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Lacraps : "Je souhaite réussir artistiquement, pas devenir célèbre" | Interview

La semaine dernière, Lacraps a ”ressorti” 42 Grammes, son album entièrement produit par Mani Deïz. Le rappeur héraultais s'était notamment déjà fait remarquer avec le street album Machine à écrire dès 2014. De passage sur Paris le temps de la promotion de l'album, il nous a semblé important de revenir sur certains aspects de sa musique, de son rapport aux mots, à son époque, ou encore de l'image très professionnelle que renvoie son label LaClassic . Il paraissait peu évident qu'un nouvel album de boom bap puisse faire à ce jour des étincelles dans le rap français, c'était sans compter sur la détermination des deux acolytes, qui avec 42 Grammes, renouent avec une certaine tradition du rap français, tout en y conservant une touche textuelle des plus actuelles. Avec Lacraps, s'effectue en quelque sorte un retour vers le présent des plus réussis. 42 Grammes est une sortie que l'on pourrait qualifier de culottée au vu de sa pleine maîtrise et de son juste équilibre : sortir un album boom bap de ce calibre en 2016 relèverait presque d'une prouesse dont peu de rappeurs peuvent se targuer.  Rencontre avec une personne humble et passionnée.

Ça va la promo, pas trop fatigante ?

Ça va, tout se passe bien. Même si plein de questions reviennent, vous avez tous un style différent. J'essaye de répondre le plus amplement possible et cela me permet également d'avoir les retours directement à chaud des personnes du milieu, donc ça c'est plutôt plaisant.

Le fait de passer par une structure comme Musicast en terme de promotion et de distribution, est-ce que ça influe d'une quelconque manière sur ton processus créatif et artistique ?

En réalité, le projet 42 grammes est déjà prêt depuis le 21 janvier dernier via notre label LaClassic. Musicast nous a ensuite contacté suite aux bonnes ventes réalisées en physique mais également sur Itunes. Mais d'un point de vue purement créatif, ça ne changera jamais ma façon de faire du son. Hormis le fond qui restera sensiblement identique, peut-être que la forme sera amenée par la suite à changer et à se détourner du côté boom bap que je lui favorise jusqu'à présent.

Est-ce que tu peux nous expliquer ce parti pris intégralement boom bap tout au long de l'album ?

C'est tout simplement ce que je kiffe depuis toujours. Il y a quand même le dernier morceau de l'album, Insurgé, au bpm plus réduit et à l'aspect sonore plus new school avec toujours Mani Deïz à la prod, que je ne rentrerais pas dans ce style. Le boom bap, c'est ce que j'ai toujours écouté depuis que je suis minot, même si j'aime écouter toutes sortes de styles de rap différents, c'est clairement celui que j'aime le plus.

En tant qu'artiste en 2016, t'as pas peur de perpétuer ce style de rap qui peut paraître à la fois anachronique, voire même issu d'une époque et un âge d'or désormais révolus ? Ton ressenti par rapport à cette question m'intéresse beaucoup.

Je n'y pense pas trop, même si dans le fond je me doute qu'en premier lieu, les plus jeunes auront sans doute un peu plus de mal à accrocher à ce style. Ce qui peut par la suite poser un éventuel problème purement business, et influer de manière négative sur les ventes d'un album. Mais après la musique en tant qu'artiste, je ne peux pas l'imaginer comme un business, ça reste avant tout de la musique. Je ne pense pas qu'être aujourd'hui un rappeur boom bap soit entièrement rédhibitoire pour le public, cela reste avant tout de la musique, il faut donc l'écouter dans son intégralité, la forme s'accompagne toujours d'un fond susceptible de ramener un public plus large que prévu. Comme toujours, le public jugera.

Tu dis écouter ce style de rap depuis tout jeune, quelles sont pour toi les plus grandes influences françaises ?

Il y en a tellement... Le Beat de Boul à l'époque, Salif, NTM, la FF, Arsenik, toutes les grosses compils... C'était vraiment différent quand même, cette  musique change tellement vite. C'est à la fois tellement proche et tellement loin. Nan mais attends, on dirait que je parle comme si j'avais 70 ans là (rires).

T'as déjà samplé des trucs comme Booba ou Hifi, donc ta réponse surprend peu, en revanche pour tes influences boom bap cainris, c'est moins évident ...

Comme tout le monde j'ai eu une grosse période Wu-Tang. Dernièrement parmi tant d'autres on peut citer Kendrick. Je trouve sa démarche musicale vraiment intéressante, c'est souvent hybride, et ça donne par moment une espèce de boom trap super contemporaine. Après je vais pas te mentir, je reste vraiment plus axé rap français. Quand j'écoute les cainris ça va être avant tout pour l'aspect technique, les différents flows, ou tout simplement pour m'ambiancer. Après, même si je comprends globalement l'anglais, j'ai toujours ce besoin de capter toutes les paroles et donc d'aller checker l'ensemble de leurs textes afin de ne rien rater. Alors qu'avec un rappeur français, rien ne m'échappera,. Dès la première écoute, je vais prendre le texte direct, d'une traite, ce sera tout de suite plus percutant dans mes oreilles.

C'est pas étonnant de t'entendre dire ça car ton style de rap laisse la part belle aux mots et au texte. Le résultat final est souvent conséquent, du coup, tu procèdes comment niveau écriture ?

Je gratte beaucoup, presque autant que je jette... Même si ce que j'écris en studio, j'essaye de faire en sorte de le garder. Mais oui, j'écris tout le temps, que ce soit en studio, ou même chez moi, avec ou sans instru. En fait je ne fais presque que ça, encore plus en ce moment depuis que mon rap s'est professionnalisé. C'est devenu comme un taff entre guillemets, même si ce taff là ne me rapporte pas autant qu'aller tous les jours que Dieu fait à l'usine. L'écriture, les ventes d'albums, le merch, les dates qu'on fait, ça commence à nous faire vivre. Je kiffe ça, ça me laisse encore plus de temps qu'avant pour écrire. Ce qui est sûr, c'est que comparé à plein d'autres emcees, je prends beaucoup plus de temps. Après, c'est toujours variable : des fois il suffit d'une session studio et tu ponds un texte que tu poses aussitôt et en même pas deux heures tu as un morceau alors que la prod venait d'être finalisée le jour même ! A contrario, des fois je peux mettre plusieurs jours pour donner au texte le rendu final que je souhaitais.

Quelles plumes t'ont marquées plus que d'autres ?

Salif m'a beaucoup marqué, après aujourd'hui il y a par exemple L'Indis avec qui on vient tout juste de tourner un clip à l'instant. Nakk j'adore son écriture aussi... Mais c'est cruel, aujourd'hui je cite ces artistes, demain d'autres. Je peux citer Paco, Lino, tous les emcees cités sont vraiment doués dans leur style respectif. Puis bien sûr Booba, on aura beau dire ce qu'on veut sur lui, il est complet : sens de la formule, multis, beauté des rimes. Même si je n'aime pas tout ce qu'il peut faire aujourd'hui, un morceau comme 4G, c'est un gros track niveau plume. Son style est tellement différent de morceau en morceau, et d'époque en époque. C'est pour ça qu'il n'y a pas de règle musicale pré-établie dans le rap : tu peux aimer des styles de rap tellement différents musicalement, ce qui reste et ne trompe pas en revanche, ce sera toujours la plume.

Le résultat final de 42 grammes est vraiment de grande qualité, ce que je trouve cruel, c'est qu'à mon sens, cet album n'a rien à envier à ses illustres aînés, si ce n'est de ne sortir ”que” cette année. Et que par conséquent, une partie du grand public, ou même du public rap tout court risque malheureusement de passer à côté.

En ce qui nous concerne avec LaClassic, on a déjà développé notre propre circuit. On est tous les week-ends en concert, ces dates sont grâce à Dieu toujours pleines. Le public, je ne me fais aucun souci, on l'a. Ce qu'il nous manque, c'est sûrement d'avantage de visibilité. C'est justement la raison pour laquelle on a atterri chez Musicast. On cherche d'avantage à diffuser notre musique via cette structure plutôt que de la vendre. Quant à la musique qu'on réalise, on la réalise d'abord et avant tout pour nous, car elle nous fait kiffer, à partir de là on peut ensuite la partager avec les auditeurs.

Ce modèle économique développé avec ton label, ça rappelle forcément celui de La Scred.

J'aurais d'ailleurs largement pu les citer juste avant !

Hormis l'influence évidente musicalement, moralement et même visuellement, quels sont les rapports que tu entretiens avec eux ? Car dans ta Poignée de Punchlines tu poses à côté de Koma. Tu dévoiles jamais totalement ton visage, comme eux à l'époque, ton morceau La Galère ça fait inconsciemment penser au Zonard d'Haroun. Ou encore dans le morceau Double Dragon tu dis ”un amoureux de la caisse claire et un mec scred qui veut pé-ra”... Y a tellement de clins d’œil !

C'est simple, sans La Scred je pense qu'on ne serait pas là, que ce soit nous ou plein d'autres. Ils ont tellement marqué le rap. Avant même d'être de véritables artistes, ce sont des personnes superbes et tellement humaines. Ils sont justes dans la simplicité, avec eux, ce n'est jamais compliqué. J'ai proposé à Koma de faire la Poignée, et il a accepté tout de suite l'invitation alors qu'on avait du se voir qu'une fois ou deux auparavant.

Ça pourrait aboutir sur d'éventuels morceaux en collaboration avec eux ?

J'ai déjà enregistré un track avec Mokless qui devrait logiquement apparaitre sur mon prochain projet. Mais ... attends, ça en fait il ne faut pas que j'en dise trop (rires). Non mais voilà, La Scred, que dire de plus qui n'a pas été encore dit sur eux ? Un maximum de force pour eux !

Toujours dans les inévitables questions liées aux connexions, tu apparais sur la mixtape Nous contre eux de Char du Gouffre avec le morceau J'me laisse aller, tu peux nous raconter comment ça s'est fait ?

Il y a beaucoup de monde qui m'a déjà invité, généralement quand on m'invite je réponds présent. Après Mani connaît bien Char, Le Gouffre, Paco tout ça, ce sont des vraies connaissances, tu vois ? Dès qu'il y a un concert ils peuvent passer directement nous voir, car au delà du côté purement musical il y a inévitablement de réelles affinités qui se sont créées.

Mani Deïz produit l'intégralité de l'album, comment s'est passée votre entente artistique ?

De plusieurs façons. Certaines fois Mani m'envoyait les prods avec directement des idées de thèmes qu'il avait déjà en tête. Et des fois inversement, j'avais déjà gratté des textes et je passais commande, du genre il me faudrait telle sorte de prod. Plus classique, parfois il m'envoyait toute une palette de prods et je n'avais plus qu'à choisir. L'entente s'est vraiment bien passée du début à la fin. Après, je ne voulais pas apparaître seul sur le projet alors j'ai invité les membres de LaClassic à venir poser sur les interludes 21 grammes, il a fallu aussi expliquer le concept des 42 grammes directement dans le disque. On en a beaucoup discuté. On ne voulait pas que l'auditeur ne capte pas forcément le concept.

Je t'avoue qu'au début j'étais un peu sceptique je pensais que c'était encore un truc pas très subtil qui allait parler de grammes de drogue.

D'ailleurs ça me refait penser à mon premier projet. Je l'avais intitulé Premier Jet pour le jeu de mot, même si sur la pochette c'est un pochon de weed avec un gramme dedans. Mais ouais là il fallait pas prendre le risque qu'on se dise ”non mais genre ils vont fumer 42 grammes”.

Pour les interludes 21 grammes qui introduisent à chaque fois un membre de LaClassic posant son 16, le concept est plaisant. Tu pourrais brièvement nous présenter l'équipe ?

Exceptionnellement DJ Rolex qui est le DJ de Demi Portion a posé sur une de ces interludes et il fait aussi parti de LaClassic, sinon pour le reste en emcees il y aura donc Sega, Melis, Nedoua et Starline. Après en beatmaker, il y a OBL qui est aussi actionnaire majoritaire car c'est devenu une entreprise à part entière, il y a aussi VDS Music, Laoud, y en a plein en fait.

C'est prévu du coup de développer ces artistes de manière à ce qu'ils puissent sortir un ou plusieurs projets ? Et est-ce que vous auriez pas prévu de sortir un projet commun en mode supergroupe, ou alors une compil' réunissant toute l'équipe ? Même si c'est hypothétique, vous y avez déjà songé ?

Tous les emcees sortiront un projet, et il y aura même des projets de beatmakers. En fait on se voit tout le temps, on fait tous de la musique et on est tous sur Montpellier sauf pour Starline qui est la dernière à nous avoir rejoint et qui est basée sur Lyon. On s'est tous rencontrés par rapport à la musique donc on aime faire du son ensemble. Je suis le premier à avoir intégrer LaClassic et c'est moi qui ai ramené chaque membre les uns après les autres car j'aimais avant tout leur rap tout comme leur personnalité. Quand tu es tout le temps avec quelqu'un physiquement, il faut avant tout que ça colle humainement. Je pense très sincèrement qu'il n'y a aucun déchet d'un point de vue purement rap dans LaClassic.

via : Facebook - Lacraps
via : Facebook - Lacraps

Tout au long de l'album, tu laisses une grande place à l'amertume et la tristesse magnifiées par les boucles de Mani qui produit tout l'album, et ça m'a vraiment étonné car sur le papier, tu viens de Montpellier, donc je m'attendais vraiment à retrouver une touche peut-être plus sudiste et méditerranéenne, tu n'as d'ailleurs pas du tout l'accent du sud, et ton album fonctionne vraiment très bien sous la grisaille.

C'est parce que je viens de Roubaix à la base. De l'Alma plus précieusement.

Ah, vraiment ? Je connais très bien cette ville ! Je m'attendais beaucoup plus à un côté à la fois rue et ... je sais pas comment dire, coloré, peut-être dans la lignée de la FF, et surtout du Rat Luciano ... Mais maintenant que tu me dis que t'es roubaisien à la base, tout semble tellement plus évident. Tu étais connecté avec les membres de 59 Grammes ou avec Foudealer ?

Non, je vois très bien ce qu'ils font mais à l'époque c'est clair que sur Roubaix, c'était Foudealer ! L'approche de la musique entre le nord et le sud est totalement différente. Ça fait plus de 10 ans que j'ai quitté le nord, et même si je kiffe les gens dans le nord et tous mes gars là-bas, je suis content d'avoir pu partir de l'Alma, toi en plus tu sais très bien comment c'est là-bas. Mais sinon je n'étais pas connecté avec quiconque en rap à Roubaix car je n'ai véritablement commencé à rapper qu'une fois arrivé à Montpellier. C'est là que j'ai commencé à écumer les open-mics et à y rencontrer tout le monde avec qui je bosse désormais. Il faut pas croire, je me suis vraiment bougé le cul ! De toute façon je suis comme ça, tu ne me verras jamais poser un texte mal travaillé où il n'y aura pas de rimes vraiment léchées ou alors sortir une phase cramée. J'essaye toujours d'être le plus précis et le plus méticuleux possible afin de me donner les moyens de réussir. Je souhaite vraiment réussir artistiquement, mais aucunement devenir célèbre.

Cette authenticité que tu affirmes dans tes morceaux laisse penser que tu désires apporter une touche de réalisme à ta musique, c'est quelque chose d'important pour toi ? Tu souhaiterais pas plus tard te servir de ta musique pour créer un personnage ou une histoire de toute pièce ?

J'essaye effectivement de ne pas trop m'éloigner de moi même, je suis Ali dans la vraie vie comme je suis Lacraps. Il y a toujours des choses que je ne pourrai jamais mettre en musique car ça restera trop personnel et intime, même s'il m'arrive déjà de me livrer beaucoup, de manière introspective. Je n'ai pas envie de me mentir à moi même tout simplement. Si je suis faux, je sonnerai faux, et cela déteindrait de façon négative sur ma musique. En fait, je n'ai pas envie de réussir artistiquement en jouant un rôle, je souhaite qu'on reconnaisse ma musique et qu'on nous suive pour ce qu'on est et ce qu'on représente. Effectivement, je rappe ce que je vois, ce que je pense, ce que je dis, comme dans la vie de tous les jours. Le témoignage que j'effectue à travers mes lyrics correspond ainsi à ce que tous les auditeurs voient de leurs propres yeux dans leur quotidien, on peut se reconnaître facilement dedans. Je retranscris des émotions via le rap. Même si j'adore l'aspect purement technique de l'écriture, ce qui m'importe c'est de réussir à maîtriser les émotions, quelles qu'elles soient : amour, joie, colère, haine, désespoir. Ce sont ces émotions universelles et ancrées dans notre quotidien à tous qui m'amène à les retranscrire en musique. Je n'ai donc pas besoin de passer par un personnage pour cela. Au delà de ça, il y a aussi l'aspect schizophrénique, je ne souhaite pas m'égarer sur ce terrain là, il faut que je puisse me reconnaître dans ma musique. Je rappe juste ce que j'aime, et ce que je suis.

Tu laisses justement une grande place à des émotions telles que la tristesse, le pessimisme, l'anxiété. Ce que je trouve agréable et réussi, c'est que tu t'aides de ces émotions pour porter tout au long de l'album  un constat alarmiste, et pas du tout moraliste.

Exactement. Ça me fait penser à une phase dans le morceau Écoute-moi, j'y dis ”je sais que c'est utopique mais je rêve d'éveiller les consciences". J'aimerais vraiment que la masse se pose davantage de questions, sur tout un tas de sujets. C'est comme pour le morceau Sous pression, j'aime ce texte, car je n'y parle pas de moi, mais de plein de personnes opprimées, je pointe le doigt sur des sujets qui peuvent déranger. On aura beau dire ce qu'on veut, mais je trouve cela très important dans la musique.

via : Facebook - Lacraps
via : Facebook - Lacraps

Ton projet m'a quand même bien foutu le cafard par moment, et ce n'est pas forcément ce que je préfère en tant qu'auditeur. Au début, cela m’agaçait. Et plus je l'écoutais, plus je ressentais un sentiment de malaise, ou de contrariété. Et ce qui m’agaçait, j'ai réalisé que c'était ce qui faisait en fait la force de l'album. Tu réussis à mettre l'auditeur dans un état de mal-être, ou de désarroi vraiment maitrisé.  Par la suite, tu ne désirerais pas sortir d'avantage de ce schéma thématique et musical via notamment des sonorités moins caisses claires et 90 bpm ?

J'aime aussi poser sur des prods plus trap... Dans mon premier projet Premier Jet, il y a déjà un morceau, Le ciel brille, avec un refrain posé au vocoder. Je me suis vraiment ouvert musicalement ces dernières années, mais je sais surtout ce que j'aime avant tout. En vrai, tant que le track reste chaud, je suis ouvert à tout.

Après 42 Grammes, tu penses désormais évoluer de quelle manière artistiquement ?

C'est vraiment pas évident de se projeter ainsi, mais par exemple récemment j'ai posé le freestyle daymolition sur une prod de Nizi.

Sur une prod beaucoup plus 808 que MPC pour le coup.

Le morceau a été très bien accueilli, je vais évoluer en restant tel que je suis, sans jamais non plus forcément suivre la tendance. Il peut très bien y avoir des backs au vocoder, ou au refrain, rien n'est interdit et tout cela sera forcément testé en studio. Il faut juste que je sois fier du résultat afin de pouvoir le partager au plus grand nombre. Pourquoi pas par exemple faire un jour un double album avec une face old school, et une autre new school. Ça pourrait être intéressant. En tout cas, je suis tous les jours dans la créativité, tous les jours au studio, j'espère pouvoir enchaîner le plus vite possible et sortir un projet au mieux dans 6 mois.

Pour conclure, j'ai une question de la part de Genono : faut-il voir dans Lacraps une quelconque référence à Mr Crabs de Bob l'éponge ?

(rires) Il m'a tué. Grosse dédicace et de la force à Genono ! Lacraps c'est une référence à la crapule, c'est le surnom qu'on donnait à mon grand frère, juste un nom de quartier que j'ai voulu conserver. Ça correspond à mon vécu, à une époque.

En toute simplicité et à l'image de ta musique, merci beaucoup pour tes réponses.

Merci à toi et à Captcha.



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