD : Le mot est important on ne peux pas s’en détacher, mais le niveau des poètes qu’on a comme référence, faut pas se voiler la face, ça n’a rien à voir. On est à des années lumières. On fait des rimes voilà.

12. OGRE

Alors ce soir l’ogre ?

VALD : Ce soir je ne me suis pas cassé la voix, je compte mes cigarettes. On a fini les balances je le sens bien.

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