nakk top 50

Top 50 : Nakk Mendosa

Soit autant de (bonnes) raisons de se (re)plonger dans l'oeuvre de l'artiste le plus humain, et donc logiquement le plus sous-estimé du rap jeu.
50) Jour férié : Parce que le son tue, et parce que faire un son qui tue avec Brasco au refrain est un acte de sorcellerie pure.
49) Nakk Q : En fait, Nakk est le Musset contemporain et ses "Confessions d'un enfant d'un siècle", le XXème siècle, expose une réalité poussée aux tripes, où plus rien n'a de sens, et où l'autodestruction n'est que la seule issue possible ou presque. Dans cet environnement délétère, une prise d'otage est un jaillissement de vie qui refuse de se soumettre. Même pas besoin de forcer le syndrôme de Stockholm pour apprécier.
48) J'crois pas en l'homme : "Quand je les entends crier A-i tréma-e, je jouis, comme un huissier à Ikea vieux"
47) Keskya : Nakk et la célébrité, une isotopie récurrente, où la haine a très souvent supplanté l'amour. Dès son premier Ep, le jeune rappeur met en garde son auditoire (ou lui-même ?) contre les dangers du star-system. Le sujet ne réinvente pas la roue, et se sauve (encore une fois) par l'écriture au cordeau de Mendosa, parfaite de précision et d'humour grave.
46) Windows : Pas (ou peu) de thème, Nakk juxtapose des idées sur la nostalgie, le passé, le fait de vieillir sur le rap, le besoin de liberté, tacle avec humour Lil Wayne... Un son classique, et malgré tout: ça tue.
45) NDE : Un single sans surprise, balisé, mais efficace , et où Nakk fait une utilisation plutôt pertinente de l'autotune. Et l'idée d'un Nakk qui pose en cabine en costume correspondrait bien à l'image de dandy du rap qu'il a souvent semblé donné.
44) Je vise la lucarne : Un son propre, sans ratures, classique, rien à dire en fait. A l'image de nombreux sons de Nakk, le bail est bon sans être époustouflant, comme une frappe dans le petit filet nécessaire pour viser plus tard la lucarne.
43) Homme à part : Un morceau qui n'est pas intemporel est un morceau qui laisse des traînées, tantôt comiques, tantôt futiles, tantôt grotesques, mais qui a comme avantage d'être un témoin qui ne triche pas d'un monde qui n'est plus. Et c'est ce qu'est " Homme à part", un son totalement ringard, et qui s'en trouve d'autant plus intéressant.
42) Prendre du fun : De Soldafada aux mésaventures en label, nakk profite d'une production soul vaporeuse pour jeter un coup d'oeil amusé mais lucide et acerbe sur l'industrie de la musique, sans tomber dans l'aigreur gratuite, ce qui est un exploit. Il préfère ne garder qu'un amour indéfectible envers le rap, ce qui est tout à son avantage.
41) Surnakkurel 4 : Comme la saison 2 de Twin Peaks: le son est bon, mais comment ne pas faire moins bien que le (presque) original?
40) Au calme : "Oh merde, j'm'éloigne de la Sacem de Billie Jean". Nakk continue sa variation sur "Qu'est-ce qu'être un homme?" à travers de ses thèmes de prédilection: l'amour, l'argent, le succès. Sans ratures (ni fausses blessures).


39) Coincé dans ce monde : Nakk-Despo: la montagne accouche d'une belle souris, mais d'une souris tout de même. Un peu fainéant, le son ne répond pas aux attentes qui étaient certes irréalisables. A l'image de Darksun, "Coincé dans ce monde" est excellent, mais manque d'âme. Un comble, avec deux des rappeurs les plus incarnés du rap jeu.
38) La bête : PLus Ken Loach que la Haine, ici se joue la description d'une vie déterminée où les petits larcins mènent à la folie pour "la Bête", la rue. Un exercice de style toujours terrifiant quand il est bien mené, et où Nakk se fait chroniqueur bienveillant d'une jeunesse désoeuvrée.
37) Citoyens : "Et en 2020, on aura une vie d'chien et un autre De Villepin" Le contraste entre un Nakk désabusé mais mesuré et un Alkpote au flow vindicatif et aux menaces en tous genres et le principal intérêt de "Citoyens", gaché par le refrain affreux de Brasco. On est en mesure de regretter le relativement faible nombre de feats Nakk-L'empereur, tant leurs univers a priori dissonents ont beaucoup à voir.
36) Juste un rêve : Un sample légendaire (il paraît), un exercice de style utopique intéressant et maîtrisé de bout en bout, du name-dropping en pagaille: efficacité est le maître mot.
35) Mon ex : " La métaphore filée (substantif féminin), association des mots de métaphore et du verbe français filer (au sens de poursuivre une œuvre, un processus) est une figure de style constituée d'une suite de métaphores sur le même thème. La première métaphore en engendre d'autres, construites à partir du même comparant, et développant un champ lexical dans la suite du texte. Bien que distincte, on rapproche la métaphore filée de l’allégorie."
34) Darksun : La voix vissée devant la guitare électrique, Nakk oublie le format standard et se livre, sans juguler le flux de ses pensées, dans un long flot de phases sans refrain rafraîchissant. La détermination chevillée au corps, prêt à partir au combat, mais pas "En Ferrari, y a pas d'place pour le siège auto"
33) On se reverra là-haut : Terrifiés par la mort, cherchant le salut de leur âme et désespérés de voir les autres partir, Lavokato, l'Indis et Nakk, portés par la voix de Wallen, s'ouvrent à l'introspection la plus pure et la plus spirituelle possible. L'occasion de prouver que le deuil, et sa résilience, a toujours crée chez Nakk une force créatruce incroyable, et qui fait très cla irement se mêler sa vie publique aux soubresauts chaotiques du train de sa vie.
32) Ils disent : La catharsis par l'art ultime, à tel point que l'énumération de clichés racistes finit par donner le vertige. Nakk psychanalyse toutes les minorités de France avec talent.
31) Ne me juge pas : "J'baigne dans l'sang d'encre". Rare de voir un Mendosa aussi vif, tranchant, multipliant les figures de style. Et un Lino comme très souvent efficace et hypnotique. Un titre martial.
30) La sentence : Plus que tout, ce qui frappe ici c'est la récurrence du "bordel", quand Nakk a toujours plus ou moins cultivé une image fédératrice et pacifique. Ici, la Sentence, qu'elle soit divine ou étatique, n'empêche paés l'irrépréssible besoin de foutre le "del-bor". Une chanson qui déborde un peu du cadre Nakkien, une oeuvre un peu de guingois, même si le lyrisme familial surgit (Toujours cette larme dans les yeux, quand je pense à la resseu).


29) Invincible : C'que tu racontes c'est pas de la merde, mais on s'en bats les reins" Peut-être la meilleure syntèse possible du "problème " Nakk, et qui provient de l'une des meilleures synthèses du style Nakk. Instru envoûtante, lyrics imagés comme un poème, pertinence et niveau d'exigeance constants, Invincible n'a pas de défauts, à part peut-être de ne pas en avoir. Nakk, un rappeur trop parfait ?
28) Dans la zone : Quel plaisir de voir une présence vocale comme celle de Grodash couplée au rassurant Nakk, parler de drogues et du côté pile, parano presque, du bon samaritain. Et ce ne sont pas les anges exterminateurs de l'instru qui diront le contraire.
27) Anges avec des air max : La métaphore est belle, n'est pas un miracle du tout. Nakk a parfois un aspect christique assez impressionnant: même idée du sacrifice, même utilisation de paraboles pour expliciter les abstractions, même forme de magnanimité. Et voir des anges en air max est peut-être bien voir la vie résolument du côté vie, avec ou sans postulat de départ religieux. Juste du côté de la vie et de l'espoir.
26) J'kiffe : Je sais pas pourquoi, mais j'adore cette chanson. Un vrai plaisir coupable.
25) Mourir en chantant : Belle manière de clôturer un album clairement décevant, Nakkos délivre un très bel épilogue, soutenu par une production sautillante mais mélancolique à souhait, et qui redonne de la sincérité et du concret à un projet finalement assez peu consistant.
24) Conséquences : Pourquoi les fleurs du cimetière sont si jolies ? Peut-être en partie pour donner lieu à des textes introspectifs incroyables ?
23) Nakk intro : Pour "Cultivé, je sais dire "nique sa mère" en latin".
22) Rêve : La rencontre entre Tony et Virginie, celle entre deux coeurs brisés que la vie a abîmé, et qui se jouent à présent des vicissitudes de la vie pour construire un avenir ensemble. Le génie de Nakk est probablement de transformer des synopsis de téléfilm dominical en des tranches de vie lyriques, par une finesse d'écriture et de descriptions des sentiments humains, surtout féminins d'ailleurs. La chanson pourrait paraître à l'eau de rose (elle l'est un peu), mais il évite l'écueil misérabiliste avec brio.
21) On fait les bails : En 2016, un feat Alkpote-Joe Lucazz-Nakk serait un sacré évènement. Il y a près de 10 ans, cela donnait lieu à un excellent morceau à l'instru des plus calme, où un Alkpote toujours aussi technique croise le fer avec un Nakk élégant et un Joe Lucazz qui a le bon goût de commencer son couplet par "Testa di cazzo". Que du positif.
20) Plan b : "Mon plan B, c'est respecter le plan A" est la phrase la plus doucement égotrip possible. Nakk varie les thèmes, l'argent, la célébrité, l'avenir dans le rap, un florilège des thèmes chers au rappeur. Et cerise sur le gâteau, un putain de bon refrain chantonné par Mac Tyer, jamais pareil en featuring que quand il est forcé à sortir de sa zone de confort


19) J'suis un lion : Seth Gueko avant son pacte faustien avec Bigard, Dosseh toujours très fort, un Nakk fidèle à lui-même: trois si bons kickeurs ne peuvent faire un son décévant. Et puis si on peut se foutre de la gueule de Skyrock...(On m'a dit Nakk, pas d'Planète Rap, c'est la semaine de Tony Parker).
18) Pourquoi : Pour le coup, le délire mainstream est poussé à son paroxysme. On frise la mièvrerie avec ce choeur d'enfant, ces "pourquoi?" anaphoriques comme autant de critiques faussement naives, mais au détour d'une rime, personne n'est à l'abri d'une introspection beaucoup moins candide (Pourquoi le top album n'est pas en mode Jacques Brel, ne me quitte pas ?). Un morceau beaucoup plus intéressant et pertinent qu'il n'y paraîtrait.
17) Mama : Passé la surprise de l'instru et d'un flow inédit, la chanson séduit par son story-telling bien construit et extrêmement émouvant. Un très bel hommage, par un rappeur qui a toujours su parler de son cas particulier pour atteindre son auditoire au plus profond de lui-même.
16) Juste humain : 2min30 de métaphores. Peu savent le faire, et pourtant pour Nakk c'est un morceau comme tant d'autres.
15) Mendosalve : Un freestyle introductif pour l'album le moins "sans concession" de Nakk, cascade de punchlines à l'appui, et où chaque rime semble vouloir écraser un peu plus son adversaire. Un combat de boxe où il ressort vainqueur haut la main.
14) Nakk outro : Sur une production fantomatique, qui patiente dans le couloir de la mort, Nakk clôt "Le Monde est mon pays" sans rire une seule fois, grave et poignant, hanté par la mort, le sexe sans amour, les amours qui déperissent. Un pessimisme culminant à la volonté martiale de mater l'échec et de combattre tout en restant pur et vrai. L'outro comme voeu chevaleresque, et un grand acte d'intelligence, magnifiée par une incarnation parfaite du morceau
13) Un morceau : Un hymne à la création artistique, une tribune à tous les rappeurs, même ceux du dimanche, une preuve de maturité évidente pour tenir la distance sur un unique concept pendant quatre minutes, "Un morceau" est la quintessence du savoir-faire nakkien, et un (très grand) morceau.
12) Nakkos : Voilà de l'incarnation pure. Un refrain martial, spartiate dans le dépouillement comme dans la force, des couplets comme des shoots d'adrénaline contrastés par des lucidités fulgurantes ( En narguant mon putain de destin, je sais que j'ai dû le froisser), "Nakkos" est la parfaite symbiose entre nostalgie et ras-le-bol (Des fois, rien à foutre de mon d'artiste, c'est Tonton Narcisse) et d'égotrip comme force motrice (Je suis le boss, j'ai envoyé un mail à Bruce Springsteen). Pas la meilleure de Nakk au niveau des multisyllabiques, mais un vrai morceau de bravoure, concret et puissant.
11) PIB : Cela serait trop difficile d'énumérer toutes les punchlines, n'en gardons aucune et laissons ceux qui connaissent hocher de la tête en silence, tandis que les néophytes dénicheront chacun leurs sentences préférées. Même si soyons honnêtes: le meilleur couplet, c'est celui de Despo.
10) Les yeux de la colère : Un Nakk désabusé qui fait ses comptes, de paranoia en véhémence, de violence (De la haine avec une grande Hache) à l'exortation populaire (On doit avoir les yeux de la colère, couleur rouge vif). Excellement bien troussée, la chanson démontre une fois de plus les qualités d'écriture incroyable de Nakk, Georges Perec du rap en français.


9) Sale Histoire : Le Nakk scénariste. Une dissertation tripartite sur les cadavres dans le placard, sur la culpabilité, sur la tristesse. Jamais moralisatrice, l'interprète omniscient voyant toutes les saynètes presque avec bienveillance, bien aidé par un texte excellent, comme toujours avec Nakk, imagé mais sec quand il le faut. Un classique.
8) Devenir quelqu'un : Eviter la putasserie de la chanson triste version 2.0 en piano-violon est un exploit.
7) Comme un poisson : Qui n'a jamais eu la chair de poule en écoutant "Comme 1 Poisson" ne peut pas comprendre l'oeuvre de Nakk. Une chanson extraordinaire aux allures de film noir, un poids lourd d'émotion brute, de regrets éternels et de résignation qui montre que la vraie prison n'est pas matérielle.
6) Chanson triste : Le "N°10" de Nakk en fait: un son lourd, calibré pour l'être, un classique qui s'impose dans l'inconscient collectif comme étant LE son caractéristique connu et reconnu par le maximum de personnes, et qui ainsi perd son côté authentique original pour devenir une carte de visite parfois un peu pesante. Mais ne boudons pas notre plaisir, et même si on l'écoute beaucoup moins, "Chanson triste" est indéniablement une réussite à tout points de vue.


5) Le syndrome du trom : Peut-être moins populaire pour les parisiens, "le syndrome du trom" en tant que provincial, m'a toujours fait extrêmement rire. Toujours avec son art sidérant du détail et de la petite anecdote hilarante, Nakk nous expose un monde underground rempli de (gentils) vices, de personnages-phénomènes, et en profite pour nous montrer l'étendue de son humour, entre espièglerie, grivoiserie et causticité. Un son à écouter aux heures de pointe, évidemment.
4) Mon fils ce héros : Quel dommage que cette chanson soit atypique dans le rap hexagonal.
3) La tour 20 : On a tout dit sur la Tour 20. Que c'était un chef d'oeuvre, que le texte était même disséqué en cours de français, que la fougue de Nakk et son talent de conteur fait de ce single un instantané de la vie en Habitation à Loyer Modéré. Tout est vrai, et dans 100 ans, peut-être que le morceau sera étudié par des sociologues en pamoison devant cette description si fidèlement respectueuse d'une réalité populaire. "Mon HLM" de Renaud fait par quelqu'un de légitime et de talentueux.
2) Surnakkurel 3 : "Et j'ai dit à plus cousin, et j'parlais pas de mon groupe sanguin". Chimène Badi, kick-boxing, Moktar le videur, les soirées interlopes de Nakk sont plus dangereuses que les vôtres. Pourtant, Nakk est comme vous, et sa couardise est universelle ( à plus de trois, t'entends le bruit de mes pas). Surnakkurel est un chef d'oeuvre d'écriture, un joyau, un diamant. Drôle de bout en bout, il montre à quel point il est difficile, même pour trois minutes trente, d'être dans la vie, dans la composition, plutôt que dans la juxtaposition et dans l'egotrip.
1) Dites-leur : De l'instru, narguante-insolente, aux interprétations parfaites de Nysay, "Dites leur" est une décharge brute de rancoeur, de violence, de haine larvée, de puissance textuelle, de génie musicale. Salif déboîte tout avec un couplet moyen mi-Booba mi-Rohff, mais en mieux. Le son est trop court, comme tous les chefs d'oeuvre. Pas besoin de donner la Légion d'Honneur, "pas besoin de traces de gland sur les lèvres".



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