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Introduction au rap de Detroit #NoSlimShady

Detroit, surnommé aussi Motown, a toujours été une ville où le rap est encré au plus profond de ses entrailles, depuis les années 90 avec Esham ou Insane Clown Posse, et en particulier avec l'explosion du phénomène de la fin des années 90 et des années 2000 : Eminem (grâce au petit coup de pouce de Dr. Dre), et de son équipe D12.

La ville de General Motors est aussi respecté par la scène underground​ pour avoir ramené au fil des années des grands artistes comme J Dilla (REP), Slum Village, Royce da 5'9", Phat Kat, Black Milk ou encore Guilty Simpson, qui ont eu une grande influence sur le rap dans les années 2000 dans les sonorités, car très attaché à la musique électronique et au sampling de musique soul/jazz (exemple : Kanye West).

Mais la Motors City n'a malheureusement pas réussi à prendre le cap au début à la fin des années 2000. Des sorties de plus en plus confidentielles, l'émergence de nouveaux artistes au point mort, c'est comme si le décès de Jay Dilla avait totalement suspendu cette scène dans le temps, et cela coïncide à la période où Eminem commence à sortir des albums de plus en plus mauvais.

Mais pendant que Slim Shady prenait d'assaut les charts, un petit groupe de marginaux faisaient leurs propres sauces entre la Eastside et le Westside, qui sont en rivalité depuis des années : Street Lordz, Blade Icewood (REP), et Eastside CheedaBoyz.

Ces derniers ont ramené la Bay Area dans ce grand glacier : des artistes tels que B-Legit, Spice 1, Richie Rich, ou encore Too $hort sont venus le temps d'une escale exprimé le respect qu'ils ont envers Motown et sans le vouloir laisser des traces qui sont gravés jusqu'à aujourd'hui sur l'asphalte humide.

Malheureusement, la rivalité Eastside/Westside a fait de nombreuses victimes, dont Wipeout d'Eastside CheedaBoyz et Blade Icewood. Mais avant de s'en aller, ils ont laissé un énorme héritage qui a apporté de la lumière à certains jeunes soldats : en 2012, le collectif DoughBoy CashOut commence a faire parler de lui dans la rue, avec des productions totalement différentes de ce qui se faisaient d'habitude dans la scène locale, comme leur prédécesseur.
Des sonorités empruntées à la bay area des années 90 (contrairement aux voisins d'Akron, dans Ohio, plus axé sur des sonorités de la bay area époque 2000), à la Nouvelle-Orleans type Cash Money Records ou No Limit Records, jusqu'à en reprendre même les codes mais en les rendant plus actuels. Des grosses basses, des samples de soul, RnB, funk, voir dance des années 70-80-90, ce mélange de mob music et de bounce est un parfait paradoxe avec la froideur de cette ville de métal, où la pitié se fait rare comme une liasse de billets sans élastiques.

Nous allons donc parler de 10 artistes qui ont fait l'année 2017 à D-Town :

 

Payroll Giovanni 

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L'un des artistes le plus en vogue dans la scéne de D-Town. À la tête du collectif Doughboy CashOut (REP DOUGHBOY ROC), il est l'auteur de "Stack Season", sorti en 2015, et a eu un succès critique retentissant. Depuis, il nous a gratifiés de 3 projets de bonne factures : en 2016, il sort "Big Bossin Vol.1" en collaboration avec le beatmaker Cardo, et "Sosa Dreamz", et cette année, l'excellent "Payface" avec HellUva en tant que producteur. Il nous parle de son ancienne vie de drug dealer, de l’importance de la loyauté et de savoir se débrouiller pour s’en sortir (notamment qu’il a transformé la maison de sa grand-mére en traphouse, on peut lui decerné le prix du petit-fils du siécle), et faire ses valises pour se casser pour les sables blancs, tout ça sous des productions baignant dans les influences West Coast et South des années 90. Cela explique sa signature avec son groupe chez CTE Records, le label de Young Jeezy, le patron de la Motivation Muzik. Tous ces projets lui ont servi car il est l'une des dernières signatures de Def Jam Record et il vient d’annoncer la sortie de «Big Bossin Vol.2 » avec Cardo, qui sera apparemment un projet plus « jazz-trap ». Quoi que cela puisse vouloir dire, c’est prometteur pour la suite.

 

Tee Grizzley

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La révélation de l'année 2017. Celui sur qui tous les regards sont rivés. L'enfant prodige de West Detroit est celui sur qui il faut miser. Après le succès de « First Day Out » (78 Millions de vues sur Youtube), tout sourit pour le jeune grizzly de 23 ans : sa mixtape « My Moment » qu’il a écrite quand il était entre 4 murs pour cambriolage (1 an et demi), est l’un des plus gros succès de l’année niveau critique et commercial, signature chez 300 Entertainment, un album en commun avec Lil Durk.

 

Peezy

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Membre du Team Eastside (une bande de voyous surveiller par les feds), Peezy fait parler de lui dans la rue et sur internet. Il inonde littéralement les plateformes de streamings de projets (6 en tout cette année), comme ferait Mozzy ou faisait Gucci Mane à la grande epoque. Mais celui qui a attiré le plus d’attention est « Ballin Ain’t a Crime ». Une sorte de slogan que l’on pourrait inscrire sur un t-shirt ou sur une banderole, car Peezy sait ce que c’est que d’être fauché, de ne pas avoir un dollar en poche et de faire des petits larcins pour pouvoir sortir la tête de l’eau et de le montrer fièrement en claquant sa thune dans des sappes de luxe ou dans des strip-clubs sordides. Et personne n’a son mot à dire.

 

DannyAlwaysWin

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Imaginez un rappeur avec la voix de Notorious BIG (je grossis le truc mais faut bien vendre l’artiste), fait du name-dropping un art comme The Game, et parle de faire de l’oseille jusqu’au jour où il finira 6 pieds sous terre comme Master P, rajoutez un blase à dormir debout, et vous avez DannyAlwaysWin. Ce leaner de grand chemin fait penser au premier abord à un kingpin avec le physique de Proposition Joe, les chaines qui brillent et la paire de Cartier en plus. Il a sorti en quelques mois 2 projets de très bonne facture : « City of Bosses », avec l’incontournable single « Chosen One » où il dit « All my niggaz ghetto boyz like Willie D, make your bitch say UGGHHH like Master P » (ce qui n’est pas rien) et « 1 Mo Band » ; et « The Chosen One » sorti en début d’année, et le nom n’est clairement pas une usurpation.

 

Project Paccino

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Poto de DannyAlwaysWin, il est plus dans le rap de shooter et de secoueur de mauvais payeur que la moyenne locale mais la bicrave reste un de ses sujets de prédilection. Quoique plus underground avec son projet « No Fabrication VOL.2 », sa voix nasale s’infiltre dans votre cerveau comme un embryon alienne qui va exploser votre cage thoracique. On vous propose de tester en vous procurant ce bootleg fait par l’ami Zetray.

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https://mega.nz/#!cJ5kzZBa!AbasmNOUNmHHXfEMGcJu7GLU-T8ZhEQEx4O0W6Emu6o

 

Sada Baby

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Le coup de coeur de l'année. Surement le rappeur le plus taré de Détroit. C'est Taz avec la barbe de James Harden et un 9mm. C'est Simon Phoenix avec un microphone. Il lit textes très rue (comme la plupart de ses compères) avec un humour décalé et improbable d’un Sterling Archer qui le différencie de la masse, par exemple « He a snitch ? Yeah, Use the choppa like a digimon » (quand on sait qu’un Digimon n’a pas la faculté de munir une kalash, c’est magnifique). Il utilise sa voix nasillarde comme d’un instrument pour pousser la chansonnette façon chanteur soul comme Max B (sous le pseudonyme Skuba Ruffin), ou même faire des reprises totalement inattendues comme sur « Return Wit My Strap ». Il est aussi tout aussi à l’aise quand il s’agit de rapper en apnée sur des prods plus trap ou bounce gangsta. Avec "Skuba Sada" et "D.O.N.", ses 2 projets sorties en 2017,  le « dancin’ ass nigga » se révèle comme un des artistes indispensables quand on parle de la scéne de Motown en 2017, et ça, c’est tout bonnement magnifique.

 

Jeno Cashh

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Originaire de 6 Mile, plus exactement de Grove Street, Jeno Cashh est entré dans le circuit du rap il y a 3 ans par des freestyles dans la rue, comme une bonne partie des rappeurs locaux. Ce fan de rap, bousillé par Biggie Small, fait ses premières armes en faisant quelques refrains pour d’autres rappeurs, jusqu’au moment de décider de se lancer dans une vraie carrière et en balançant mixtape sur mixtape en total indépendant. Apparemment attaché aux années 80-90, Jeno parsème ses projets de samples funk et souls retravaillés pour qu’ils soient froids et profond comme la Bay County. 3 projets à son actif cette année : «Nightmares on Grove Street », « Still Business » avec des interludes hillarants qui rappellent DJ EZ-Dicc, et enfin « Jeno Brown », qui est dans la thématique de faire un parallèle entre la vie à Detroit et le film New Jack City. Esperons qu’il ne devienne pas aussi orgueilleux que Nino et que ça plombe pas une carrière si prometteuse.

 

FMB DZ

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Le jumeau demoniaque d'une autre mère de Sada Baby (même si ce dernier est loin d'être un ange), l'humour stridant en moins. Le genre de mecs qui te fume sans aucune hésitation si tu lui dois des Benjamins. Il exerce un gangsta rap glacial, sérieux et sans aucune remise en question qui pourrait nous faire croire que c'est un fils illégitime de X-Raided. Son équipe, Fast Money Boyz, a plusieurs de ses membres derrière les barreaux, et on ressent que ça bouffe DZ de l'interieur, et rapproche son état d'âme pour autrui proche du néant absolu. Ça ne nous empeche pas de savourer les projets que son "Washington DZ" et "The Gift" comme de la weed hollandaise envelopper d'une feuille Backwood.

 

AllStar JR

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Leader du AllStar Ball Hard (composé d'AllStar Lee, AllStar Rich Flair et anciennement de Tee Grizzley), JR est un pure produit de la société américaine, du capitalisme décadent et de la vente illégale de produit chimique qui se mélange aux globules rouges. Il rappe son envie de brasser un maximum de billets et de se payer des Rolex qui eblouiront les vautours. Il monte son propre label Get A Bag Records, et à la manière d'un Rick Ross, commence chaque son par une voix féminine qui scande "Let's get a beg", un sac sûrement rempli de billets de banque et aussi precieux que la malette de Felix le chat. La pochette du projet "Get A Bag or Go Home" dont le montage rappelle les heures de gloire de Pen & Pixel, nous fait faire un voyage dans une réalité alternative où DJ Quik et Juvenile seraient originaires de Detroit et où ils unieraient leurs forces pour nous narer la fast life des dope dealers.

 

Molly Brazy

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Parce qu’il fallait bien faire plaisir à la gente féminine, on vous présente la première dame de Detroit : Molly Brazy. La seule rappeuse locale a bénéficiée d'une couverture médiatique, car des rappeuses qui brandissent des baby draco et parlent de gangsta shit en dehors de la scène de Chicago, c'est pas courant. Comme ses collègues rappeurs, elles empreintes le flow de B-Legit et des textes qui sont dans la lignée du défunt Blace Icewood. Elle semble être destinée à être une des têtes d'affiche du milieu. Et pour certains, c'est même trop calculé. C'est ce qu'accuse Rocky Badd, une autre rappeuse de Detroit (qui a le visage de Gabrielle Union donc directement, notre intérêt est plus que décuplé), d'être un pur produit marketing estampillé par 4Sho Mag, le magazine rap de la scène detroit, qui l'aide à avoir une meilleure exposition et facilite l'accès aux producteurs et à avoir des featurings (car d'après certaines rumeurs, Molly sortirait avec Joseph McFashion, le patron du magazine). Ceci étant dit, ses 2 premiers projets "Molly World" et "Big Brazy" prouvent que son talent n'est pas factice, et que si tout les feux sont au verts, elle peut aspirer à faire du mal aux autres concurrentes nationales comme Nicki Minaj ou Cardi B.



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