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Le premier semestre 2016 du rap français

Y'a des doublons parce que flemme, et la mise en page est dégueu parce qu'on aime rendre hommage au Blavog. 

Le tweetclash entre Joke et Kekra

Quand deux rappeurs se chauffent par l'intermédiaire des réseaux sociaux, c'est au mieux ridicule mais distrayant, au pire complètement pathétique, mais très souvent, c'est simplement gênant pour tout le monde. Quand Joke a lancé une subli en critiquant "ces rappeurs qui disent nigga alors qu'ils ne sont pas noirs" (alors que Joke lui-même n'est pas plus noir qu'un mexicain, et alors qu'il vient d'enregistrer un feat avec Hamza, un mec qui prononce trois "nigga" à chaque expiration), j'ai eu très peur que Kekra fasse un faux pas en se lançant dans une cabale twitteresque à coups de mauvais hashtags et de photomontages hasardeux. Heureusement pour nous, Kekra n'est pas comme les autres. L'enchainement "tu ve koi ?", "il tfallai combien" suivi de "yencli" est un modèle du genre, à montrer dans toutes les écoles de tweetclash.

jokekkera

Genono

L'art du ad lib selon Kekra:

Vréel est un album absolument hypnotique. Kekra déploie sur des prods souvent minimalistes deux ou trois phrases qui se répètent, se répètent, dans un tourbillon musical encore jamais vu. La captatio benevolentiae du rappeur est ici, dans cette cascade frénésique qui ne semble jamais se tarir. Les refrains marquent instantanément les esprits, les ponts s'incrustent dans les oreilles; Kekra a livré avec Vréel un manifeste d'art brut, délivré sans fioritures, une boucle démonique comme celle qui semble insidieusement se glisser dans la prod du génial "Pas Joli". Kekra, c'est le tourbillon de la v(r)ie. Rap Game Jeanne Moreau.

Clément

Jorrdee ou le choc de Générations:

Pourquoi parler de cette interview, sommet de condescendance et de bêtise, et pourquoi défendre Jorrdee? Parce qu'il est bien trop opaque et autarcique pour se prêter au jeu de la promo comme on vend un paquet de lessive. Parce qu'il ne semble - ô blasphème - ne vouloir s'exprimer que par sa musique, sans avoir besoin de dresser un portrait balisé de lui-même. Parce qu'il est impossible de daigner répondre sérieusement à un "journaliste" qui demande " Weedim c'est un gars à toi ?". Parce que balancer autant "Turn up", ça démontre un traumatisme lié à l'apprentissage de l'anglais. Parce que l'inculture des journalistes est flagrante, et qu'ils retournent cette position de faiblesse - les gars n'ont aucune question à pondre - par une pirouette opportuniste - Jorrdee répond pas. Parce que l'air goguenard de Jorrdee, et cette phrase " Je me suis fait des amis", signifient " J'ai compris votre piège mais je ne tomberai pas dedans". Parce qu'il suffit de voir quel emballement se fait ressentir quand Jorrdee parle de Future, ou quel impatience se voit quand il demande à passer un de ces sons, pour comprendre qu'il ne s'intéresse pas au glacis paralysé de la promotion, mais au mouvement, à la création artistique, à cette chose incertaine, intouchable, qui n'est pas tangible, et qui s'appelle le talent.

Clément

Marty pour durer ?

Marty est un rappeur lyonnais qui fait partie du groupe Lutèce, groupe qui gravite autour de la scène lyonnaise (pas les donneurs de leçons de l'Animalerie, les autres), composée de Jorrdee et du 667 en particulier. Mais à l'image du feat avec Hyacinthe, Marty se rapproche aussi de ces rappeurs nihilistes, iconoclastes et insolents, entre DFHDGB et les Chimistes. Caractérisé par un flow heurté, nasillard et faussement monocorde, Marty a balancé un paquet de sons en 2016, toujours plus déprimé, comme dans "Nulle part", où le spleen se mélange à la perte de repères. Car finalement, le dénominateur commun d'un certain rap en 2016 est bien de n'"être bien nulle part". Porté par des prods apocalyptiques comme le calme après la tempête, Marty s'inscrit dans son époque, là où la paix de l'être est mort mais pas son souvenir.

Clément

Le retour de Sofiane

Il est grave meilleur que vous tous, bande de rats morts.

Genono

L'exorciste cénobite :

Certes, la plupart des morceaux que comprend l'album ne datent pas de 2016. Mais, pour autant, ils sont loin d'être « périmés ». Rochdi est seul dans son domaine, et est toujours d'actualité en 2016. S'il sait très bien se débrouiller dans la fange obscène, dont le trône est revendiqué depuis longtemps par le très distingué Alkpote, c'est aussi par les références très fouillées dont il pétrit son rap qu'il se démarque. Grand écart atypique dans le rap français, la nausée n'est jamais loin, mais elle fait du bien. Dès lors que les « poucaves » et autres « balances » chez Rochdi deviennent des ersatz du « traître Ephaïstos », celui-là même qui trahit le spartiate Léonidas au profit du perse Xerxès, c'est toute la vie de quartier, et en l'occurence du XIIIè arrondissement de Paris, qui prend une autre dimension. Mieux que du spectacle de rue, c'est une tragédie antique en plein cœur de Chevaleret Street.

Vladeck

L'exorciste Cénobite (bis)

Mon top 3 de rappeurs évolue sans cesse, au gré de mon humeur, de mes aspirations et de la météo, mais parmi les 5-6 rappeurs qui sont régulièrement sur mon podium -je sais, ça n'a aucun sens), Rochdi marque des points à chaque nouveau morceau. L'Exorciste Cénobite est, selon moi, son projet solo le plus intéressant, et le plus à même de rendre compte de la richesse de son univers. L'équilibre idéal entre l'hyper-hardcore et le tout-lyrical, emprunt d'une grosse dose de mysticisme et de références occultes. Vous l'avez tous oublié dans vos bilans du premier semestre, rattrapez-vous en décembre à l'heure des tops de fin d'année.

Genono

92Impressions:

Le 92I a toujours eu en son sein des rappeurs follement talentueux: Djé, Mala, Nessbeal... Cependant, ces talents certains n'ont jamais vraiment réussi à s'ouvrir à un marché plus développé et rentable, tant ils semblaient à la fois peu compatibles avec les attentes du grand public et écrasés par la présence phagocytaire de Booba. On avait l'impression de voir une ombre tutélaire intimidante, qui absorbait la spécificité du rappeur pour s'en nourrir (Mala s'en sortait quand même, mais son excellent " Himalaya" est aujourd'hui inconnu du grand public). Le succès du 92I maintenant s'explique par le choix de choisir des personnalités fortes, facilement reconnaissables (Damso, Shay, Siboy), qui font que l'on croit à leur indépendance créative sans le spectre du ghost-writing, tout en leur donnant une popularité qui transcende le simple auditoire de niche. Le Duc devenu chef d'entreprise, sa démarche semble moins autoritaire. Damso, dans son très bon Batterie Faible, conserve ce qui fait sa sève, et délivre à la fois des singles aux allures de char d'assaut ( BruxellesVie) et des déflagrations viscérales plus intimistes (Amnésie). Quant à Shay, "PMW" est une vraie incursion réussie dans un rap plus policé, pop mais sombre malgré tout. On attend avec impatience les projets de Siboy et Benash pour voir si l'avenir donnera raison au 92I.

shay1

Clément

Alkpote - Sadisme et Perversion

"J'suis sûr que comme moi t'auras jamais vu autant d'aanuuuuus"

alkweedim

Genono

Le singe dans le clip de DA

Ademo et N.O.S nous ont déjà vendu pas mal de rêve avec Kiki, le petit singe qui a pris leur place lors du Planète Rap qui leur était consacré sur Skyrock en fin d'année dernière. Voir un autre primate poser son boul sur le trône et galérer avec un disque d'or est une belle manière de poursuivre l'aventure, en espérant que ça finisse sur un clip avec Koba et un refrain autotuné chantonnant "Singe ne tue pas Singe"

fred musa singe

Genono

PNL – The Fader :

Les deux frères des Tarterêts n'en finissent pas de surprendre. Si, en 2015, tous le monde s'accordait sur le fait qu'ils maîtrisaient à merveille leur communication, avec la sortie de l'album Le monde chico ont commencé à apparaître les premières emmerdes. Les producteurs non crédités sur l'album l'ont fait savoir, et ça, ça passe moyennement auprès du public. Mais rapidement la (petite) tempête finit par passer, PNL sort quelques nouveaux sons, le public écoute, jubile et ferme à nouveau sa gueule. Puis vient le morceau « Tchiki Tchiki ». Le clip est retiré quelques jours après sa publication, semblerait-il pour un souci de droit d'auteur. Et puis, enfin, un jour, est publié un reportage qui leur est consacré dans le magazine américain The Fader. Le chemin parcouru par le groupe depuis début 2015 questionne donc, tant il semble tortueux. Le groupe possède du matériel de qualité pour leurs clips, s'est forgé une esthétique propre, ils savent par ailleurs faire mariner la presse, faire la Une de The Fader, être au cœur d'un reportage pour ce même magazine, et pourtant, ils arrivent encore à avoir des problèmes de droit d'auteur. Ils fascinent les uns par leur professionalisme, et ils irritent les autres par certaines pratiques amateures. Et cette couverture de The Fader, alors, signifie-t-elle l'aboutissement d'une stratégie de communication très élaborée, ou n'est-elle qu'une illustration d'une tactique toute au feeling, sans queue ni tête, et dont la seule constance est d'être rebours de ce que l'on attend d'eux ? La question reste ouverte. La question reste ouverte, mais on s'en fout, là il y a un nouveau son qui est sorti, et c'est tout ce qui importe.

...On voyage... J'sais pas pourquoi j'déraille...

Vladeck

Jul réalisateur:

Le premier clip réalisé par Jul est typique de son système. Le résultat, ouvertement amateur, est horrible: shaky cam en contre-plongée, mauvais grain de caméra, montage aléatoirement épileptique, même pour une ébauche cela serait décevant. Alors pourquoi ne peut-on pas détester cette production ? Car Jul, pendant tout le semestre, aura marqué la scène rap par une générosité créative qui force obligatoirement le respect. Ce clip est à l'image de ses six premiers mois: romantique, maladroit, exagéré, populaire, amateur, mais aussi émouvant, courageux et sérieux. Au lieu de pousser des cris d'orfraie car il marche si bien , ses pourfendeurs devraient se rendre compte de l'incroyable humilité du plus grand vendeur français, excité comme un gosse à qui on donne sa première caméra, et qui ne se laisse dicter sa voie par personne. Son album gratuit étant en plus de plutôt bonne facture, Jul montre bien qu'il faudra toujours compter sur lui dans les années à venir, tant qu'il ne se sépare pas de son Do it yourself frénétique et spontané.

jul-ft-alonzo-comme-d-hab-full

Clément

Jeune G - Dégénération

Personne n'a parlé de cet EP, et c'est bien la preuve que vous êtes des enfoirés et que la race humaine est vouée à l'échec.

Genono

Ichon - #FDP :

Je ne sais pas trop qui est Ichon, je n'arrive pas à lui donner un âge, je ne sais pas depuis quand il rappe, mais, une chose est sûre, c'est le type de MC qu'il faut suivre. Avec un flow toujours étrange, peu orthodoxe, mais dont on admire la prise de risque. Dans son morceau #FDP, on a la douce impression d'écouter un disque rayé, sans progrès dans la narration, à base de « on peut, on peut plus », de « on sait, on sait plus ». Le clip nous aide un peu à voir où Ichon veut peut-être nous mener, avec des doigts arrachés, des mains tranchées, un interrogatoire qui finit en bain de sang. Et pourtant, on apprécie la scène, le flow fait hocher la tête. Alors, en bon opportuniste, je caserai bien ici une petite citation de Walter Benjamin qui me semble coller au propos :

« Le détachement que l'humanité éprouve à l'égard d'elle-même a atteint un point tel qu'elle peut vivre sa propre destruction comme un plaisir esthétique. » (L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique)

Vladeck

Sfera Ebbasta sur l'album de Sch

Sch, c'est le Booba de Temps Mort, avec du sang de Young Thug, et le talent de Prince. Personne n'écrit mieux que lui, en France. La puissance de ses images ... Le problème, c'est qu'on le fait poser sur des imitations de prods US, en lui refilant des flows pré-conçus, et en le sapant comme George Michael. C'est vraiment pas glorieux. C'est triste. Bref. Au milieu de toutes ces horribles idées, voir débarquer Sfera Ebbasta est vraiment une excellente surprise. J'aime beaucoup Sfera Ebbasta. J'espère que les connexions entre rap français et rap italien se feront un peu plus souvent à l'avenir. Il y a vraiment de bonnes choses dans le rap italien, c'est le feu. Même si certains posent sur des imitations de prods US avec des flows pré-conçus.

Genono

Sch fait sa crise d'a(b)do:

En attendait-on trop du rappeur marseillais? Après une mixtape excellente qui installait sa personnalité iconique autant que son originalité rafraîchissante, Anarchie (et mon dieu quel titre inopportun quand on est signé chez Def Jam) déçoit tant il semble être une régression artistique caractérisée. Les prods, vrombissantes, orchestrales ou lugubres de Katrina Squad sur A7, se muent ici en soupe pop(ulaire), entre variétoche qui ne s'assume pas et beats mélancoliques fondus tous dans le même moule caricatural. Dj Kore phagocyte le premier album de Sch, qui, perdu dans cette ambiance où il semble n'avoir aucune influence, est transformé, contraint, en une sorte de freak lubrique, sans aucun charisme, au flow concassé et téléphoné. La transformation de Schneider en produit calibré pourrait avoir du bon si le projet ne consistait pas purement et simplement en l'évanouissement le plus total de son altérité, au profit d'une uniformisation où il n'y a de la place que pour une Anarchie de façade, celle qui s'affiche cyniquement, comme une image de marque, dans le clip de "Je la connais". 2017 devra être, en pleine année électorale, le retour d'un Sch flamboyant, sorti de l'aliénation vers l'iconoclasme. Espèrons qu'il finisse bientôt sa crise d'adolescence artistique.

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Clément

Metek n'arrête pas la musique


1J'avais 2vraiment 3très 4peur 5qu'il 6passe 7à 8autre 9chose, 10mais 11visiblement 12il 13n'a 14pas 15mieux 16à 17faire 18de 19sa 20vie, 21ce 22qui 23est 24une 25excellente 26nouvelle.

Genono

Triplego – Eau max :

Avant ce projet, j'écoutais quelquefois Triplego comme j'écoute du rap américain, je me contentais d'apprécier l'atmosphère dégagée. Mais il faut bien dire ce qui est, c'est un duo qui fonctionne très bien, avec un univers qui se construit au fil des projets. A contrario des deux membres de PNL (tout rapporter à PNL, nouveau point Godwin du rap fr) qui regardent vers le ciel, on trouve chez Triplego une atmosphère subaquatique, fidèlement transmise en teinte de bleu ou de rouge dans les clips. Le rappeur du groupe Sanguee fait preuve de beaucoup d'introspection, ce qui ne fait pas de mal au rap français, même si ça en choque quelques uns quand c'est poussé assez loin (Damso – Amnésie). Après Eau calme, on passe à l'étape supérieure avec Eau Max.

« De midi à minuit, mon reflet je le fuis ». Avec toute la solennité de l'alexandrin.

Vladeck

" Zombie Life"

Après une mixtape, H-24, qui laissait entrevoir une volonté un peu trop manifeste de se trouver un tube fédérateur qui l'installerait comme le petit prince du rap francophone, Hamza revient avec Zombie Life, un projet un peu plus court, certes toujours imprégné de références pop et d'autotune écorché, mais qui se distingue par une véritable prise de risque artistique. Hamza force comme jamais sa voix, l'étirant dans tous les sens, en lui faisant endosser le rôle de premier instrument, dans des balades alcoolisées joyeuses et lascives. C'est un album d'été en forme d'élégie, un long poème en hommage aux filles peu farouches et aux soirées de débauche, mais traversé par un sentiment de malaise, d'absence, une idée de mort, comme si l'idéal féminin dépeint par Hamza n'était qu'un écran de fumée volubile et que la souffrance se voyait à travers la glorification d'un way of life de branleur. La pochette, froide et métallique, où un Hamza pétrifié fait office de présentation, exprime cette idée. Présent sans être vraiment là, Hamza étoffe son art, et tisse sa poétique, faite d'épicurisme pour ne pas couler, loin du Sadisme et de la Perversion.

Clément

Nusky le stakhanoviste

L'excellent projet Swuh avec Vaati avait fait découvrir Nusky, son flow traînant, déchirant, au bord de la rupture. Meilleur élément (de loin) du groupe parisien La Race Canine, Nusky est un stakhanoviste, qui sort au moins plusieurs sons chaque mois, et qui enchaîne les projets. L'apparition iconique sur le morceau Goodbye avec Vaati fut la première salve, entre variété aux accents "à la Jul", folie vestimentaire, solo de guitare, pas de danses démoniaques et flow élastique. Véritable Young Thug français, ces complaintes aigües ont pu se retrouver également sur le projet Neuf, dont le morceau éponyme déplie joyeusement un panel de jeux de mots débilement jubilatoires, comme dans une réunion occulte de sales gosses. Capable de manier sa voix comme un instrument désaccordé, Nusky est un technicien excellent, qui joue aussi bien de son timbre de voix pour y planter un décor lugubre et cryptique que pour joyeusement fêter toutes les passions terrestres. La production continuelle engendre bien sûr du déchet, mais il suffit de voir le clip de "Deux Minutes", où Dr Jekyll et Mr Hyde s'empare de Nusky, pour comprendre toute la complexité et le talent du rappeur, entre nette mélancolie et foutage de gueule. Entre l'enfer et le paradis, Nusky a décidé de déchirer par sa voix les limbes du purgatoire.

Clément

Rufyo – Nuit d'orage :

Ce morceau annonce le retour de Rufyo soutenu par le beatmaker Frensh Kyd, après son EP 00h92 sorti en 2015. On est peu étonné de retrouver la nuit comme fil rouge, mais il faut peut-être noter tout de même une tonalité nouvelle. La nuit s'est assombrie. L'instrumental donne quelques sueurs, du type de celles qui trempent les draps. Nous sommes plus avancé dans la nuit que jamais, sous un éclairage toujours plus hostile. Voyage au bout d'une nuit qui n'en finit pas, qui ne dit pas son nom, sous les néons éblouissants qui embrasent la ville. Nuit de rage.

« Sous les néons il fait plus sombre que sur les plages de Miami ».

Vladeck



  • 2 thoughts on “Le premier semestre 2016 du rap français

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