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Nessbeal, la Mélodie des Souvenirs

Je déambule dans ma Bretagne, maxi pack de Kro’ sur le dos. J’ai 15 ans. Mon sac a tellement porté ces cartons de blondes qu’il en a pris la forme naturelle. C’est le week-end et comme chaque fois, un seul objectif : se mettre la taule, et surtout, se coller aux enceintes qui vomissent du rap sans respect envers les voisins et la maréchaussée. La veille, j’ai acheté l’album de Nessbeal, La Mélodie des Briques, et il me tarde maintenant de le faire écouter aux miens en descendant cette bière de chantier. Je n’ai pas conscience à ce moment de l’impact que le style et les propos du porte-étendard des Hautes Noues auront sur moi. Pourtant, près de 10 ans plus tard, aucun texte de Nessbeal ne m’est inconnu, tous ses mots religieusement gravés dans ma tête, enfermés à jamais. Mon évangile à moi.

Beaucoup d’encre a déjà été jetée sur la trajectoire du rappeur. De ses débuts et de ses déboires, il y a peu de secrets. NE2S sera présenté de façon quasi-systématique comme l’éternel artiste raté. Toutefois, au-delà du tangible, de ce qui s’observe et se discute, il y a l’abstrait et ce qui appartient à l’expérience de chacun. Dans mon monde, Nessbeal est bien entendu un rappeur maudit mais pas seulement. Il s’agit aussi d’un héros triste, à la rapière surmontée d’une plume, jeté dans un univers morbide et faussement festif, qu’il ne se contente pas d’ailleurs de décrire mais aussi d’escrimer. Sur son visage se dessine ainsi la dualité de son univers fait de mélancolie et de réjouissances: larmes tatouées, sourire argenté.

Je ne sais pas si c’est moi qui ai grandi ou si cette musique est privée de héros de cette stature aujourd’hui, mais à bien y regarder, il manque au paysage actuel une telle personnalité. Nessbeal me manque ; nous manque. Rendons-lui hommage à travers anecdotes et souvenirs personnels. Autopsie partiale d’une trajectoire où il sera question de chips claquant un cul, des Misérables et des années 2000.

Nessbeal le Magnifique

« T’as la même tête que E.T. comme cet apprenti de Nessbeal ». En termes purement textuels, le clash opera mettant aux prises Nessbeal et Médine / Youssoupha était vecteur de malaise, bien que représentatif d’un certain rap passant en radio. Un pet de mouche dans une fromagerie en somme. C’est au niveau idéologique que cette confrontation se faisait intéressante car le rap conscient se faisait mettre dans les cordes par un rappeur qui s’autoproclamait analphabète, garant d’un rap ancré dans le béton. Un comble merveilleux où les mots glissent sur l’illettré car vides de sens. Dès lors, Nessbeal ne pouvait pas perdre, intouchable dans sa position pleinement assumée. Si aujourd’hui, tacler le rap de bibliothèque est de bon goût, il y a quelques années, il fallait tout de même porter ses couilles pour s’attaquer aux fers de lance de ce mouvement. Pour autant, cette line de Youssoupha révèle une vérité : Nabil Selhy, c’est d’abord une gueule pas comme les autres.

A chaque pochette d’album, immanquablement, la face de Nessbeal apparaît. Entre la paupière et le sourcil, une cicatrice dessine comme un tracé de circuit Nascar. Visage allongé, crâne rasé et regard toujours braqué vers l’auditeur, Nessbeal en impose. Jouant sur son physique longiligne, NE2S s’expose torse-nu dès l’un de ses premiers clips, L’œil du Mensonge. On peut l’y voir gesticulant, pris de quasi-convulsions sur un sample du Silence des Agneaux repris par Animalsons. Le malaise est renforcé par la lumière métallique du clip et surtout le maquillage mat du rappeur, le présentant comme un monstre quelque peu inhumain ; une ressemblance avec Gollum probablement non intentionnelle. Nessbeal finit ces 4 minutes avec le visage ensanglanté et un refrain qui tabasse l’instru jusqu’à plus soif. Depuis, l’image d’un Nessbeal sec et décharné, un peu fou, est imprimée dans ma mémoire. Cette image fantomatique survole d’ailleurs toujours l’ensemble de son œuvre, même dans ses instants les plus édulcorés.

Pourtant, à l’époque, le résident de Villiers-sur-Marne n’avait pas encore tout à fait atteint sa forme finale. Comme un bon boss de jeu-vidéo, l’esthétique de Nessbeal, et ainsi son impact, a évolué plusieurs fois jusqu’à atteindre un corps tatoué de multiples signes mystérieux, ce qui sera sujet d’interrogations, voire de moqueries selon une interview. Une nouvelle fois, les attaques envers Nabil ne perceront pas l’armure. Au contraire, elles feront de lui un type authentique, sans pudeur, et même intègre en rappelant (à sa manière) que le rapport au corps est une affaire personnelle. C’est d’ailleurs avec la même vergue qu’il avait défendu les filles faciles. A la question « Pourquoi respectes-tu les biatches ? », Nessbeal rétorquait, tout sourire : « Alors Dieu doit nous pardonner à nous mais pas à elles ? ».

De ses tatouages donc, il est question du Chat Botté sur la main, de son label, de ses faits d’armes musicaux, mais aussi de choses plus obscures telles qu’un couteau tranchant sa gorge. Dans une interview légendaire de Booskap surnommée « Booskador » (indisponible depuis), Nessbeal raconte les stigmates de son corps, explique que certains tatouages ne sont pas terminés, que d’autres ont été faits sous alcool ou bien encore qualifie certains de « n’importe quoi ». Nessbeal se présente comme un énergumène, un terrain vague sur lequel on a tagué à outrance sans trop de cohérence, intuitivement. Il jouit donc d’un style inimitable car, si rien n’est calculé, tout est instinctif. Ness’ est un animal sauvage.

Le Loup, la Fouine et le Grizzli

La carrière de Nessbeal ne pouvait franchement pas mieux débuter. Certes, l’album H.L.M Rézidants en collaboration avec son groupe d’alors, Dicidens, a connu des conditions de sortie calamiteuses, le disque s’étant retrouvé dans les bacs environ 4 ans après l’enregistrement. Toutefois, Nessbeal s’est vu dès le début des années 2000 offrir une place dans le 92I, profitant ainsi de la lumière de Saint Booba. Il aurait même été question d’un album commun entre les deux compères. C’était bien sûr sans compter la hargne de Ness’, on ne dompte pas le loup même dans la bergerie. Voyant que Booba ne lui permettrait pas de sortir un album sitôt, Nessbeal s’enfuit emportant son talent avec lui. Je me demande souvent ce qu’il serait advenu s’il n’était pas parti. Aurait-il connu le destin des autres membres ? A savoir rester dans l’ombre, figurant dans les clips de B2O, au mieux sortant un unique album. Ou aurait-il pu profiter vraiment de l’exposition de Booba pour exploser ? On ne le saura jamais mais les possibles suscitent encore en moi beaucoup de fantasmes.

Comme Moïse, Nessbeal entame donc sa traversée du désert. Elle comprendra des réussites, des échecs, des virages à 90 degrés, mais elle n’empêchera pas le rappeur d’avancer. Dans une interview, il confiait : « Le désert, y en a qui l’ont traversé en quad, en moto. Moi, je l’ai traversé en claquettes. Les Cortez ont fondu ». La galère donc, Nabil connaît. Elle l’accompagnera d’ailleurs en filigrane dans toute la carrière de celui-ci. Un leitmotiv que l’écriture de NE2S arrivera à sublimer, car c’est bien là toute la sève du MC : raconter le quotidien avec une écriture brute mais travaillée. C’est la raison pour laquelle il est imparfait de qualifier le rap de Nessbeal d’analphabète. Au contraire, dès lors que l’on regarde plus loin que les fautes de conjugaison, l’argot et le langage propre au rappeur, Nessbeal est un maître qui cache une écriture hautement qualitative.

Il l’avouait d’ailleurs sans peine : son meilleur allié est le dictionnaire. Dès qu’il ne comprend pas un mot, il en cherche la signification dans le Robert et tente de replacer celui-ci dans un texte. En parallèle, il s’impose un régime spartiate en s’obligeant à écrire tous les jours, une résurgence peut-être de son intérêt pour les films comme 300, Gladiator ou plus récemment la série Spartacus.

On a rarement vu telle écriture frappée du sceau de la souffrance. Au moins dans les deux premiers albums, elle est omniprésente. Elle semble ni subie, ni espérée, simplement vécue et surtout magnifiée par le regard que lui porte Nessbeal. Elle est vécue ainsi par lui-même (Clown Triste, Funestre Ecriture…), par les autres (Princesse au regard triste, L’œil du Mensonge…) ou de façon plus globale (Les larmes de ce Monde, Au-delà de l’Horizon…). Par ailleurs, Nessbeal est rompu à l’exercice de la métaphore et de la comparaison, donnant à ses textes une saveur supplémentaire et la consistance du bitume sur lequel prend assise son quotidien. Si son rap fait la part belle à ses maux, il n’en reste pas moins que Nessbeal a l’injustice sociale dans le viseur, défendant en même temps une certaine idée de la culture de quartier. Il était monté au créneau contre Fadela Amara (ancienne présidente de Ni Putes Ni soumises, qui rentrera au gouvernement Sarkozy plus tard par opportunisme) dans Réalité Française par exemple. Nessbeal a à cœur les problématiques d’intégration, d’appartenance et pose la question de la place de chacun, lui qui oscille entre amour des Hautes Noues Peace et du Maroc. De même pour ce qui est du rap, NE2S n’aura jamais su trouver sa juste position entre rap commercial et underground, lui qui rêvait de vendre du rap de Tess en passant par les canaux habituels, notamment Skyrock. Doux rêveur.

Beaucoup de rappeurs ont porté ces revendications, la plupart d’ailleurs dans le rap conscient. Ce qui pose évidemment la pertinence du clash avec Médine. Bien sûr, ce qui différenciera Nessbeal est son positionnement ultra-street. On se souvient de la saillie verbale, comme un crachat, avec laquelle il concluait le morceau Emmuré Vivant sur la compilation Hostile 2006 : « Un saucisson dans le cul facilite l’intégration, ma génération : un outrage à la civilisation ». Sans l’interprétation de Nessbeal, il est clair que ses textes auraient moins d’impact, NE2S est une sulfateuse qui crache ses mots comme des balles, l’argot et les termes arabes tranchant les phrases.

Deux albums et une mixtape plus tard, devant les « échecs » se succédant, le khey du 94 retravaille sa musique avec le résultat que l’on connaît : un album nommé NE2S où l’on retrouvera des sonorités bien différentes, calibrées pour les clubs. Sa rencontre avec La Fouine va aussi modeler cet album grâce auquel il vendra davantage, mais en contrepartie, perdra une partie de son public d’origine. Avec NE2S, Nessbeal signe le début de la fin et l’album suivant, Sélection Naturelle, ne renversera pas la tendance. La question se pose alors : dans quelle mesure Nessbeal est réellement maudit ? Mais surtout, quelle est sa part de responsabilité dans cette carrière en demi-teinte ?

Sans ratures?

Personnellement, j’ai toujours vu Nessbeal comme un rappeur à la personnalité forte, authentique, et il m’était évident que cela seul, associé à une musique de qualité, suffirait à le porter au Panthéon. Constat amer aujourd’hui en retraçant le parcours de celui-ci. Cependant, en analysant le chemin parcouru et les voies empruntées, il est clair que Ness’ n’a pas mis toutes les chances de son côté tant la communication, parfois contradictoire autour des projets, s’est faite comme le rap du concerné : instinctive. Maudit, vraiment ?

La carrière de Nessbeal n’est pas exempte de tout défaut comme on voudrait bien le croire. D’abord, il y a cette habitude pugnace de copier les modèles de réussites de l’époque. Pas artistiquement, car il s’agit d’un rappeur unique, mais dans la stratégie de développement. Si l’on repense à la Mélodie des Briques et que l’on se réfère aux standards d’alors, on constate que l’album présente une structure archétypique. On y retrouve, par exemple, l’éternelle chanson-constat sur le monde – et il faut bien mettre le mot «Monde » dans le titre sinon ça ne marche pas. En 2006, Sinik nous avait donc servi Un Monde Meilleur, Sniper rappait Dans mon Monde, et Nessbeal versait Les Larmes de ce Monde. Les exemples sont légions. Autre élément commun que l’on retrouve dans divers projets mainstream d’alors : la chanteuse de R’n’B au refrain d’un titre souvent triste, voire de plusieurs morceaux. Au mieux (et encore), les rappeurs s’acoquinaient avec Kayna Samet ou Wallen, malheureusement pour nous, NE2S invite la pire voix de la chanson française sur le titre Peur d’Aimer : Vitaa. Suite au succès des compilations Raï n’B Fever, le marocain succombe également et présente lui aussi deux morceaux aux sonorités orientales avec Loin du Rivage et Maroc Sticky. Enfin, les années 2000, c’est également l’époque du kickage en règle sur le dernier morceau et si possible accompagné de son crew. La Mélodie des Briques finira donc elle aussi en meute avec le groupe Dicidens sur Chute Libre.

A chaque album, Nessbeal s’est donc efforcé de préserver une structure d’ensemble qui ne soit pas trop éloignée des gagnants de son époque. C’était d’autant plus vrai avec le troisième album, NE2S. Comment expliquer alors que d’autres albums ayant des structures préétablies aient pu agglutiner les disques d’or et que les salves de Nessbeal ne touchent jamais leurs cibles ? La réponse : l’authenticité.

Nessbeal n’a jamais caché vouloir rapper pour les quartiers tout en s’ouvrant aux oreilles de tous. Là se trouve toute la contradiction de sa démarche. Ness’ réutilise les formules édulcorées et diffusées par Skyrock notamment, mais refuse lui-même d’affiner son propos pour la masse. Ainsi, la musique de Nessbeal, hachée, argotique, est difficile d’accès pour le tout-venant. Même les morceaux a priori légers comme Amnézia comportent en eux un aspect dérangé. Quant aux quelques rares titres commerciaux dénués de gravité tels que After ou Ça bouge pas, ils sont dispensables car inefficaces, Nessbeal étant définitivement taillé pour le tragique. En confrontant la culture de la rue avec la démocratisation du rap, Nessbeal a offert une musique intéressante mais pas si vendeuse.

Cellulite Dance & Louis Ferdinand Céline

Nessbeal se présente donc comme une personnalité complète, quoiqu’un peu déroutante. S’il est commun de penser que Ness’ est un rappeur street et hardcore, habitué des hymnes banlieusards que peuvent être des titres comme Kheye ou La Mélodie des Briques, il surprend par une écriture fouillée autant qu’instinctive et pleine de références, parfois troublantes. A l’image d’Eternels Regrets dans lequel il cite Gavroche, célèbre personnage de Hugo ou encore de Ça ira mieux demain où Nessbeal se permet de reprendre une citation de Voyage au bout de la nuit de Céline : Chacun pleure à sa façon le temps qui passe. Et dire que c’est Booba qui eut le privilège de la comparaison avec le maître littéraire. La gouaille de Nessbeal et son regard attristé sur le monde en a bien plus l’étoffe.

On se souviendra aussi de Nessbeal pour la réédition inutile à 20 balles de La Mélodie des Briques. Dans mon adolescente naïveté, je pensais y trouver les morceaux remixés ou des inédits… Ness’ n’y avait ajouté qu’une seule exclu, mais pas n’importe laquelle : Romance Noire ; peut-être son plus grand morceau. Même désenchantement lorsque sort la mixtape RSC : Sessions Perdues. La plupart des titres étaient déjà bien connus. Pire, le DVD accompagnant la version collector censée renfermer un documentaire sur Nessbeal se révèle être un pétard mouillé. Le reportage est vieux de plusieurs années et revient seulement sur la genèse de La Mélodie des Briques. Nous n’y apprenons pas grande chose.

Heureusement, Nessbeal c’est aussi des surprises au-delà même de la musique. Qui n’a pas vu les multiples interviews de celui-ci a raté de belles images. Jamais la langue dans sa poche, naturel au possible, Nessbeal se livre toujours avec le sourire et n’hésite pas à balancer tout ce qui lui passe par la tête. Tantôt ayant du mal à s’exprimer, faisant penser à un collégien, tantôt étant très lucide sur des questions d’actualité diverses.

Enfin, pour beaucoup, Nessbeal c’est surtout ce morceau à contre-courant dans lequel il crie son amour aux poids lourds en compagnie d’Orelsan sur Ma Grosse. Une chanson aux antipodes de que l’on peut entendre souvent sur le cliché de la femme modèle. Et comme si le titre ne se suffisait pas à lui-même, une internaute donna à Ma Grosse le visuel mérité en mettant en ligne une vidéo où elle assume pleinement ses formes, et dans laquelle le ridicule est le dernier de ses soucis. Un moment anthologique fait de danse, de chant sans retenue où l’intéressée finit par claquer ses fesses avec un paquet de chips sortie de son t-shirt. Pas certain que les rondes se sentirent représentées (surtout à la vue de la silhouette de la concernée) mais Ma Grosse trouva son égérie légitime.


Ma grosse - Nessbeal feat Orelsan

Un fantôme tant attendu

Nessbeal a donc traversé plus d’une décennie de rap, depuis la sortie de HLM Rézidants jusqu’à son dernier tir, Sélection Naturelle. Il a partagé le micro avec les plus grands vendeurs tels que Booba et La Fouine, a croisé le fer avec des figures que l’on pensait intouchables : Youssoupha et Médine. Nessbeal a laissé une trace persistante dans l’histoire de cette musique. Chacun ayant un rapport particulier à son œuvre, les uns étant séduits par la noirceur des propos, d’autres encore par la personnalité attachante du rappeur mais aussi de sa carrière en dents de scie. Le public aime les perdants magnifiques. Aucun doute sur le fait que Nessbeal en est un.

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Juin 2015, Nessbeal annonçait un nouvel album avec le titre Jeune Vétéran. 2 ans plus tard, les fans attendent encore. Il y a quelques jours pourtant, sortait une image où l’on voyait Nessbeal entouré de Seth Gueko et Kool Shen pour le tournage d’un film en Thaïlande. Encore une fois, NE2S surprend. Et si la suite ne s’écrivait pas en musique mais en images ?

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PS : je tiens à dédier cet article à mon chat Nessbeal. J’aurais pu l’appeler Eliott, Zidane ou Saucisse comme tout le monde, mais ne jugez pas, certains pères donnent à leur fille le prénom de leur ex. Nessbeal est finalement mort écrasé par une voiture le 6 septembre 2015. RIP Neness.



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