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Moise The Dude - Dudelife | Chronique

Après deux bons EP solo (The Dude Vol 1 & 2) et Bohemian Club avec David Gourmette, Moise The Dude revient à nos oreilles avec un album  (son premier) sobrement titré Dudelife. Deux bonnes nouvelles accompagnent cette heureuse naissance : la dose est de qualitée et gratuite de surcroît. Pourquoi se priver ?

Ceux qui connaissent l’univers de Moïse ne seront pas dépaysés. Toujours aussi doué quand il s’agit de chanter de lentes ballades ensoleillées et mélancoliques, on plonge dans les souvenirs du Dude pour découvrir son périple en terres texannes. Le clip bricolé de Lone Star met en image d’authentiques vidéos, comme des petits bouts de mémoires qu’on lui envie sans rougir. Les origines du titre titre Palm Trees prennent quant à elles leurs racines du côté de la Floride, la terre des Everglades. Un morceau qu’on réécoutera sans se faire prier dès que la chaleur reviendra sous nos latitudes maudites.

Dudelife transpire le soleil par petites touches, mais ce qui marque le plus ici, c’est le temps qui passe, inexorablement, et les traces qu’il laisse dans les couloirs d’une vie normale. Vouloir sans cesse repousser le coup de sifflet final, c’est donc ça le caprice de mortels. La géniale maxime Vivre lentement mourir vieux nous apparaît comme un peignoir taillé sur mesure pour le Dude. Il n’y’a malheureusement pas de russe blanc dans la fontaine de Jouvence, le temps nous met des grosses tartes.

Bête étrange, égoïste et solitaire : voilà comment l’intéressé se décrit lui même, qui fuit les dogmes comme la peste et le revendique sur Le son de l’inquiétante. Haine millésimée sur Taquin mais pas méchant, le message est on ne peut plus clair : c’est pas que je vous en veux c’est juste que je n’aime pas les gens. Cette haine aura d’ailleurs droit à son petit moment de gloire avec l’inquiétant Que de la peur, dont la prod sample avec brio le thème d’Orange Mécanique.
Quelques rimes faciles, un flow lent et sa nonchalance habituelle : on aime la musique du Dude pour les mêmes raisons qu’avant. Pourtant, cet album à un petit quelque chose de plus maîtrisé, abouti, et de plus profond que ses précédents travaux. L’habillage sonore est toujours aussi soigné. Si dans la forme, cet album est une continuité logique de ce que propose Moise depuis quelque temps, le fond nous offre quelques chose de plus franc, ou le rappeur a l’occasion de se livrer un peu plus qu’a l’accoutumé. Climax de l’album, le titre Femme Renarde : à la fois charnel, rempli de sincérité, alternant la douceur et la brutalité, les plaisirs de la chair à ceux de l’esprit. Une déclaration d’amour dès plus soignée, comme un hommage à cette mystérieuse chimère qui plane discrètement sur bon nombre de titres.
En toute logique, la musique de Moïse parlera sûrement plus aux trentenaires qu’aux adolescents. Ce statut de rappeur en Charentaises est parfaitement assumé. Les petites joies et les grandes peines : voilà l’histoire de Dudelife.

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